02 avril 2010

Evangile du jour

vendredi 02 avril 2010
Le vendredi saint : Célébration de la Passion du Seigneur

Vendredi Saint
St François de Paule (1436-1508)



Commentaire du jour
Saint Augustin : « Le centurion qui était là en face de Jésus, voyant comment il avait expiré, s'écria : ' Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu ' » (Mc 15,39)

Les lectures du jour

Jn 18,1-40.19,1-42.
Après le repas, Jésus sortit avec ses disciples et traversa le torrent du
Cédron; il y avait là un jardin, dans lequel il entra avec ses disciples.
Judas, qui le livrait, connaissait l'endroit, lui aussi, car Jésus y avait
souvent réuni ses disciples.
Judas prit donc avec lui un détachement de soldats, et des gardes envoyés
par les chefs des prêtres et les pharisiens. Ils avaient des lanternes, des
torches et des armes.
Alors Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver, s'avança et leur dit :
« Qui cherchez-vous ? »
Ils lui répondirent : « Jésus le Nazaréen. » Il leur dit : « C'est moi. »
Judas, qui le livrait, était au milieu d'eux.
Quand Jésus leur répondit : « C'est moi », ils reculèrent, et ils tombèrent
par terre.
Il leur demanda de nouveau : « Qui cherchez-vous ? » Ils dirent : « Jésus
le Nazaréen. »
Jésus répondit : « Je vous l'ai dit : c'est moi. Si c'est bien moi que vous
cherchez, ceux-là, laissez-les partir. »
(Ainsi s'accomplissait la parole qu'il avait dite : « Je n'ai perdu aucun
de ceux que tu m'as donnés ».)
Alors Simon-Pierre, qui avait une épée, la tira du fourreau ; il frappa le
serviteur du grand prêtre et lui coupa l'oreille droite. Le nom de ce
serviteur était Malcus.
Jésus dit à Pierre : « Remets ton épée au fourreau. Est-ce que je vais
refuser la coupe que le Père m'a donnée à boire ? »
Alors les soldats, le commandant et les gardes juifs se saisissent de Jésus
et l'enchaînent.
Ils l'emmenèrent d'abord chez Anne, beau-père de Caïphe, le grand prêtre de
cette année-là.
(C'est Caïphe qui avait donné aux Juifs cet avis : « Il vaut mieux qu'un
seul homme meure pour tout le peuple. »)
Simon-Pierre et un autre disciple suivaient Jésus. Comme ce disciple était
connu du grand prêtre, il entra avec Jésus dans la cour de la maison du
grand prêtre,
mais Pierre était resté dehors, près de la porte. Alors l'autre disciple -
celui qui était connu du grand prêtre - sortit, dit un mot à la jeune
servante qui gardait la porte, et fit entrer Pierre.
La servante dit alors à Pierre : « N'es-tu pas, toi aussi, un des disciples
de cet homme-là ? » Il répondit : « Non, je n'en suis pas ! »
Les serviteurs et les gardes étaient là ; comme il faisait froid, ils
avaient allumé un feu pour se réchauffer. Pierre était avec eux, et se
chauffait lui aussi.
Or, le grand prêtre questionnait Jésus sur ses disciples et sur sa
doctrine.
Jésus lui répondit : « J'ai parlé au monde ouvertement. J'ai toujours
enseigné dans les synagogues et dans le Temple, là où tous les Juifs se
réunissent, et je n'ai jamais parlé en cachette.
Pourquoi me questionnes-tu ? Ce que j'ai dit, demande-le à ceux qui sont
venus m'entendre. Eux savent ce que j'ai dit. »
A cette réponse, un des gardes, qui était à côté de Jésus, lui donna une
gifle en disant : « C'est ainsi que tu réponds au grand prêtre ! »
Jésus lui répliqua : « Si j'ai mal parlé, montre ce que j'ai dit de mal ;
mais si j'ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? »
Anne l'envoya, toujours enchaîné, au grand prêtre Caïphe.
Simon-Pierre était donc en train de se chauffer ; on lui dit : « N'es-tu
pas un de ses disciples, toi aussi ? » Il répondit : « Non, je n'en suis
pas ! »
Un des serviteurs du grand prêtre, parent de celui à qui Pierre avait coupé
l'oreille, insista : « Est-ce que je ne t'ai pas vu moi-même dans le jardin
avec lui ? »
Encore une fois, Pierre nia. A l'instant le coq chanta.
Alors on emmène Jésus de chez Caïphe au palais du gouverneur. C'était le
matin. Les Juifs n'entrèrent pas eux-mêmes dans le palais, car ils
voulaient éviter une souillure qui les aurait empêchés de manger l'agneau
pascal.
Pilate vint au dehors pour leur parler : « Quelle accusation portez-vous
contre cet homme ? » Ils lui répondirent :
« S'il ne s'agissait pas d'un malfaiteur, nous ne te l'aurions pas livré.
»
Pilate leur dit : « Reprenez-le, et vous le jugerez vous-mêmes suivant
votre loi. » Les Juifs lui dirent : « Nous n'avons pas le droit de mettre
quelqu'un à mort. »
Ainsi s'accomplissait la parole que Jésus avait dite pour signifier de quel
genre de mort il allait mourir.
Alors Pilate rentra dans son palais, appela Jésus et lui dit : « Es-tu le
roi des Juifs ? »
Jésus lui demanda : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien parce que d'autres
te l'ont dit ?
Pilate répondit : « Est-ce que je suis Juif, moi ? Ta nation et les chefs
des prêtres t'ont livré à moi : qu'as-tu donc fait ? »
Jésus déclara : « Ma royauté ne vient pas de ce monde ; si ma royauté
venait de ce monde, j'aurais des gardes qui se seraient battus pour que je
ne sois pas livré aux Juifs. Non, ma royauté ne vient pas d'ici. »
Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? » Jésus répondit : « C'est toi qui
dis que je suis roi. Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci :
rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui appartient à la vérité écoute
ma voix. »
Pilate lui dit : « Qu'est-ce que la vérité ? » Après cela, il sortit de
nouveau pour aller vers les Juifs, et il leur dit : « Moi, je ne trouve en
lui aucun motif de condamnation.
Mais c'est la coutume chez vous que je relâche quelqu'un pour la Pâque :
voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? »
Mais ils se mirent à crier : « Pas lui ! Barabbas ! » (Ce Barabbas était un
bandit.)
Alors Pilate ordonna d'emmener Jésus pour le flageller.
Les soldats tressèrent une couronne avec des épines, et la lui mirent sur
la tête ; puis ils le revêtirent d'un manteau de pourpre.
Ils s'avançaient vers lui et ils disaient : « Honneur à toi, roi des Juifs
! » Et ils le giflaient.
Pilate sortit de nouveau pour dire aux Juifs : « Voyez, je vous l'amène
dehors pour que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun motif de
condamnation. »
Alors Jésus sortit, portant la couronne d'épines et le manteau de pourpre.
Et Pilate leur dit : « Voici l'homme. »
Quand ils le virent, les chefs des prêtres et les gardes se mirent à crier
: « Crucifie-le ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Reprenez-le, et
crucifiez-le vous-mêmes ; moi, je ne trouve en lui aucun motif de
condamnation. »
Les Juifs lui répondirent : « Nous avons une Loi, et suivant la Loi il doit
mourir, parce qu'il s'est prétendu Fils de Dieu. »
Quand Pilate entendit ces paroles, il redoubla de crainte.
Il rentra dans son palais, et dit à Jésus : « D'où es-tu ? » Jésus ne lui
fit aucune réponse.
Pilate lui dit alors : « Tu refuses de me parler, à moi ? Ne sais-tu pas
que j'ai le pouvoir de te relâcher, et le pouvoir de te crucifier ? »
Jésus répondit : « Tu n'aurais aucun pouvoir sur moi si tu ne l'avais reçu
d'en haut ; ainsi, celui qui m'a livré à toi est chargé d'un péché plus
grave. »
Dès lors, Pilate cherchait à le relâcher ; mais les Juifs se mirent à crier
: « Si tu le relâches, tu n'es pas ami de l'empereur. Quiconque se fait roi
s'oppose à l'empereur. »
En entendant ces paroles, Pilate amena Jésus au-dehors ; il le fit asseoir
sur une estrade à l'endroit qu'on appelle le Dallage (en hébreu :
Gabbatha).
C'était un vendredi, la veille de la Pâque, vers midi. Pilate dit aux Juifs
: « Voici votre roi. »
Alors ils crièrent : « A mort ! A mort ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit :
« Vais-je crucifier votre roi ? » Les chefs des prêtres répondirent : «
Nous n'avons pas d'autre roi que l'empereur. »
Alors, il leur livra Jésus pour qu'il soit crucifié, et ils se saisirent de
lui.
Jésus, portant lui-même sa croix, sortit en direction du lieu dit : Le
Crâne, ou Calvaire, en hébreu : Golgotha.
Là, ils le crucifièrent, et avec lui deux autres, un de chaque côté, et
Jésus au milieu.
Pilate avait rédigé un écriteau qu'il fit placer sur la croix, avec cette
inscription : « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs. »
Comme on avait crucifié Jésus dans un endroit proche de la ville, beaucoup
de Juifs lurent cet écriteau, qui était libellé en hébreu, en latin et en
grec.
Alors les prêtres des Juifs dirent à Pilate : « Il ne fallait pas écrire :
'Roi des Juifs' ; il fallait écrire : 'Cet homme a dit : Je suis le roi des
Juifs'. »
Pilate répondit : « Ce que j'ai écrit, je l'ai écrit. »
Quand les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses habits ; ils en
firent quatre parts, une pour chacun. Restait la tunique ; c'était une
tunique sans couture, tissée tout d'une pièce de haut en bas.
Alors ils se dirent entre eux : « Ne la déchirons pas, tirons au sort celui
qui l'aura. » Ainsi s'accomplissait la parole de l'Écriture : Ils se sont
partagé mes habits ; ils ont tiré au sort mon vêtement. C'est bien ce que
firent les soldats.
Or, près de la croix de Jésus se tenait sa mère, avec la soeur de sa mère,
Marie femme de Cléophas, et Marie Madeleine.
Jésus, voyant sa mère, et près d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa
mère : « Femme, voici ton fils. »
Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là,
le disciple la prit chez lui.
Après cela, sachant que désormais toutes choses étaient accomplies, et pour
que l'Écriture s'accomplisse jusqu'au bout, Jésus dit : « J'ai soif. »
Il y avait là un récipient plein d'une boisson vinaigrée. On fixa donc une
éponge remplie de ce vinaigre à une branche d'hysope, et on l'approcha de
sa bouche.
Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis,
inclinant la tête, il remit l'esprit.
Comme c'était le vendredi, il ne fallait pas laisser des corps en croix
durant le sabbat (d'autant plus que ce sabbat était le grand jour de la
Pâque). Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu'on enlève les corps après
leur avoir brisé les jambes.
Des soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis du deuxième
des condamnés que l'on avait crucifiés avec Jésus.
Quand ils arrivèrent à celui-ci, voyant qu'il était déjà mort, ils ne lui
brisèrent pas les jambes,
mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en
sortit du sang et de l'eau.
Celui qui a vu rend témoignage, afin que vous croyiez vous aussi. (Son
témoignage est véridique et le Seigneur sait qu'il dit vrai.)
Tout cela est arrivé afin que cette parole de l'Écriture s'accomplisse :
Aucun de ses os ne sera brisé.
Et un autre passage dit encore : Ils lèveront les yeux vers celui qu'ils
ont transpercé.
Après cela, Joseph d'Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret
par peur des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus.
Et Pilate le permit. Joseph vint donc enlever le corps de Jésus.
Nicodème (celui qui la première fois était venu trouver Jésus pendant la
nuit) vint lui aussi ; il apportait un mélange de myrrhe et d'aloès pesant
environ cent livres.
Ils prirent le corps de Jésus, et ils l'enveloppèrent d'un linceul, en
employant les aromates selon la manière juive d'ensevelir les morts.
Près du lieu où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin, et dans ce
jardin, un tombeau neuf dans lequel on n'avait encore mis personne.
Comme le sabbat des Juifs allait commencer, et que ce tombeau était proche,
c'est là qu'ils déposèrent Jésus.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour

Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église
Sermons sur l'évangile de saint Jean, n°2 (trad. cf E. de Solms, Christs romans, Zodiaque 1966, p. 72s)

« Le centurion qui était là en face de Jésus, voyant comment il avait expiré, s'écria : ' Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu ' » (Mc 15,39)

      « Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu. » (Jn 1,1) Il
est identique à lui-même ; ce qu'il est, il l'est toujours ; il ne peut
changer, il est l'être. C'est le nom qu'il fit connaître à son serviteur
Moïse : « Je suis celui qui suis » et « Tu diras : Celui qui est, m'a
envoyé » (Ex 3,14)... Qui peut le comprendre ? Ou qui pourra parvenir à lui
–- à supposer qu'il dirige toutes les forces de son esprit pour atteindre
tant bien que mal celui qui est ? Je le comparerai à un exilé, qui de loin
voit sa patrie : la mer l'en sépare ; il voit où aller, mais n'a pas le
moyen d'y aller. Ainsi nous voulons parvenir à ce port définitif qui sera
nôtre, là où est celui qui est, car lui seul est toujours le même, mais
l'océan de ce monde nous coupe la voie...

      Pour nous donner le moyen d'y aller, celui qui nous appelle est venu
de là-bas ; il a choisi un bois pour nous faire traverser la mer : oui, nul
ne peut traverser l'océan de ce monde que porté par la croix du Christ.
Même un aveugle peut étreindre cette croix ; si tu ne vois pas bien où tu
vas, ne la lâche pas : elle te conduira d'elle-même. Voilà mes frères ce
que j'aimerais faire entrer dans vos coeurs : si vous voulez vivre dans
l'esprit de piété, dans l'esprit chrétien, attachez-vous au Christ tel
qu'il s'est fait pour nous, afin de le rejoindre tel qu'il est, et tel
qu'il a toujours été. C'est pour cela qu'il est descendu jusqu'à nous, car
il s'est fait homme afin de porter les infirmes, de leur faire traverser la
mer et de leur faire aborder dans la patrie, où il n'est plus besoin de
navire parce qu'il n'y a plus d'océan à passer. A tout prendre, mieux
vaudrait ne pas voir par l'esprit celui qui est, mais embrasser la croix du
Christ, que le voir par l'esprit et mépriser la croix. Puissions-nous, pour
notre bonheur, à la fois voir où nous allons et nous cramponner au navire
qui nous emporte...! Certains y ont réussi, et ils ont vu ce qu'il est.
C'est parce qu'il l'a vu que Jean a dit : « Au commencement était le Verbe,
et le Verbe était face à Dieu, et le Verbe était Dieu. » Ils l'ont vu ; et
pour parvenir à ce qu'ils voyaient de loin, ils se sont attachés à la croix
du Christ, ils n'ont pas méprisé l'humilité du Christ.




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