12 mars 2015

Evangile du jour


jeudi 12 mars 2015

Jeudi de la 3e semaine de Carême

St Luigi Orione, prêtre et fondateur (1872-1940), St Syméon le Nouveau Théologien, moine (949-1022)

Commentaire du jour
Saint Cyprien : « Tout royaume divisé devient un désert »

Lc 11,14-23.

En ce temps-là, Jésus expulsait un démon qui rendait un homme muet. Lorsque le démon fut sorti, le muet se mit à parler, et les foules furent dans l'admiration.
Mais certains d'entre eux dirent : « C'est par Béelzéboul, le chef des démons, qu'il expulse les démons. »
D'autres, pour le mettre à l'épreuve, cherchaient à obtenir de lui un signe venant du ciel.
Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit : « Tout royaume divisé contre lui-même devient désert, ses maisons s'écroulent les unes sur les autres.
Si Satan, lui aussi, est divisé contre lui-même, comment son royaume tiendra-t-il ? Vous dites en effet que c'est par Béelzéboul que j'expulse les démons.
Mais si c'est par Béelzéboul que moi, je les expulse, vos disciples, par qui les expulsent-ils ? Dès lors, ils seront eux-mêmes vos juges.
En revanche, si c'est par le doigt de Dieu que j'expulse les démons, c'est donc que le règne de Dieu est venu jusqu'à vous.
Quand l'homme fort, et bien armé, garde son palais, tout ce qui lui appartient est en sécurité.
Mais si un plus fort survient et triomphe de lui, il lui enlève son armement auquel il se fiait, et il distribue tout ce dont il l'a dépouillé.
Celui qui n'est pas avec moi est contre moi ; celui qui ne rassemble pas avec moi disperse.



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Cyprien (v. 200-258), évêque de Carthage et martyr
De l'unité de l'Eglise (trad. cf. coll. Pères dans la foi, DDB 1979, p. 31)

« Tout royaume divisé devient un désert »

      Nul ne peut avoir Dieu pour père s'il n'a pas l'Église pour mère... Le Seigneur nous en avertit en disant : « Qui n'est pas avec moi est contre moi, et qui ne rassemble pas avec moi dissipe. » Celui qui brise la paix et la concorde du Christ agit contre le Christ ; celui qui rassemble en dehors de l'Église dissipe l'Église du Christ.



      Le Seigneur dit : « Le Père et moi nous sommes un » (Jn 10,30). Il est écrit encore à propos du Père, du Fils et du Saint Esprit : « Ces trois sont un » (1Jn 5,7). Qui dès lors croira que l'unité, qui tient son origine dans cette harmonie divine, qui est liée à ce mystère céleste, puisse être morcelée dans l'Église...par des conflits de volonté ? Quiconque n'observe pas cette unité n'observe pas la loi de Dieu, ni la foi au Père et au Fils ; il ne garde pas la vie ni le salut.



      Ce sacrement de l'unité, ce lien de la concorde dans une cohésion indissoluble nous est montré dans l'évangile par la tunique du Seigneur. Elle ne peut pas du tout être divisée ni déchirée, mais elle est tirée au sort pour savoir qui revêtira le Christ (Jn 19,24)... Elle est le symbole de l'unité qui vient d'en haut.







11 mars 2015

Evangile du jour


mercredi 11 mars 2015

Mercredi de la 3e semaine de Carême

St Euloge de Cordoue, prêtre et martyr († 859), Bx John (Jean) Kearney, prêtre o.f.m. et martyr († 1653)

Commentaire du jour
Epiphane de Bénévent : « Pour que l'Ecriture s'accomplisse jusqu'au bout » (Jn 19,28)

Mt 5,17-19.

En ce temps-là,  Jésus disait à ses disciples : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.
Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu'à ce que tout se réalise.
Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux.



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Epiphane de Bénévent (5e - 6e siècle), évêque
Commentaire sur les quatre évangiles, PLS 3, 852 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 97)

« Pour que l'Ecriture s'accomplisse jusqu'au bout » (Jn 19,28)

       « Je ne suis pas venu abolir la Loi, mais l'accomplir »... En ce temps-là, en effet, le Seigneur a exercé son pouvoir pour accomplir en sa personne tous les mystères que la Loi annonçait à son sujet. Car dans sa Passion, il a mené à terme toutes les prophéties. Lorsqu'on lui a offert, selon la prophétie du bienheureux David (Ps 68,22), une éponge imbibée de vinaigre pour calmer sa soif, il l'a accepté en disant : « Tout est accompli ». Puis, inclinant la tête, il a remis l'esprit (Jn 19,30).



      Il a non seulement réalisé personnellement tout ce qu'il a dit, mais il nous a encore confié ses commandements, afin que nous les mettions en pratique. Alors que les anciens n'avaient pas pu observer les commandements les plus élémentaires de la Loi (Ac 15,10), il nous a prescrit de garder les plus difficiles, par le moyen de la grâce et de la puissance qui viennent de la croix.







10 mars 2015

Evangile du jour


mardi 10 mars 2015

Mardi de la 3e semaine de Carême

Ste Marie-Eugénie de Jésus, vierge et fond. (1817-1898), St John (Jean) Ogilvie, prêtre s.j. martyr († 1615)

Commentaire du jour
Sainte Faustine Kowalska : « Ne devais-tu pas...avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j'avais eu pitié de toi ? »

Mt 18,21-35.

En ce temps- là, Pierre s'approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu'à sept fois ? »
Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix fois sept fois.
Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.
Il commençait, quand on lui amena quelqu'un qui lui devait dix mille talents (c'est-à-dire soixante millions de pièces d'argent).
Comme cet homme n'avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette.
Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : "Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout."
Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette.
Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d'argent. Il se jeta sur lui pour l'étrangler, en disant : "Rembourse ta dette !"
Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : "Prends patience envers moi, et je te rembourserai."
Mais l'autre refusa et le fit jeter en prison jusqu'à ce qu'il ait remboursé ce qu'il devait.
Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s'était passé.
Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : "Serviteur mauvais ! je t'avais remis toute cette dette parce que tu m'avais supplié.
Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j'avais eu pitié de toi ?"
Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu'à ce qu'il eût remboursé tout ce qu'il devait.
C'est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Sainte Faustine Kowalska (1905-1938), religieuse
Petit Journal, § 1570 (trad. Eds. Parole et dialogue 2002, p. 521)

« Ne devais-tu pas...avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j'avais eu pitié de toi ? »

      Ô Dieu de grande miséricorde, Bonté infinie, voilà qu'aujourd'hui l'humanité tout entière appelle de l'abîme de sa misère ta miséricorde, ta pitié, ô Dieu ; et elle appelle avec la voix puissante de la misère. Dieu bienveillant, ne rejette pas les prières des exilés de cette terre. Ô Seigneur, Bonté inconcevable, tu connais à fond notre misère et tu sais que nous ne pourrions pas de nos propres forces nous élever jusqu'à toi. C'est pourquoi, nous t'en supplions, devance-nous de ta grâce et augmente sans cesse en nous ta miséricorde, afin que nous accomplissions fidèlement ta sainte volonté durant toute notre vie, ainsi qu'à l'heure de notre mort. Que la toute-puissance de ta miséricorde nous abrite des attaques des ennemis de notre salut, afin que nous attendions avec confiance, comme tes enfants, ta venue dernière, dont le jour est connu de toi seul. Et nous, nous attendons à recevoir tout ce qui nous est promis par Jésus, malgré toute notre misère, car Jésus est notre espérance ; par son cœur miséricordieux nous passons comme par les portes ouvertes du ciel.







09 mars 2015

Evangile du jour


lundi 09 mars 2015

Lundi de la 3e semaine de Carême

Ste Françoise Romaine, religieuse (1384-1440), St Domenico Savio, disciple de saint J. Bosco (1842-1857)

Commentaire du jour
Saint Ambroise : La foi de la veuve de Sarepta, qui accueille celui que Dieu lui envoie

Lc 4,24-30.

Dans la synagogue de Nazareth, Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays.
En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu'une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ;
pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d'entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère.
Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d'eux n'a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. »
À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux.
Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas.
Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin.



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l'Église
Des veuves ; PL 16, 247-276 (trad. coll. Icthus, vol. 13, p. 286 rev.)

La foi de la veuve de Sarepta, qui accueille celui que Dieu lui envoie

      Au temps où la famine désolait la terre entière, pourquoi Élie a-t-il été envoyé chez une veuve ? Une grâce singulière s'attache à deux femmes : auprès d'une vierge, un ange ; auprès d'une veuve, un prophète. Là Gabriel, ici Élie. Ce sont les plus éminents d'entre les anges et les prophètes qui sont choisis ! Mais le veuvage ne mérite pas louange en lui-même, s'il ne s'y ajoute pas des vertus. L'histoire ne manque pas de veuves ; pourtant, une se distingue entre toutes, qui les encourage par son grand exemple... Dieu est particulièrement sensible à l'hospitalité : dans l'Evangile il promet, pour un verre d'eau fraîche, des récompenses d'éternelles (Mt 10,42), ici pour un peu de farine ou une mesure d'huile, la profusion infinie de ses richesses...



      Pourquoi nous croire maîtres des fruits de la terre quand la terre est offrande perpétuelle ? ... Nous détournons à notre profit le sens du commandement universel : « Tous les arbres qui ont des fruits portant semence vous serviront de nourriture ainsi qu'à toutes les bêtes, à tous les oiseaux et à tout ce qui rampe sur la terre » (Gn 1,29-30) ; en amassant, nous ne trouvons que le vide et le besoin. Comment espérerions-nous en la promesse, si nous n'observons pas la volonté de Dieu ? C'est agir sainement que d'obéir au précepte d'hospitalité et faire honneur à nos hôtes : ne sommes-nous pas nous-mêmes des hôtes ici-bas ?



      Qu'elle est parfaite, cette veuve ! Accablée par une grande famine, elle continuait pourtant à vénérer Dieu. Elle ne gardait pas ses provisions pour elle seule : elle partageait avec son fils. Bel exemple de tendresse, mais plus bel exemple encore de foi ! Elle ne devait préférer personne à son fils : voilà qu'elle met le prophète de Dieu au-dessus de sa propre vie. Croyez bien qu'elle n'a pas seulement donné un peu de nourriture, mais toute sa subsistance ; elle n'a rien gardé pour elle ; comme son hospitalité l'a amenée à un don total, sa foi l'a conduite à une confiance totale.







08 mars 2015

Evangile du jour


dimanche 08 mars 2015

Troisième dimanche de Carême

St Jean de Dieu, religieux et fondateur (1495-1550), Bx Faustino Míguez, prêtre scolope et fondateur (1831-1925)

Commentaire du jour
Origène : « Le Temple dont il parlait c'était son corps »

Jn 2,13-25.

Comme la Pâque juive était proche, Jésus monta à Jérusalem.
Dans le Temple, il trouva installés les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs.
Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs,
et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d'ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. »
Ses disciples se rappelèrent qu'il est écrit : L'amour de ta maison fera mon tourment.
Des Juifs l'interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? »
Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. »
Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais ! »
Mais lui parlait du sanctuaire de son corps.
Aussi, quand il se réveilla d'entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu'il avait dit cela ; ils crurent à l'Écriture et à la parole que Jésus avait dite.
Pendant qu'il était à Jérusalem pour la fête de la Pâque, beaucoup crurent en son nom, à la vue des signes qu'il accomplissait.
Jésus, lui, ne se fiait pas à eux, parce qu'il les connaissait tous
et n'avait besoin d'aucun témoignage sur l'homme ; lui-même, en effet, connaissait ce qu'il y a dans l'homme.



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Origène (v. 185-253), prêtre et théologien
Commentaire sur St Jean 10,20 (trad. Thèmes et figures, coll. Pères dans la foi, DDB 1984, p. 132)

« Le Temple dont il parlait c'était son corps »

« Détruisez ce Temple et en trois jours je le relèverai »... L'un et l'autre, le Temple et le corps de Jésus, sont à mes yeux un symbole de l'Eglise... Le Temple sera relevé et le corps ressuscitera, le troisième jour... Car le troisième jour surgira dans un ciel nouveau et une terre nouvelle (2P 3,13), quand les ossements, c'est-à-dire toute la maison d'Israël (Ez 37,11), se dresseront au grand Jour du Seigneur, et que la mort sera vaincue...


    De même que le corps de Jésus, assujetti à la condition humaine vulnérable, a été fixé à la croix et enseveli, puis a été relevé, ainsi le corps total des fidèles du Christ a été « fixé à la croix avec lui » et « désormais ne vit plus » (Ga 2,19). En effet, comme Paul, chacun d'eux ne se glorifie de rien d'autre que de la croix de notre Seigneur Jésus Christ, qui a fait de lui un crucifié pour le monde et du monde un crucifié pour lui (Ga 6,14)... « Car nous avons été ensevelis avec le Christ » dit Paul, qui ajoute, comme s'il avait reçu quelque gage de la résurrection : « Et avec lui nous nous sommes relevés » (Rm 6,4-9). Chacun marche alors dans une vie nouvelle, mais qui n'est pas encore la résurrection bienheureuse et parfaite... Si quelqu'un est maintenant mis au tombeau, un jour il ressuscitera.







07 mars 2015

Evangile du jour


samedi 07 mars 2015

Samedi de la 2e semaine de Carême
En Afrique du Nord : fête des saintes Perpétue et Félicité - lectures propres

Stes Perpétue et Félicité, martyres († 203) - Mémoire, Ste Teresa Margherita del Sacro Cuore, o.c.d. (1747-1770)

Commentaire du jour
Saint Pierre Chrysologue : « Je me lèverai et j'irai vers mon père »

Lc 15,1-3.11-32.

En ce temps-là,  les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l'écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole :
Jésus dit encore : « Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père : "Père, donne-moi la part de fortune qui me revient." Et le père leur partagea ses biens.
Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu'il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre.
Il avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin.
Il alla s'engager auprès d'un habitant de ce pays, qui l'envoya dans ses champs garder les porcs.
Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien.
Alors il rentra en lui-même et se dit : "Combien d'ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim !
Je me lèverai, j'irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j'ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d'être appelé ton fils. Traite-moi comme l'un de tes ouvriers."
Il se leva et s'en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l'aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit : "Père, j'ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d'être appelé ton fils."
Mais le père dit à ses serviteurs : "Vite, apportez le plus beau vêtement pour l'habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds,
allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons,
car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé." Et ils commencèrent à festoyer.
Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses.
Appelant un des serviteurs, il s'informa de ce qui se passait.
Celui-ci répondit : "Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu'il a retrouvé ton frère en bonne santé."
Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d'entrer. Son père sortit le supplier.
Mais il répliqua à son père : "Il y a tant d'années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m'as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis.
Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !"
Le père répondit : "Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.
Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé !" »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450), évêque de Ravenne, docteur de l'Église
Sermons 2 et 3 : PL 52, 188-189 et 192 (trad. Orval)

« Je me lèverai et j'irai vers mon père »

      Celui qui dit ces paroles gisait à terre. Il prend conscience de sa chute, il se rend compte de sa ruine, il se voit enlisé dans le péché et il s'écrie : « Je me lèverai et j'irai vers mon père ». D'où lui vient cet espoir, cette assurance, cette confiance ? Du fait même qu'il s'agit de son père. « J'ai perdu, se dit-il, ma qualité de fils ; mais lui n'a pas perdu celle de père. Il n'est point besoin d'un étranger pour intercéder auprès d'un père : c'est l'affection même de celui-ci qui intervient et qui supplie au plus profond de son cœur. Ses entrailles paternelles le pressent à engendrer de nouveau son fils par le pardon. Coupable, j'irai donc vers mon père ».



     Et le père, à la vue de son fils, voile immédiatement sa faute. A son rôle de juge il préfère celui de père. Il transforme tout de suite la sentence en pardon, lui qui désire le retour du fils et non sa perte... « Il se jeta à son cou et l'embrassa ». Voilà comment le père juge et comment il corrige : il donne un baiser au lieu d'un châtiment. La force de l'amour ne tient pas compte du péché, et c'est pourquoi le père remet d'un baiser la faute de son fils ; il la couvre par ses embrassements. Le père ne dévoile pas le péché de son enfant, il ne flétrit pas son fils, il soigne ses blessures de sorte qu'elles ne laissent aucune cicatrice, aucun déshonneur. « Heureux ceux dont la faute est ainsi remise et le péché pardonné » (Ps 31,1).







06 mars 2015

Evangile du jour


vendredi 06 mars 2015

Vendredi de la 2e semaine de Carême

Bse Rose (Rosa) de Viterbe, vierge († v. 1251), Ste Colette de Corbie, clarisse (1380-1447)

Commentaire du jour
Saint Grégoire de Nysse : Donner du fruit en Celui qui en a donné à la plénitude du temps

Mt 21,33-43.45-46.

En ce temps-là,  Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Écoutez une autre parabole : Un homme était propriétaire d'un domaine ; il planta une vigne, l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage.
Quand arriva le temps des fruits, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de sa vigne.
Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l'un, tuèrent l'autre, lapidèrent le troisième.
De nouveau, le propriétaire envoya d'autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais on les traita de la même façon.
Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : "Ils respecteront mon fils."
Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : "Voici l'héritier : venez ! tuons-le, nous aurons son héritage !"
Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent.
Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? »
On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il louera la vigne à d'autres vignerons, qui lui en remettront le produit en temps voulu. »
Jésus leur dit : « N'avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d'angle : c'est là l'œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux !
Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits.
En entendant les paraboles de Jésus, les grands prêtres et les pharisiens avaient bien compris qu'il parlait d'eux.
Tout en cherchant à l'arrêter, ils eurent peur des foules, parce qu'elles le tenaient pour un prophète.



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Grégoire de Nysse (v. 335-395), moine et évêque
3ème homélie sur le Cantique des Cantiques (trad. cf. Delhougne, p. 176 et Canevet, Cerf 1992, p. 33)

Donner du fruit en Celui qui en a donné à la plénitude du temps

       « Mon bien-aimé est une grappe de raisin de Chypre, dans la vigne d'En-Gaddi » (Ct 1,14)... Cette grappe divine se couvre de fleurs avant la Passion et verse son vin dans la Passion... Sur la vigne, la grappe ne montre pas toujours la même forme, elle change avec le temps : elle fleurit, elle gonfle, elle est achevée, puis, parfaitement mûre, elle va se transformer en vin. La vigne promet donc par son fruit : il n'est pas encore mûr et à point pour donner du vin, mais il attend la plénitude des temps. Toutefois, il n'est pas absolument incapable de nous réjouir. En effet, avant le goût, il charme l'odorat, dans l'attente des biens futurs, et il séduit les sens de l'âme par les parfums de l'espérance. Car l'assurance ferme de la grâce espérée devient jouissance déjà pour ceux qui attendent avec constance. Il en est ainsi du raisin de Chypre qui promet du vin avant de le devenir : par sa fleur — sa fleur c'est l'espérance — il nous donne l'assurance de la grâce future...



      Celui dont la volonté est en harmonie avec celle du Seigneur, parce qu' « il la médite jour et nuit », devient « un arbre planté près d'un ruisseau, qui donne du fruit en son temps, et jamais son feuillage ne meurt » (Ps 1,1-3). C'est pourquoi la vigne de l'Époux, qui a pris racine dans la terre fertile de Gaddi, c'est-à-dire dans le fond de l'âme, qui est arrosée et enrichie par les enseignements divins, produit cette grappe fleurissante et épanouie dans laquelle elle peut contempler son propre jardinier et son vigneron. Bienheureuse cette terre cultivée dont la fleur reproduit la beauté de l'Epoux ! Puisque celui-ci est la lumière véritable, la vraie vie et la vraie justice...et bien d'autres vertus encore, si quelqu'un, par ses œuvres, devient pareil à l'Époux, lorsqu'il regarde la grappe de sa propre conscience, il y voit l'Epoux lui-même, car il reflète la lumière de la vérité dans une vie lumineuse et sans tache. C'est pourquoi cette vigne féconde dit : « Ma grappe fleurit et bourgeonne » (cf Ct 7,13). L'Epoux est en personne cette vraie grappe qui se montre attachée au bois, dont le sang devient une boisson de salut pour ceux qui exultent dans leur salut.







05 mars 2015

Evangile du jour


jeudi 05 mars 2015

Jeudi de la 2e semaine de Carême

St Giovanni Giuseppe della Croce, prêtre o.f.m. († 1734), St Gérasime, l'anachorète du Jourdain († 475)

Commentaire du jour
Saint Grégoire de Nysse : Vivons selon Dieu

Lc 16,19-31.

En ce temps-là,  Jésus disait aux pharisiens : « Il y avait un homme riche, vêtu de pourpre et de lin fin, qui faisait chaque jour des festins somptueux.
Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare, qui était couvert d'ulcères.
Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais les chiens, eux, venaient lécher ses ulcères.
Or le pauvre mourut, et les anges l'emportèrent auprès d'Abraham. Le riche mourut aussi, et on l'enterra.
Au séjour des morts, il était en proie à la torture ; levant les yeux, il vit Abraham de loin et Lazare tout près de lui.
Alors il cria : "Père Abraham, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l'eau pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise.
– Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur pendant la sienne. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance.
Et en plus de tout cela, un grand abîme a été établi entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient passer vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous."
Le riche répliqua : "Eh bien ! père, je te prie d'envoyer Lazare dans la maison de mon père.
En effet, j'ai cinq frères : qu'il leur porte son témoignage, de peur qu'eux aussi ne viennent dans ce lieu de torture !"
Abraham lui dit : "Ils ont Moïse et les Prophètes : qu'ils les écoutent !
– Non, père Abraham, dit-il, mais si quelqu'un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront."
Abraham répondit : "S'ils n'écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu'un pourra bien ressusciter d'entre les morts : ils ne seront pas convaincus." »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Grégoire de Nysse (v. 335-395), moine et évêque
Sermon 1 sur l'amour des pauvres : PG 46, 463-466 (trad. Orval)

Vivons selon Dieu

Nous qui par chaque parole de la divine Écriture sommes invités à l'imitation du Seigneur qui nous a créés dans sa bienfaisance, voilà que nous détournons tout à notre propre utilité, nous mesurons tout à notre agrément. Nous nous attribuons des biens pour notre propre vie et nous mettons le reste en réserve pour nos héritiers. Quant aux gens qui sont dans la misère, il n'en est nullement question. Et des pauvres on n'a pas le moindre souci. 0 cœurs sans miséricorde !


    Un homme voit-il son prochain manquer de pain et du moyen de se procurer la nourriture indispensable, loin de s'empresser de lui offrir son aide pour le tirer de la misère, il l'observe comme on observerait une plante verdoyante en train de se dessécher pitoyablement, faute d'eau. Et cependant cet homme déborde de richesses et serait capable d'apporter à beaucoup l'aide de ses biens. De même que le débit d'une seule source peut arroser de nombreux champs sur une vaste étendue, ainsi l'opulence d'une seule maison est capable de sauver de la misère un grand nombre de pauvres, à moins que la parcimonie et l'avarice de l'homme ne vienne y faire obstacle, comme un rocher tombé dans le ruisseau en détourne le cours.


    Ne vivons pas uniquement selon la chair, vivons selon Dieu.







04 mars 2015

Evangile du jour


mercredi 04 mars 2015

Mercredi de la 2e semaine de Carême

St Gérasime, l'anachorète du Jourdain († 475), Bse Marie-Louise de Lamoignon, fond. (1763-1825)

Commentaire du jour
Saint Augustin : « Il leur dit : Voici que nous montons à Jérusalem »

Mt 20,17-28.

En ce temps-là,  Jésus, montant à Jérusalem, prit à part les Douze disciples et, en chemin, il leur dit :
« Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l'homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes, ils le condamneront à mort
et le livreront aux nations païennes pour qu'elles se moquent de lui, le flagellent et le crucifient ; le troisième jour, il ressuscitera. »
Alors la mère des fils de Zébédée s'approcha de Jésus avec ses fils Jacques et Jean, et elle se prosterna pour lui faire une demande.
Jésus lui dit : « Que veux-tu ? » Elle répondit : « Ordonne que mes deux fils que voici siègent, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, dans ton Royaume. »
Jésus répondit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ? » Ils lui disent : « Nous le pouvons. »
Il leur dit : « Ma coupe, vous la boirez ; quant à siéger à ma droite et à ma gauche, ce n'est pas à moi de l'accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé par mon Père. »
Les dix autres, qui avaient entendu, s'indignèrent contre les deux frères.
Jésus les appela et dit : « Vous le savez : les chefs des nations les commandent en maîtres, et les grands font sentir leur pouvoir.
Parmi vous, il ne devra pas en être ainsi : celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur ;
et celui qui veut être parmi vous le premier sera votre esclave.
Ainsi, le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église
Commentaire sur le psaume 126 ; CCSL 40, 1859s

« Il leur dit : Voici que nous montons à Jérusalem »

    « C'est en vain que vous vous levez avant le jour » (Ps 126,2). Qu'est-ce à dire ? ... Le Christ, notre Jour, s'est levé ; il est bon de vous lever après le Christ et non avant lui. Quels sont ceux qui se lèvent avant le Christ ? ... Ceux qui veulent être élevés ici-bas, où lui a été humble. Qu'ils soient donc humbles en ce monde s'ils veulent être élevés là où le Christ est élevé. En effet, il a dit de ceux qui avaient adhéré à lui par la foi — et précisément nous en sommes : « Père, ceux que tu m'as donnés, je veux que là où je suis, ils soient aussi avec moi » (Jn 17,25). Don magnifique, grande grâce, glorieuse promesse... Voulez-vous être là où lui il est élevé ? Soyez humbles là où il a été humble.


    « Le disciple n'est pas au-dessus du maître » (Mt 10,24)... Et pourtant, les fils de Zébédée, avant d'avoir subi l'humiliation en conformité avec la Passion du Seigneur, s'étaient déjà choisi leur place, l'un à sa droite, l'autre à sa gauche. Ils voulaient « se lever avant le Jour » ; c'est pourquoi ils marchaient en vain. Le Seigneur les a rappelés à l'humilité en leur demandant : « Pouvez-vous boire le calice que je dois boire ? Je suis venu pour être humble, et vous voulez être élevés avant moi ? Suivez-moi, dit-il, dans le chemin où je vais. Car si vous voulez aller par un chemin où ne vais pas, c'est en vain. »







03 mars 2015

Evangile du jour


mardi 03 mars 2015

Mardi de la 2e semaine de Carême

Ste Cunégonde, impératrice, veuve, religieuse, Ste Teresa Eustochio Verzeri, vierge et fond. († 1852)

Commentaire du jour
Homélie attribuée à saint Macaire d'Égypte : La vie communautaire : « Vous êtes tous frères »

Mt 23,1-12.

En ce temps-là, Jésus s'adressa aux foules et à ses disciples,
et il déclara : « Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse.
Donc, tout ce qu'ils peuvent vous dire, faites-le et observez-le. Mais n'agissez pas d'après leurs actes, car ils disent et ne font pas.
Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter, et ils en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt.
Toutes leurs actions, ils les font pour être remarqués des gens : ils élargissent leurs phylactères et rallongent leurs franges ;
ils aiment les places d'honneur dans les dîners, les sièges d'honneur dans les synagogues
et les salutations sur les places publiques ; ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi.
Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n'avez qu'un seul maître pour vous enseigner, et vous êtes tous frères.
Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n'avez qu'un seul Père, celui qui est aux cieux.
Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres, car vous n'avez qu'un seul maître, le Christ.
Le plus grand parmi vous sera votre serviteur.
Qui s'élèvera sera abaissé, qui s'abaissera sera élevé.



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Homélie attribuée à saint Macaire d'Égypte (?-390), moine
Troisième Homélie, 1-3 ; PG 34, 467-470 (trad. Orval)

La vie communautaire : « Vous êtes tous frères »

      Quoi qu'ils fassent, les frères doivent se montrer charitables et joyeux les uns avec les autres. Celui qui travaille parlera ainsi de celui qui prie : « Le trésor que mon frère possède, je l'ai, moi aussi, puisqu'il nous est commun. » De son côté, celui qui prie dira de celui qui lit : « Le bénéfice qu'il tire de sa lecture m'enrichit, moi aussi. » Et celui qui travaille dira encore : « C'est dans l'intérêt de la communauté que j'accomplis ce service. »


     Les multiples membres du corps ne forment qu'un seul corps et ils se soutiennent mutuellement en remplissant chacun sa tâche. L'œil voit pour tout le corps ; la main travaille pour les autres membres ; le pied, en marchant, les porte tous ; un membre souffre dès qu'un autre souffre. Voilà comment les frères doivent se comporter les uns avec les autres (cf. Rm 12, 4-5). Celui qui prie ne jugera pas celui qui travaille parce qu'il ne prie pas. Celui qui travaille ne jugera pas celui qui prie... Celui qui sert ne jugera pas les autres. Au contraire, chacun, quoi qu'il fasse, agira pour la gloire de Dieu (cf. 1Co 10,31 ; 2Co 4,15)...


      Ainsi une grande concorde et une sereine harmonie formeront « le lien de la paix » (Ép 4,3), qui les unira entre eux et les fera vivre avec transparence et simplicité sous le regard bienveillant de Dieu. L'essentiel, évidemment, c'est de persévérer dans la prière. D'ailleurs une seule chose est requise : chacun doit posséder en son cœur ce trésor qu'est la présence vivante et spirituelle du Seigneur. Qu'il travaille, prie ou lise, chacun doit pouvoir se dire en possession de ce bien impérissable qu'est le Saint Esprit.







02 mars 2015

Evangile du jour


lundi 02 mars 2015

Lundi de la 2e semaine de Carême

Ste Agnès de Bohème, princesse et clarisse (1211-1282), Ste Ángela de la Cruz, religieuse (1846-1932)

Commentaire du jour
Saint Bernard : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux »

Lc 6,36-38.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.
Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés.
Donnez, et l'on vous donnera : c'est une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans le pan de votre vêtement ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira de mesure aussi pour vous. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l'Église
Les Degrés de l'humilité et de l'orgueil, §12

« Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux »

Le Christ a en une seule personne deux natures, l'une selon laquelle il a toujours été, l'autre selon laquelle il a commencé d'être. Selon son être éternel, il connaît toujours toutes choses, mais en tant que né dans le temps, il a appris beaucoup de choses. C'est pourquoi, quand il a commencé d'être dans le temps, fait de chair, il a commencé à connaître les misères de la chair, à les connaître selon ce genre de connaissance qui vient de la faiblesse de la chair.


Il aurait été plus heureux et plus sage pour nos premiers parents de ne pas acquérir cette connaissance, car pour l'acquérir il leur a fallu passer par la folie et le malheur. Mais Dieu leur créateur, venant à la recherche de ce qui s'était perdu, a eu pitié de son œuvre et est venu les trouver : miséricordieusement, il est descendu lui-même jusqu'où ils étaient misérablement tombés. Il a voulu éprouver en sa propre personne ce qu'ils souffraient pour avoir agi contre lui, non pas, bien sûr, poussé par la curiosité comme eux, mais par une charité admirable ; non pour rester dans le malheur avec eux, mais pour devenir miséricordieux et les délivrer de leur misère .


Le Christ est donc devenu miséricordieux, non de cette miséricorde qu'il avait déjà, dans son bonheur de toute éternité, mais de celle qu'il a trouvée dans notre vêtement de chair, en traversant lui-même la misère.







01 mars 2015

Evangile du jour


dimanche 01 mars 2015

Deuxième dimanche de Carême

St Aubin, évêque d'Angers († 549), Bx Cristoforo (Christophe) de Milan, prêtre o.p. († 1484)

Commentaire du jour
Saint Léon le Grand : « Jésus leur défendit de raconter à personne ce qu'ils avaient vu avant que le Fils de l'homme soit ressuscité »

Mc 9,2-10.

En ce temps-là, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène, eux seuls, à l'écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux.
Ses vêtements devinrent resplendissants, d'une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille.
Élie leur apparut avec Moïse, et tous deux s'entretenaient avec Jésus.
Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : « Rabbi, il est bon que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
De fait, Pierre ne savait que dire, tant leur frayeur était grande.
Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! »
Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux.
Ils descendirent de la montagne, et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu'ils avaient vu, avant que le Fils de l'homme soit ressuscité d'entre les morts.
Et ils restèrent fermement attachés à cette parole, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d'entre les morts ».



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Léon le Grand (?-v. 461), pape et docteur de l'Église
Homélie 51, sur la Transfiguration ; SC 74 bis (trad. cf SC p. 25s)

« Jésus leur défendit de raconter à personne ce qu'ils avaient vu avant que le Fils de l'homme soit ressuscité »

            Jésus voulait armer ses apôtres d'une grande force d'âme et d'une constance qui leur permettraient de prendre sans crainte leur propre croix, malgré sa rudesse. Il voulait aussi qu'ils ne rougissent pas de son supplice, qu'ils ne considèrent pas comme une honte la patience avec laquelle il devait subir une Passion si cruelle, sans perdre en rien la gloire de sa puissance. Jésus « prit donc Pierre, Jacques et Jean, et il monta avec eux sur une haute montagne », et là il leur a manifesté l'éclat de sa gloire. Même s'ils avaient compris que la majesté divine était en lui, ils ignoraient encore la puissance détenue par ce corps qui voilait la divinité...

            Le Seigneur découvre donc sa gloire en présence des témoins qu'il avait choisis, et sur son corps, semblable à tous les autres corps, il répand une telle splendeur « que son visage parut brillant comme le soleil et ses vêtements blancs comme la neige. » Sans doute cette transfiguration avait surtout pour but d'enlever du cœur de ses disciples le scandale de la croix, de ne pas bouleverser leur foi par l'humilité de sa Passion volontaire..., mais cette révélation fondait aussi dans son Eglise l'espérance qui devait la soutenir. Tous les membres de l'Eglise, son Corps, comprendraient ainsi quelle transformation devrait s'opérer en eux un jour, puisqu'il est promis aux membres de participer à l'honneur qui a resplendi dans la Tête. Le Seigneur lui-même avait dit en parlant de la majesté de son avènement : « Alors les justes brilleront comme le soleil dans le Royaume de leur Père » (Mt 13,43). Et l'apôtre Paul affirme de son côté : « J'estime que les souffrances du temps présent ne sont pas à comparer à la gloire qui doit se révéler en nous » (Rm 8,18)... Il écrit aussi : « Car vous êtes morts avec le Christ, et votre vie reste cachée avec lui en Dieu. Lorsque le Christ paraîtra, lui qui est votre vie vous serez manifestés vous aussi, avec lui, dans la gloire » (Col 3,3-4).







28 février 2015

Evangile du jour


samedi 28 février 2015

Samedi de la 1re semaine de Carême

St Auguste Chapdelaine, prêtre et martyr (1814-1856), Bx Daniel Brottier, missionnaire spiritain (1876-1936)

Commentaire du jour
Saint Ignace d'Antioche : « Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent »

Mt 5,43-48.

En ce temps-là,  Jésus disait à ses disciples : Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.
Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent,
afin d'être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.
En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n'en font-ils pas autant ?
Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n'en font-ils pas autant ?
Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait.



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Ignace d'Antioche (?-v. 110), évêque et martyr
Lettre aux Ephésiens, 10-14 (trad. Quéré, Seuil 1980, p. 115s rev)

« Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent »

« Priez sans cesse » (1Th 5,17) pour les autres hommes. On peut espérer leur repentir, et qu'ils viendront à Dieu. Mais qu'au moins votre exemple leur indique la voie. A leur colère, opposez votre douceur ; à leur arrogance, votre humilité ; à leurs blasphèmes, vos prières ; à leurs erreurs, la fermeté de votre foi ; à leur violence, votre sérénité, sans chercher à rien faire comme eux. Montrons-leur par notre bonté que nous sommes leurs frères. Essayons « d'imiter le Seigneur » (1Th 1,6). Qui a souffert l'injustice plus que lui ? a été dépouillé et rejeté ? Que l'on ne trouve pas, parmi vous, l'herbe du diable (cf Mt 13,25). Dans une pureté et une tempérance parfaites de chair et d'esprit, demeurez en Jésus Christ.

Voici venus les derniers temps... C'est seulement dans le Christ que nous entrons dans la vie véritable. En dehors de lui, rien de valable ! ... Rien ne surpasse la paix ; elle triomphe de tous les assauts que nous livrent nos ennemis, qu'ils soient célestes ou terrestres... Aujourd'hui il ne suffit plus de professer la foi ; il nous faut montrer jusqu'à la fin de quelle force elle nous remplit.







27 février 2015

Evangile du jour


vendredi 27 février 2015

Vendredi de la 1re semaine de Carême

St Gabriel de l'Addolorata, acolyte c.p. (1838-1862), Bse María Caridad Brader, religieuse et fond. († 1943)

Commentaire du jour
Saint Jean Chrysostome : « Va d'abord te réconcilier avec ton frère. »

Mt 5,20-26.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je vous le dis : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez pas dans le royaume des Cieux.
Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu'un commet un meurtre, il devra passer en jugement.
Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu'un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu'un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu.
Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l'autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
laisse ton offrande, là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande.
Mets-toi vite d'accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu'on ne te jette en prison.
Amen, je te le dis : tu n'en sortiras pas avant d'avoir payé jusqu'au dernier sou.»



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l'Église
Homélies au peuple d'Antioche, XX, 5 et 6 (trad. Tardif)

« Va d'abord te réconcilier avec ton frère. »

      Voici ce que je proclame, ce que j'atteste, ce que je dis à voix retentissante : Qu'aucun de ceux qui ont un ennemi n'approche de la table sainte et ne reçoive le Corps du Seigneur ! Qu'aucun de ceux qui s'approche n'ait un ennemi ! Tu as un ennemi ? N'approche pas ! Si tu veux le faire, alors, va d'abord te réconcilier, puis reçois le sacrement.



      Ce n'est pas moi qui parle ainsi, c'est le Seigneur qui le dit, lui qui a été crucifié pour nous ; pour te réconcilier à son Père, il n'a pas refusé d'être immolé ni de répandre son sang ; et toi, pour te réconcilier avec ton frère, tu ne veux même pas dire un mot, et prendre l'initiative d'aller le trouver ? Écoute ce que dit le Seigneur à propos de ceux qui te ressemblent : « Si tu présentes ton offrande à l'autel, et que là, tu te rappelles que ton frère a quelque chose contre toi ... » Il ne dit pas : « Attends qu'il vienne te trouver, ou qu'il reçoive la visite d'un de tes amis comme réconciliateur », ou encore : « Envoie-lui quelqu'un d'autre », mais bien : « Toi, en personne, cours vers lui ! » « Va-t-en, dit-il, va d'abord te réconcilier avec ton frère. »



      Incroyable ! Alors que Dieu ne se tient pas pour déshonoré de voir laissé de côté le don qu'on allait lui offrir, toi, tu t'estimerais déshonoré de faire le premier pas pour te réconcilier avec ton frère ? Où trouver une excuse à pareille conduite ? Lorsque tu vois l'un de tes membres coupé, n'essaies-tu pas, par tous les moyens, de le réunir au reste de ton corps ? Agis ainsi pour tes frères : lorsque tu les verras séparés de ton amitié, vite, ramène-les, n'attends pas qu'ils se présentent les premiers, mais toi, le premier, hâte-toi de réussir.







26 février 2015

Evangile du jour


jeudi 26 février 2015

Jeudi de la 1re semaine de Carême

Ste Paule de Saint-Joseph de Calasanz, vierge († 1889), Bse Piedad de la Cruz Ortíz Real, vierge (1842-1916)

Commentaire du jour
Homélie attribuée à saint Macaire d'Égypte : « Demandez, cherchez, frappez »

Mt 7,7-12.

En ce temps-là,  Jésus disait à ses disciples : « Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira.
En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira.
Ou encore : lequel d'entre vous donnera une pierre à son fils quand il lui demande du pain ?
ou bien lui donnera un serpent, quand il lui demande un poisson ?
Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent !
« Donc, tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi : voilà ce que disent la Loi et les Prophètes.



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Homélie attribuée à saint Macaire d'Égypte (?-390), moine
Homélies spirituelles n° 30, 3-4 (trad. coll. SO 40, Bellefontaine, p. 286 rev.)

« Demandez, cherchez, frappez »

      Efforce-toi de plaire au Seigneur, attends-le intérieurement sans te lasser, cherche-le au moyen de tes pensées, fais violence à ta volonté et à ses décisions, contrains-les pour qu'elles tendent continuellement vers lui. Et tu verras comment il vient auprès de toi et y établit sa demeure (Jn 14,23)... Il se tient là, observant ton raisonnement, tes pensées, tes réflexions, examinant comment tu le cherches, si c'est de toute ton âme, ou bien avec mollesse et négligence. Et quand il verra que tu le cherches avec ardeur, aussitôt il se manifestera à toi, il t'apparaîtra, t'accordera son secours, te donnera la victoire et te délivrera de tes ennemis. Quand il aura vu, en effet, comment tu le cherches, comment tu places continuellement toute ton espérance en lui, alors il t'instruira, t'apprendra la prière véritable, te donnera cette charité véritable qu'il est lui-même. Il deviendra alors pour toi toutes choses : paradis, arbre de vie, perle précieuse, couronne, architecte, cultivateur, un être soumis à la souffrance mais non atteint par la souffrance, homme, Dieu, vin, eau vive, brebis, époux, combattant, armure, le Christ « tout en tous » (1Co 15,28).



      De même qu'un enfant ne peut pas se nourrir lui-même ni prendre soin de lui-même, mais ne peut que regarder vers sa mère en pleurant, jusqu'à ce qu'elle soit touchée de compassion et s'occupe de lui, ainsi les âmes croyantes espèrent toujours dans le Christ et lui attribuent toute justice. Comme le sarment se dessèche s'il est séparé de la vigne (Jn 15,6), ainsi fait celui qui veut être juste sans le Christ. De même que « celui-là est un brigand et un voleur qui n'entre pas par la porte, mais pénètre par une autre voie » (Jn 10,1), ainsi en est-il de celui qui veut se rendre juste sans celui qui justifie.







25 février 2015

Evangile du jour


mercredi 25 février 2015

Mercredi de la 1re semaine de Carême

Bse Maria Ludovica De Angelis, religieuse (1880-1962), Bx Robert d'Arbrissel, prêtre et fondateur (v. 1047-1117)

Commentaire du jour
Saint Clément d'Alexandrie : « Ils se sont convertis en réponse à la prédication de Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas »

Lc 11,29-32.

En ce temps-là, comme les foules s'amassaient, Jésus se mit à dire : « Cette génération est une génération mauvaise : elle cherche un signe, mais en fait de signe il ne lui sera donné que le signe de Jonas.
Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ; il en sera de même avec le Fils de l'homme pour cette génération.
Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera en même temps que les hommes de cette génération, et elle les condamnera. En effet, elle est venue des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici bien plus que Salomon.
Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront en même temps que cette génération, et ils la condamneront ; en effet, ils se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas.



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Clément d'Alexandrie (150-v. 215), théologien
Protreptique, ch. 10 (trad. SC 2, p. 152s rev)

« Ils se sont convertis en réponse à la prédication de Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas »

      Repentons-nous ; convertissons-nous de l'ignorance à la vraie connaissance, de la folie à la sagesse, de l'injustice à la justice, de l'impiété à Dieu. Nombreux sont les biens qui en découlent, comme Dieu le dit lui-même chez Isaïe : « L'héritage est à ceux qui servent le Seigneur » (54,17). Non pas l'or et l'argent, ni ce que ronge le ver et dérobe le voleur (Mt 6,19), mais le trésor inestimable du salut... C'est cet héritage que met en nos mains le testament éternel par lequel Dieu nous assure ses dons. Ce Père qui nous aime tendrement ne cesse de nous exhorter, de nous éduquer, de nous aimer, et de nous sauver. « Soyez justes », dit le Seigneur. « Vous tous qui avez soif, venez vers l'eau. Vous qui n'avez pas d'argent, venez ; achetez et buvez sans argent » (Is 55,1). Il nous invite au bain qui purifie, au salut, à l'illumination... Les saints du Seigneur hériteront de la gloire de Dieu et de sa puissance, « une gloire que l'œil n'a pas vu, ni l'oreille entendue, qui n'est pas montée jusqu'au cœur de l'homme » (1Co 2,9)...



      Vous avez cette promesse divine de la grâce, et d'autre part vous avez entendu les menaces du châtiment : ce sont les deux voies par lesquelles le Seigneur sauve... Pourquoi tardons-nous ? Pourquoi n'accueillons-nous pas son don en choisissant le meilleur ? ... « Voici que j'ai placé devant vous, dit-il, la mort et la vie » (Dt 30,15). Le Seigneur essaie de te faire choisir la vie ; il te conseille comme un père...



      A qui le Seigneur dira-t-il : « Le Royaume des cieux est à vous » (Mt 5,3) ? Il est à vous, si vous le désirez, quand vous aurez choisi en faveur de Dieu. Il est à vous, si vous voulez seulement croire et suivre l'essentiel du message, comme les Ninivites ont écouté le message du prophète et ont obtenu, grâce à leur repentir sincère, un beau salut, au lieu de la ruine qui les menaçait.







24 février 2015

Evangile du jour


mardi 24 février 2015

Mardi de la 1re semaine de Carême

Bse Ascensión del Corazón de Jesús, vierge (1868-1940), Bx Costanzo (Constant) Servoli, prêtre o.p. (1410-1481)

Commentaire du jour
Bienheureuse Teresa de Calcutta : La prière des enfants de Dieu

Mt 6,7-15.

En ce temps-là,  Jésus disait à ses disciples : Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s'imaginent qu'à force de paroles ils seront exaucés.
Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l'ayez demandé.
Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal.
Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi.
Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes.



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Bienheureuse Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité
No Greater Love (trad. Pas de plus grand amour, Lattès 1997, p. 28)

La prière des enfants de Dieu

      La prière, pour être féconde, doit venir du cœur et pouvoir toucher le cœur de Dieu. Vois comment Jésus a enseigné à ses disciples à prier. Chaque fois que nous prononçons le « Notre Père », Dieu, je le crois, porte le regard sur ses mains, là où il nous a gravés : « Je t'ai gravé sur la paume de ma main » (Is 49,16). Il contemple ses mains et il nous voit là, blottis en elles. Quelle merveille que la tendresse de Dieu !



      Prions, disons le « Notre Père ». Vivons-le et alors nous serons des saints. Tout y est : Dieu, moi-même, le prochain. Si je pardonne, alors je peux être saint, je peux prier. Tout provient d'un cœur humble ; ayant un tel cœur, nous saurons comment aimer Dieu, nous aimer nous-mêmes et aimer notre prochain (Mt 22,37s). Il n'y a là rien de compliqué et pourtant nous compliquons tant nos vies, les aggravant de tant de surcharges. Une seule chose compte : être humble et prier. Plus vous prierez, mieux vous prierez.



      Un enfant ne rencontre aucune difficulté à exprimer son intelligence candide en des termes simples qui disent beaucoup. Jésus n'a-t-il pas fait comprendre à Nicodème qu'il faut devenir comme un petit enfant ? (Jn 3,3) Si nous prions selon l'Évangile, nous permettrons au Christ de grandir en nous. Prie donc avec amour, à la manière des enfants, avec l'ardent désir de beaucoup aimer, et de rendre aimé celui qui ne l'est pas.







23 février 2015

Evangile du jour


lundi 23 février 2015

Lundi de la 1re semaine de Carême

St Polycarpe, évêque et martyr († 167), Bse Giovannina Franchi, religieuse et fondatrice (1807-1872)

Commentaire du jour
Saint Grégoire de Nazianze : « C'est à moi que vous l'avez fait »

Mt 25,31-46.

Jésus disait à ses disciples : « Quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire.
Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs :
il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.
Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : "Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde.
Car j'avais faim, et vous m'avez donné à manger ; j'avais soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli ;
j'étais nu, et vous m'avez habillé ; j'étais malade, et vous m'avez visité ; j'étais en prison, et vous êtes venus jusqu'à moi !"
Alors les justes lui répondront : "Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t'avons nourri ? tu avais soif, et nous t'avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t'avons accueilli ? tu étais nu, et nous t'avons habillé ?
tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu'à toi ?"
Et le Roi leur répondra : "Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait."
Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : "Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.
Car j'avais faim, et vous ne m'avez pas donné à manger ; j'avais soif, et vous ne m'avez pas donné à boire ;
j'étais un étranger, et vous ne m'avez pas accueilli ; j'étais nu, et vous ne m'avez pas habillé ; j'étais malade et en prison, et vous ne m'avez pas visité."
Alors ils répondront, eux aussi : "Seigneur, quand t'avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?"
Il leur répondra : "Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l'avez pas fait à l'un de ces plus petits, c'est à moi que vous ne l'avez pas fait."
Et ils s'en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Grégoire de Nazianze (330-390), évêque et docteur de l'Église
Sermon 14, sur l'amour des pauvres, 27, 28, 39-40 ; PG 35, 891s (trad. Orval ; cf bréviaire 3e samedi de Carême)

« C'est à moi que vous l'avez fait »

T'imagines-tu que la charité ne soit pas obligatoire mais libre ? Qu'elle ne soit pas une loi, mais un simple conseil ? Je le voudrais bien moi aussi et le penserais volontiers. Mais la main gauche de Dieu m'effraie, là où il a placé les boucs pour leur adresser ses reproches, non parce qu'ils ont volé, pillé, commis l'adultère ou perpétré d'autres délits de cet ordre, mais parce qu'ils n'ont pas honoré le Christ dans la personne de ses pauvres.


Si vous voulez m'en croire, vous les serviteurs du Christ, ses frères et ses cohéritiers, tant qu'il n'est pas trop tard, visitons le Christ, servons le Christ, nourrissons le Christ, vêtons le Christ, accueillons le Christ, honorons le Christ, et non pas seulement en lui offrant un repas comme certains, ou du parfum comme Marie Madeleine, ou une sépulture comme Joseph d'Arimathie, ou les devoirs funèbres comme Nicodème, ou de l'or, de l'encens et de la myrrhe comme les mages.


« C'est la miséricorde et non les sacrifices » (Mt 9,13) que désire le Seigneur de l'univers, la compassion plutôt que des milliers d'agneaux gras. Présentons-la-lui donc par la main de ceux qui sont abattus par la misère, et le jour où nous quitterons ce monde, ils nous « recevront dans les tentes éternelles » (Lc 16,9), dans le Christ lui-même, notre Seigneur à qui appartient la gloire pour l'éternité.







22 février 2015

Evangile du jour


dimanche 22 février 2015

Premier dimanche de Carême

Bse Isabelle de France, vierge et fondatrice (1225-1270), Bse Marie de Jésus (Émilie d'Oultremont), fond. († 1878)

Commentaire du jour
Saint Grégoire de Nazianze : La tentation après le baptême

Mc 1,12-15.

Jésus venait d'être baptisé. Aussitôt l'Esprit pousse Jésus au désert
et, dans le désert, il resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient.
Après l'arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l'Évangile de Dieu ;
il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l'Évangile. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Grégoire de Nazianze (330-390), évêque et docteur de l'Église
Sermon XL, 10

La tentation après le baptême

      Si, après le baptême, tu es attaqué par le persécuteur, le tentateur de la lumière, tu auras matière à victoire. Il t'attaquera certainement, puisqu'il s'en est pris au Verbe, mon Dieu, trompé par l'apparence humaine qui lui dérobait la lumière incréée. Ne redoute pas le combat. Oppose-lui l'eau du baptême, oppose-lui l'Esprit Saint dans lequel s'éteignent tous les traits enflammés lancés par le Malin...



      S'il t'expose le besoin qui t'accable — il n'a pas manqué de le faire à Jésus —, s'il te rappelle que tu as faim, n'aie pas l'air d'ignorer ses propositions. Apprends-lui ce qu'il ne connaît pas ; oppose-lui la Parole de vie, ce vrai Pain envoyé du ciel et qui donne la vie au monde.



      S'il te tend le piège de la vanité — il en usa contre le Christ, lors qu'il le fit monter sur le pinacle du Temple et lui dit : « Jette-toi en bas » pour lui faire manifester sa divinité —, prends garde de ne pas déchoir pour avoir voulu t'élever...



      S'il te tente par l'ambition en te montrant, dans une vision instantanée, tous les royaumes de la terre comme soumis à son pouvoir et s'il exige de toi l'adoration, méprise-le : ce n'est qu'un pauvre frère. Dis-lui, confiant dans le sceau divin : « Je suis, moi aussi, l'image de Dieu ; je n'ai pas encore été, comme toi, précipité du haut de ma gloire à cause de mon orgueil ! Je suis revêtu du Christ ; je suis devenu un autre Christ par mon baptême ; c'est à toi de m'adorer. » Il s'en ira, j'en suis sûr, vaincu et mortifié par ces paroles. Venant d'un homme illuminé par le Christ, elles seront ressenties par lui comme si elles émanaient du Christ, la lumière suprême. Voilà les bienfaits qu'apporte l'eau du baptême à ceux qui reconnaissent sa force.







21 février 2015

Evangile du jour


samedi 21 février 2015

Samedi après les Cendres

St Pierre Damien, docteur de l'Église († 1072), Bx Noël Pinot, prêtre et martyr (1747-1794)

Commentaire du jour
Saint Jean-Paul II : « Abandonnant tout, l'homme se leva et se mit à le suivre »

Lc 5,27-32.

En ce temps-là, Jésus sortit et remarqua un publicain (c'est-à-dire un collecteur d'impôts) du nom de Lévi assis au bureau des impôts. Il lui dit : « Suis-moi. »
Abandonnant tout, l'homme se leva ; et il le suivait.
Lévi donna pour Jésus une grande réception dans sa maison ; il y avait là une foule nombreuse de publicains et d'autres gens attablés avec eux.
Les pharisiens et les scribes de leur parti récriminaient en disant à ses disciples : « Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les pécheurs ? »
Jésus leur répondit : « Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades.
Je ne suis pas venu appeler des justes mais des pécheurs, pour qu'ils se convertissent. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape
Message aux jeunes en vue de la 20ème JMJ (6/8/04)

« Abandonnant tout, l'homme se leva et se mit à le suivre »

      Écouter le Christ et l'adorer conduit à faire des choix courageux, à prendre des décisions parfois héroïques. Jésus est exigeant car il veut notre bonheur authentique. Il appelle certains à tout quitter pour le suivre dans la vie sacerdotale ou consacrée. Que ceux qui entendent cette invitation n'aient pas peur de lui répondre « oui » et qu'ils se mettent généreusement à sa suite. Mais, en dehors des vocations particulières de consécration, il y a la vocation propre de tout baptisé : elle aussi est une vocation à ce « haut degré » de la vie chrétienne ordinaire qui s'exprime dans la sainteté (cf. Novo millenio ineunte, Au début du nouveau millénaire, 31).



      Tant de nos contemporains ne connaissent pas encore l'amour de Dieu ou cherchent à remplir leur cœur de succédanés insignifiants. Il est donc urgent d'être des témoins de l'amour contemplé dans le Christ... l'Église a besoin de témoins authentiques pour la nouvelle évangélisation : des hommes et des femmes dont la vie a été transformée par la rencontre avec Jésus, des hommes et des femmes capables de communiquer cette expérience aux autres. L'Eglise a besoin de saints. Nous sommes tous appelés à la sainteté et seuls les saints peuvent rénover l'humanité.