24 octobre 2016

Evangile du jour


Lundi 24 octobre 2016

Le lundi de la 30e semaine du temps ordinaire

St Antoine-Marie Claret, évêque (1807-1870), St Luigi (Louis) Guanella, prêtre et fond. (1842-1915)

Commentaire du jour
Saint Grégoire de Narek : « À l'instant même, elle se trouva toute droite, et elle rendait gloire à Dieu »

Lc 13,10-17.

En ce temps-là, Jésus était en train d'enseigner dans une synagogue, le jour du sabbat.
Voici qu'il y avait là une femme, possédée par un esprit qui la rendait infirme depuis dix-huit ans ; elle était toute courbée et absolument incapable de se redresser.
Quand Jésus la vit, il l'interpella et lui dit : « Femme, te voici délivrée de ton infirmité. »
Et il lui imposa les mains. À l'instant même elle redevint droite et rendait gloire à Dieu.
Alors le chef de la synagogue, indigné de voir Jésus faire une guérison le jour du sabbat, prit la parole et dit à la foule : « Il y a six jours pour travailler ; venez donc vous faire guérir ces jours-là, et non pas le jour du sabbat. »
Le Seigneur lui répliqua : « Hypocrites ! Chacun de vous, le jour du sabbat, ne détache-t-il pas de la mangeoire son bœuf ou son âne pour le mener boire ?
Alors cette femme, une fille d'Abraham, que Satan avait liée voici dix-huit ans, ne fallait-il pas la délivrer de ce lien le jour du sabbat ? »
À ces paroles de Jésus, tous ses adversaires furent remplis de honte, et toute la foule était dans la joie à cause de toutes les actions éclatantes qu'il faisait.



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Grégoire de Narek (v. 944-v. 1010), moine et poète arménien
Le Livre de prières, n°18 (trad. SC 78, p. 123 rev.)

« À l'instant même, elle se trouva toute droite, et elle rendait gloire à Dieu »

Il fut un temps où je n'étais pas, et tu m'as créé.
Je n'avais pas prié, et toi, tu m'as fait.
Je n'étais pas encore venu à la lumière, et tu m'as vu.
Je n'avais pas paru, et tu as eu pitié de moi.
Je ne t'avais pas invoqué, et tu as pris soin de moi.
Je n'avais pas fait un signe de la main, et tu m'as regardé.
Je n'avais pas supplié, et tu m'as fait miséricorde.
Je n'avais pas articulé un son, et tu m'as entendu.
Je n'avais pas soupiré, et tu as prêté l'oreille.

Tout en sachant ce qui allait m'arriver actuellement,
tu ne m'as pas dédaigné.
Ayant considéré avec tes yeux prévoyants
les fautes du pécheur que je suis,
tu m'as cependant façonné.
Et maintenant, moi que tu as créé,
moi que tu as sauvé,
moi qui ai été l'objet de tant de sollicitude,
que la blessure du péché, suscité par l'Accusateur,
ne me perde pas pour toujours ! ...

Liée, paralysée,
courbée comme la femme qui souffrait,
mon âme malheureuse reste impuissante à se redresser.
Elle fixe la terre sous le poids du péché,
à cause des durs liens de Satan...
Penche-toi vers moi, seul Miséricordieux,
pauvre arbre pensant qui est tombé.
Moi qui suis desséché, fais-moi refleurir
en beauté et splendeur,
selon les paroles divines du saint prophète (Ez 17,22-24)...
Toi, seul Protecteur,
veuille jeter sur moi un regard
sorti de la sollicitude de ton amour indicible...
et de rien tu créeras en moi la lumière même. (cf Gn 1,3)







23 octobre 2016

Evangile du jour


Dimanche 23 octobre 2016

Trentième dimanche du temps ordinaire

St Jean de Capistran, prêtre o.f.m. (1386-1456), Bx Arnould (Julien-Nicolas) Rèche, frère f.e.c. († 1890)

Commentaire du jour
Saint Bernard : « Le publicain... n'osait même pas lever les yeux vers le ciel »

Lc 18,9-14.

En ce temps-là, à l'adresse de certains qui étaient convaincus d'être justes et qui méprisaient les autres, Jésus dit la parabole que voici :
« Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L'un était pharisien, et l'autre, publicain (c'est-à-dire un collecteur d'impôts).
Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même : 'Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes – ils sont voleurs, injustes, adultères –, ou encore comme ce publicain.
Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.'
Le publicain, lui, se tenait à distance et n'osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : 'Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !'
Je vous le déclare : quand ce dernier redescendit dans sa maison, c'est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l'autre. Qui s'élève sera abaissé ; qui s'abaisse sera élevé. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l'Église
3e sermon sur l'Annonciation, 9-10

« Le publicain... n'osait même pas lever les yeux vers le ciel »

      Quel est le vase où la grâce se déverse de préférence ? Si la confiance est faite pour recevoir en elle la miséricorde, et la patience pour recueillir la justice, quel récipient pourrons-nous proposer qui soit apte à recevoir la grâce ? Il s'agit d'un baume très pur et il lui faut un vase très solide. Or quoi de plus pur et quoi de plus solide que l'humilité du cœur ? C'est pourquoi Dieu « donne sa grâce aux humbles » (Jc 4,6) ; c'est à juste titre qu'il « a posé son regard sur l'humilité de sa servante » (Lc 1,48). À juste titre parce qu'un cœur humble ne se laisse pas occuper par le mérite humain et que la plénitude de la grâce peut s'y répandre d'autant plus librement...

     Avez-vous observé ce pharisien en prière ? Il n'était ni un voleur, ni injuste, ni adultère. Il ne négligeait pas non plus la pénitence. Il jeûnait deux fois par semaine, il donnait le dixième de tout ce qu'il possédait... Mais il n'était pas vide de lui-même, il ne s'était pas dépouillé lui-même (Ph 2,7), il n'était pas humble, mais au contraire élevé. En effet, il ne s'est pas soucié de savoir ce qui lui manquait encore, mais il s'est exagéré son mérite ; il n'était pas plein, mais enflé. Et il s'en est allé vide pour avoir simulé la plénitude. Le publicain, au contraire, parce qu'il s'est humilié lui-même et qu'il a pris soin de se présenter comme un vase vide, a pu emporter une grâce d'autant plus abondante.







22 octobre 2016

Evangile du jour


Samedi 22 octobre 2016

Le samedi de la 29e semaine du temps ordinaire

St Jean-Paul II, « le Géant de Dieu » (1920-2005), Stes Nunilon et Alodie, vierges et martyres († 851)

Commentaire du jour
La Didachè : « Choisis donc la vie » (Dt 30,19)

Lc 13,1-9.

Un jour, des gens rapportèrent à Jésus l'affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer, mêlant leur sang à celui des sacrifices qu'ils offraient.
Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ?
Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même.
Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu'elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ?
Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. »
Jésus disait encore cette parabole : « Quelqu'un avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n'en trouva pas.
Il dit alors à son vigneron : "Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n'en trouve pas. Coupe-le. À quoi bon le laisser épuiser le sol ?"
Mais le vigneron lui répondit : "Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier.
Peut-être donnera-t-il du fruit à l'avenir. Sinon, tu le couperas." »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

La Didachè (entre 60-120), catéchèse judéo-chrétienne
§ 1-6 (trad. coll. Icthus, t. 1, p. 112s)

« Choisis donc la vie » (Dt 30,19)

      Il y a deux chemins : l'un de la vie, l'autre de la mort ; mais il est entre les deux chemins une grande différence. Or le chemin de la vie est le suivant : D'abord, tu aimeras Dieu qui t'a créé ; en second lieu, tu aimeras ton prochain comme toi-même ; et ce que tu ne veux pas qu'il te soit fait, toi non plus ne le fais pas à autrui. Et voici l'enseignement signifié par ces paroles : Bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour vos ennemis, jeûnez pour ceux qui vous persécutent. Quel mérite, en effet, d'aimer ceux qui vous aiment ? Les païens n'en font-ils pas autant ? Quant à vous, aimez ceux qui vous haïssent, et vous n'aurez pas d'ennemis. Abstiens-toi des désirs charnels et corporels...

      Deuxième commandement de la doctrine : Tu ne tueras pas, tu ne seras pas adultère, tu ne séduiras pas des garçons, tu ne commettras ni fornication, ni vol, ni magie, ni empoisonnement ; tu ne tueras point d'enfants, par avortement ou après la naissance ; tu ne désireras pas les biens de ton prochain. Tu ne te parjureras pas, tu ne diras pas de faux témoignage, tu ne tiendras pas de propos médisants, tu ne garderas pas de rancune. Tu n'auras pas deux manières de penser ni deux paroles : car la duplicité de langage est un piège de mort. Ta parole ne sera pas menteuse ; pas vaine non plus, mais remplie d'effet. Tu ne seras ni avare, ni rapace, ni hypocrite, ni méchant, ni orgueilleux ; tu ne formeras pas de mauvais dessein contre ton prochain. Tu ne dois haïr personne ; mais tu dois reprendre les uns et prier pour eux, et aimer les autres plus que ta propre vie.

      Mon enfant, fuis tout ce qui est mal et tout ce qui ressemble au mal... Veille à ce que nul ne te détourne de ce chemin de la doctrine, car cette personne-là t'enseigne en dehors de Dieu. Si tu peux porter le joug du Seigneur tout entier, tu seras parfait ; sinon, fais du moins ce qui est en ton pouvoir.

(Références bibliques : Mt 22,37s ; 7,12 ; Tb 4,15 ; Mt 5,44s ; 1P 2,11 ; Ex 20 ; Mt 24,4)







21 octobre 2016

Evangile du jour


Vendredi 21 octobre 2016

Le vendredi de la 29e semaine du temps ordinaire

Ste Laura Montoya Upegui, vierge et fond. (1874-1949), Bx Pino Puglisi, prêtre à Palerme et martyr (1937-1993)

Commentaire du jour
Saint Jean-Paul II : Savoir juger les signes des temps

Lc 12,54-59.

En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Quand vous voyez un nuage monter au couchant, vous dites aussitôt qu'il va pleuvoir, et c'est ce qui arrive.
Et quand vous voyez souffler le vent du sud, vous dites qu'il fera une chaleur torride, et cela arrive.
Hypocrites ! Vous savez interpréter l'aspect de la terre et du ciel ; mais ce moment-ci, pourquoi ne savez-vous pas l'interpréter ?
Et pourquoi aussi ne jugez-vous pas par vous-mêmes ce qui est juste ?
Ainsi, quand tu vas avec ton adversaire devant le magistrat, pendant que tu es en chemin mets tout en œuvre pour t'arranger avec lui, afin d'éviter qu'il ne te traîne devant le juge, que le juge ne te livre à l'huissier, et que l'huissier ne te jette en prison.
Je te le dis : tu n'en sortiras pas avant d'avoir payé jusqu'au dernier centime. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape
Lettre apostolique Novo millenio ineunte, 6/01/2001, § 55-56 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

Savoir juger les signes des temps

Dans un contexte de pluralisme culturel et religieux plus marqué, tel qu'il est prévisible dans la société du nouveau millénaire, le dialogue interreligieux est important pour assurer les conditions de la paix et éloigner le spectre épouvantable des guerres de religion qui ont ensanglanté tant de périodes de l'histoire humaine. Le nom du Dieu unique doit devenir toujours plus ce qu'il est, un nom de paix et un impératif de paix.

Mais ce dialogue ne peut pas être fondé sur l'indifférentisme religieux, et nous avons le devoir, nous chrétiens, de le développer en offrant le témoignage plénier de l'espérance qui est en nous (1P 3,15)... Mais notre devoir missionnaire d'annoncer le Christ ne nous empêche pas d'entrer dans le dialogue avec un cœur profondément ouvert à l'écoute. Nous savons en effet que, face au mystère de la grâce infiniment riche de dimensions et d'implications pour la vie et l'histoire de l'homme, l'Église elle-même ne finira jamais d'approfondir sa recherche, en s'appuyant sur l'assistance du Paraclet, l'Esprit de vérité (Jn 14,17), qui doit précisément la conduire à la « plénitude de la vérité » (Jn 16,13).

Ce principe est à la base non seulement de l'inépuisable approfondissement théologique de la vérité chrétienne, mais aussi du dialogue chrétien avec les philosophies, les cultures, les religions. Souvent, l'Esprit de Dieu, qui « souffle où il veut » (Jn 3,8), suscite dans l'expérience humaine universelle, en dépit des nombreuses contradictions de cette dernière, des signes de sa présence, qui aident les disciples mêmes du Christ à comprendre plus profondément le message dont ils sont porteurs. N'est-ce pas dans cette attitude d'ouverture humble et confiante que le Concile Vatican II s'est attaché à « lire les signes des temps » ? (Gaudium et spes, §4) Tout en se livrant soigneusement à un discernement attentif pour recueillir les « signes véritables de la présence ou du dessein de Dieu » (§11), l'Église reconnaît que, non seulement elle a donné, mais qu'elle a aussi « reçu de l'histoire et de l'évolution du genre humain » (§44). Le Concile a aussi invité à adopter à l'égard des autres religions cette attitude d'ouverture et en même temps de discernement attentif.







20 octobre 2016

Evangile du jour


Jeudi 20 octobre 2016

Le jeudi de la 29e semaine du temps ordinaire

Ste Marie-Bertille Boscardin, vierge (1888-1922), Bx Jacques Kern, prêtre prémontré (1897-1924)

Commentaire du jour
Saint Ambroise : « Tout homme qui aura quitté à cause de mon nom des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère...recevra beaucoup plus » (Mt 19,29)

Lc 12,49-53.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu'il soit déjà allumé !
Je dois recevoir un baptême, et quelle angoisse est la mienne jusqu'à ce qu'il soit accompli !
Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division.
Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées : trois contre deux et deux contre trois ;
ils se diviseront : le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l'Église
Commentaire sur l'évangile de Luc, 7, 134 (trad. cf. SC 52, p. 55s)

« Tout homme qui aura quitté à cause de mon nom des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère...recevra beaucoup plus » (Mt 19,29)

      « Vous croyez que je suis venu apporter la paix sur terre ? Non, vous dis-je, mais la séparation. Car désormais dans la même maison cinq personnes seront divisées, trois prenant parti contre deux, et deux contre trois... » Dans presque tous les passages de l'Évangile le sens spirituel joue un rôle important ; mais dans ce passage surtout, pour ne pas être rebuté par la dureté d'une explication simpliste, il faut chercher dans la trame du sens la profondeur spirituelle... Comment dit-il lui-même : « Je vous donne ma paix, je vous laisse ma paix » (Jn 14,27) s'il est venu séparer les pères de leurs fils, les fils de leurs pères, en rompant leurs liens ? Comment peut-on être appelé « maudit si l'on n'honore pas son père » (Dt 27,16), et fervent si on le délaisse ?

      Si nous comprenons que la religion vient en premier lieu et la piété filiale en second, nous comprendrons que cette question s'éclaire ; il faut en effet faire passer l'humain après le divin. Car si on doit rendre des devoirs aux parents, combien plus au Père des parents, à qui on doit être reconnaissant pour nos parents ? ... Il ne dit donc pas qu'il faut renoncer à ceux que nous aimons, mais préférer Dieu à tous. D'ailleurs on trouve dans un autre livre : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi » (Mt 10,37). Il t'est interdit non d'aimer tes parents, mais de les préférer à Dieu. Car les relations naturelles sont des bienfaits du Seigneur, et personne ne doit aimer les bienfaits reçus plus que Dieu, qui préserve les bienfaits qu'il donne.







19 octobre 2016

Evangile du jour


Mercredi 19 octobre 2016

Le mercredi de la 29e semaine du temps ordinaire

Sts Martyrs canadiens, missionnaires s.j. († 1642/1649), St Paul de la Croix, fond. des Passionnistes (1694-1775)

Commentaire du jour
Saint Fulgence de Ruspe : « Serviteurs du Christ et intendants des mystères de Dieu » (1Co 4,1)

Lc 12,39-48.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur viendrait, il n'aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
Vous aussi, tenez-vous prêts : c'est à l'heure où vous n'y penserez pas que le Fils de l'homme viendra. »
Pierre dit alors : « Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole, ou bien pour tous ? »
Le Seigneur répondit : « Que dire de l'intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de son personnel pour distribuer, en temps voulu, la ration de nourriture ?
Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d'agir ainsi !
Vraiment, je vous le déclare : il l'établira sur tous ses biens.
Mais si le serviteur se dit en lui-même : "Mon maître tarde à venir", et s'il se met à frapper les serviteurs et les servantes, à manger, à boire et à s'enivrer,
alors quand le maître viendra, le jour où son serviteur ne s'y attend pas et à l'heure qu'il ne connaît pas, il l'écartera et lui fera partager le sort des infidèles.
Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n'a rien préparé et n'a pas accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups.
Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, celui-là n'en recevra qu'un petit nombre. À qui l'on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l'on a beaucoup confié, on réclamera davantage. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Fulgence de Ruspe (467-532), évêque en Afrique du Nord
Sermon 1 ; CCL 91A, 889 (trad. Orval)

« Serviteurs du Christ et intendants des mystères de Dieu » (1Co 4,1)

Pour préciser le rôle des serviteurs qu'il a placés à la tête de son peuple, le Seigneur dit cette parole que rapporte l'Évangile : « Quel est l'intendant sage et fidèle que le maître établira sur les gens de sa maison pour leur donner en temps voulu leur mesure de blé ? Heureux ce serviteur que le maître, à son retour, trouvera occupé de la sorte ». Qui est ce maître, mes frères ? C'est sans aucun doute le Christ, qui a dit à ses disciples : « Vous m'appelez Maître et Seigneur, et vous dites bien, car je le suis » (Jn 13,13). Et quelle est la maisonnée de ce maître ? C'est évidemment celle que le Seigneur a lui-même rachetée des mains de l'ennemi et qu'il s'est appropriée. Cette maisonnée, c'est l'Église sainte et universelle qui se répand avec une merveilleuse fécondité de par le monde et se glorifie d'être rachetée au prix du sang du Seigneur...

Mais qui est l'intendant fidèle et sage ? L'apôtre Paul nous le montre lorsqu'il dit, parlant de lui-même et de ses compagnons : « Qu'on nous regarde donc comme des serviteurs du Christ et des intendants des mystères de Dieu. Or, ce qu'on exige des intendants c'est de se montrer fidèles » (1Co 4,1-2). Et pour que nul d'entre nous ne pense que seuls les apôtres sont devenus des intendants ou qu'un serviteur paresseux et infidèle n'abandonne le combat spirituel et ne se mette à dormir, le saint apôtre montre bien que les évêques sont eux aussi des intendants : « Comme intendant de Dieu, dit-il, l'évêque doit être irréprochable » (Tt 1,7). Nous sommes donc les serviteurs du Père de famille, les intendants du Seigneur, et nous avons reçu la mesure de blé à vous distribuer.







18 octobre 2016

Evangile du jour


Mardi 18 octobre 2016

Fête de saint Luc, évangéliste

St Luc, évangéliste (Ier siècle), St Pierre d'Alcantara, prêtre o.f.m. (1499-1562)

Commentaire du jour
Bienheureux John Henry Newman : Saint Luc, évangéliste, « serviteur de la Parole » (Lc 1,2)

Lc 10,1-9.

En ce temps-là, parmi les disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre.
Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson.
Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.
Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin.
Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d'abord : 'Paix à cette maison.'
S'il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous.
Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l'on vous sert ; car l'ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.
Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté.
Guérissez les malades qui s'y trouvent et dites-leur : 'Le règne de Dieu s'est approché de vous.' »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Bienheureux John Henry Newman (1801-1890), cardinal, théologien, fondateur de l'Oratoire en Angleterre
PPS, vol. 3 no. 22 : « The Good Part of Mary »,

Saint Luc, évangéliste, « serviteur de la Parole » (Lc 1,2)

Bonne est toute parole du Christ, elle a sa mission et son but, elle ne tombe pas à terre. Il est impossible qu'il ait jamais prononcé de paroles éphémères, lui, le Verbe de Dieu, exprimant selon son bon plaisir les conseils profonds et la volonté sainte du Dieu invisible. Toute parole du Christ est bonne. Même si ses propos nous avaient été transmis par des gens ordinaires, nous pouvons être sûrs que rien de ce qui nous a été conservé — qu'il s'agisse de paroles à un disciple ou à un contradicteur, ou bien d'avertissements, d'avis, de réprimandes, de réconfort, de persuasion ou de condamnation — rien de tout cela n'a une signification purement accidentelle, une portée limitée ou partielle...

Au contraire, toutes les paroles sacrées du Christ, bien que revêtues d'un habillement temporaire et ordonnées à un but immédiat, difficiles de ce fait à dégager de ce qu'il y a en elles de momentané et de contingent, n'en gardent pas moins toute leur force à chaque siècle. Demeurant dans l'Église, elles sont destinées à durer pour toujours dans les cieux (cf Mt 24,35) ; elles se prolongent jusque dans l'éternité. Elles sont notre règle sainte, juste et bonne, la « lampe pour nos pieds, lumière sur notre route » (Ps 118,105), aussi pleinement et aussi intimement pour notre temps que lorsqu'elles ont été d'abord prononcées.

Cela aurait été vrai même si un simple soin humain avait recueilli ces miettes de la table du Christ. Mais nous avons une assurance beaucoup plus grande, parce que nous les recevons non pas des hommes mais de Dieu (1Th 2,13). L'Esprit Saint, qui est venu glorifier le Christ et donner aux évangélistes l'inspiration d'écrire, n'a pas tracé pour nous un Évangile stérile. Loué soit-il d'avoir choisi et sauvegardé pour nous les paroles qui devaient être particulièrement utiles dans les temps à venir, les paroles pouvant servir de loi à l'Église, pour la foi, la morale et la discipline. Non pas une loi écrite sur des tables de pierre (Ex 24,12), mais une loi de foi et d'amour, de l'esprit non de la lettre (Rm 7,6), une loi pour des cœurs généreux qui acceptent de « vivre de toute parole », si modeste et si humble soit-elle, « qui sort de la bouche de Dieu » (Dt 8,3 ; Mt 4,4).







17 octobre 2016

Evangile du jour


Lundi 17 octobre 2016

Le lundi de la 29e semaine du temps ordinaire

St Ignace d'Antioche, évêque et martyr († v. 115), Bx Balthasar de Clavario, prêtre o.f.m. (1419-1492)

Commentaire du jour
Saint Augustin : « Être riche en vue de Dieu »

Lc 12,13-21.

En ce temps-là, du milieu de la foule, quelqu'un demanda à Jésus : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage. »
Jésus lui répondit : « Homme, qui donc m'a établi pour être votre juge ou l'arbitre de vos partages ? »
Puis, s'adressant à tous : « Gardez-vous bien de toute avidité, car la vie de quelqu'un, même dans l'abondance, ne dépend pas de ce qu'il possède. »
Et il leur dit cette parabole : « Il y avait un homme riche, dont le domaine avait bien rapporté.
Il se demandait : "Que vais-je faire ? Car je n'ai pas de place pour mettre ma récolte."
Puis il se dit : "Voici ce que je vais faire : je vais démolir mes greniers, j'en construirai de plus grands et j'y mettrai tout mon blé et tous mes biens.
Alors je me dirai à moi-même : Te voilà donc avec de nombreux biens à ta disposition, pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l'existence."
Mais Dieu lui dit : "Tu es fou : cette nuit même, on va te redemander ta vie. Et ce que tu auras accumulé, qui l'aura ?"
Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d'être riche en vue de Dieu. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église
Sermon 34 : sur le Ps 149

« Être riche en vue de Dieu »

Frères, examinez avec soin vos demeures intérieures, ouvrez les yeux et considérez votre capital d'amour, et puis augmentez la somme que vous aurez découvert en vous-mêmes. Veillez sur ce trésor afin d'être riches intérieurement. On dit chers les biens qui ont un grand prix et avec raison... Mais quoi de plus cher que l'amour, mes frères ? À votre avis, quel en est le prix ? Et comment le payer ? Le prix d'une terre, celui du blé, c'est ton argent ; le prix d'une perle, c'est ton or ; mais le prix de ton amour, c'est toi-même. Si tu veux acheter un champ, un bijou, une bête, tu cherches les fonds nécessaires, tu regardes autour de toi. Mais si tu désires posséder l'amour, ne cherche que toi-même, c'est toi-même qu'il faut trouver.

Que crains-tu en te donnant ? De te perdre ? Au contraire c'est en refusant de te donner que tu te perds. L'Amour lui-même s'exprime par la bouche de la Sagesse et apaise d'un mot le désarroi où te jetait cette parole : « Donne-toi toi-même ! » Si quelqu'un voulait te vendre un terrain, il te dirait : « Donne-moi ton argent » ou pour autre chose : « Donne-moi ta monnaie ». Écoute ce que te dit l'Amour, par la bouche de la Sagesse : « Mon enfant, donne-moi ton cœur » (Pr 23,26). Ton cœur était mal quand il était à toi, quand il était en toi ; tu étais la proie de futilités, voire de passions mauvaises. Ôte-le de là ! Où le porter ? Où l'offrir ? « Mon fils, donne-moi ton cœur ! » dit la Sagesse. Qu'il soit à moi, et tu ne le perdras pas...

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée » (Mt 22,37)... Celui qui t'a créé te veut tout entier.







16 octobre 2016

Evangile du jour


Dimanche 16 octobre 2016

Vingt-neuvième dimanche du temps ordinaire

Ste Marguerite-Marie Alacoque, confidente du Sacré-Cœur, St Gérard Majella, rédemptoriste (1726-1755)

Commentaire du jour
Sainte Teresa de Calcutta : « Toujours prier sans se décourager »

Lc 18,1-8.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples une parabole sur la nécessité pour eux de toujours prier sans se décourager :
« Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait pas Dieu et ne respectait pas les hommes.

Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander : "Rends-moi justice contre mon adversaire."
Longtemps il refusa ; puis il se dit : "Même si je ne crains pas Dieu et ne respecte personne,
comme cette veuve commence à m'ennuyer, je vais lui rendre justice pour qu'elle ne vienne plus sans cesse m'assommer." »
Le Seigneur ajouta : « Écoutez bien ce que dit ce juge dépourvu de justice !
Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Les fait-il attendre ?
Je vous le déclare : bien vite, il leur fera justice. Cependant, le Fils de l'homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité
No Greater Love (trad. Il n'y a pas de plus grand amour, Lattès 1997, p. 20)

« Toujours prier sans se décourager »

      Aime prier. Ressens souvent le besoin de prier tout au long de la journée. La prière dilate le cœur jusqu'à ce que celui-ci puisse recevoir le don de Dieu qui est lui-même. Demande, cherche, et ton cœur grandira au point de le recevoir, de le garder comme ton bien.

      Nous désirons tellement bien prier, et puis nous échouons. Alors nous nous décourageons et renonçons. Si tu veux prier mieux, tu dois prier plus. Dieu accepte l'échec, mais il ne veut pas du découragement. Toujours plus, il nous veut tels des enfants, toujours plus humbles, toujours plus remplis de gratitude dans l'oraison. Il veut que nous nous souvenions de notre appartenance à tous au corps mystique du Christ, qui est prière perpétuelle.

      Nous devons nous aider l'un l'autre dans nos prières. Libérons nos esprits. Ne prions pas longuement, que nos prières ne s'étirent pas sans fin, mais qu'elles soient brèves, pleines d'amour. Prions pour ceux qui ne prient pas. Souvenons-nous que celui qui veut pouvoir aimer, doit pouvoir prier.







15 octobre 2016

Evangile du jour


Samedi 15 octobre 2016

Le samedi de la 28e semaine du temps ordinaire

Ste Thérèse d'Avila, docteur de l'Église (1515-1582), St Cannat, évêque de Marseille († 487)

Commentaire du jour
Lettre de l'Église de Smyrne sur le martyre de saint Polycarpe : « Celui qui se sera prononcé pour moi devant les hommes, le Fils de l'homme se prononcera aussi pour lui »

Lc 12,8-12.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je vous le dis : Quiconque se sera déclaré pour moi devant les hommes, le Fils de l'homme aussi se déclarera pour lui devant les anges de Dieu.
Mais celui qui m'aura renié en face des hommes sera renié à son tour en face des anges de Dieu.
Quiconque dira une parole contre le Fils de l'homme, cela lui sera pardonné ; mais si quelqu'un blasphème contre l'Esprit Saint, cela ne lui sera pas pardonné.
Quand on vous traduira devant les gens des synagogues, les magistrats et les autorités, ne vous inquiétez pas de la façon dont vous vous défendrez ni de ceque vous direz.
Car l'Esprit Saint vous enseignera à cette heure-là ce qu'il faudra dire. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Lettre de l'Église de Smyrne sur le martyre de saint Polycarpe (69-155), évêque
V,1.VII-VIII,1 (trad. coll. Icthus, t. 2, p. 159 rev. ; cf SC 10)

« Celui qui se sera prononcé pour moi devant les hommes, le Fils de l'homme se prononcera aussi pour lui »

Le plus admirable des martyrs a été l'évêque Polycarpe. D'abord, quand il a appris tout ce qui s'était passé, il ne s'est pas troublé, il a voulu même demeurer dans la ville. Sur l'insistance de la majorité, il a fini par s'éloigner. Il s'est retiré dans une petite propriété située non loin de la cité et y a séjourné avec quelques compagnons. Nuit et jour, il ne faisait que prier pour tous les hommes et pour les églises du monde entier, ce qui était son habitude...

Des policiers à pied et à cheval se sont mis en route, armés comme s'ils couraient après un brigand. Tard dans la soirée, ils sont arrivés à la maison où se trouvait Polycarpe. Celui-ci était couché dans une pièce de l'étage supérieur ; de là il aurait encore pu gagner une autre propriété. Il ne l'a pas voulu ; il s'est contenté de dire : « Que la volonté de Dieu s'accomplisse ». Entendant la voix des policiers, il est descendu et s'est mis à causer avec eux. Son grand âge et son calme les ont frappés d'admiration : ils ne comprenaient pas pourquoi on s'était donné tant de mal pour arrêter un tel vieillard. Polycarpe s'est empressé de leur servir à manger et à boire, malgré l'heure tardive, autant qu'ils le désiraient. Il leur a seulement demandé de lui accorder une heure pour prier librement. Ils y ont consenti ; il s'est mis à prier debout, en homme qui était rempli de la grâce de Dieu. Et ainsi pendant deux heures, sans pouvoir s'arrêter, il a continué de prier à haute voix. Ses auditeurs étaient frappés de stupeur ; beaucoup regrettaient d'avoir marché contre un vieillard si saint.

Quand il eut terminé sa prière, où il avait fait mémoire de tous ceux qu'il avait connus au cours de sa longue vie, petits et grands, gens illustres et obscurs, et de toute l'Église répandue dans le monde entier, l'heure du départ était arrivée. On l'a fait monter sur un âne et on l'a conduit vers la cité de Smyrne. C'était le jour du grand sabbat.







14 octobre 2016

Evangile du jour


Vendredi 14 octobre 2016

Le vendredi de la 28e semaine du temps ordinaire

St Calixte, pape (16e) de 217 à 222 et martyr , St John (Jean) Ogilvie, prêtre s.j. martyr († 1615)

Commentaire du jour
Isaac le Syrien : « Soyez sans crainte : vous valez plus que tous les moineaux du monde »

Lc 12,1-7.

En ce temps-là, comme la foule s'était rassemblée par milliers au point qu'on s'écrasait, Jésus, s'adressant d'abord à ses disciples, se mit à dire : « Méfiez-vous du levain des pharisiens, c'est-à-dire de leur hypocrisie.
Tout ce qui est couvert d'un voile sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu.
Aussi tout ce que vous aurez dit dans les ténèbres sera entendu en pleine lumière, ce que vous aurez dit à l'oreille dans le fond de la maison sera proclamé sur les toits.
Je vous le dis, à vous mes amis : Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, et après cela ne peuvent rien faire de plus.
Je vais vous montrer qui vous devez craindre : craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir d'envoyer dans la géhenne. Oui, je vous le dis : c'est celui-là que vous devez craindre.
Est-ce que l'on ne vend pas cinq moineaux pour deux sous ? Or pas un seul n'est oublié au regard de Dieu.
À plus forte raison les cheveux de votre tête sont tous comptés. Soyez sans crainte : vous valez plus qu'une multitude de moineaux. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Isaac le Syrien (7e siècle), moine près de Mossoul
Discours spirituels, 1ère série, n° 36 (trad. Touraille, DDB 1981, p. 221)

« Soyez sans crainte : vous valez plus que tous les moineaux du monde »

Il ne faut pas sans nécessité désirer ou chercher des signes visibles, alors que le Seigneur est toujours prêt à secourir ses saints. Il ne manifeste pas sans nécessité sa puissance dans une œuvre ou un signe sensible, afin de ne pas émousser l'aide que nous recevons de lui et de ne pas nous nuire. C'est ainsi qu'il pourvoit ses saints. Il veut leur montrer que l'attention secrète qu'il leur porte ne les quitte pas un instant, mais qu'en toute chose il les laisse mener le combat à la mesure de leurs forces et se donner la peine de prier.

Mais si une difficulté les renverse quand ils sont malades ou découragés parce que leur nature est faible, lui-même fait, comme il le faut et comme il le sait, tout ce qui est en son pouvoir pour qu'ils soient aidés. Il les affermit secrètement autant qu'il le peut, pour qu'ils aient la force de supporter leurs difficultés. Car dans la confiance qu'il leur donne, il déjoue leur peine, et par la vision de cette foi, il les éveille à le glorifier... Cependant s'il est besoin que soit explicitée cette aide secrète, il le fait, mais par nécessité. Ses voies sont d'une grande sagesse ; elles se prolongent dans le besoin et la nécessité, mais pas n'importe comment.







13 octobre 2016

Evangile du jour


Jeudi 13 octobre 2016

Le jeudi de la 28e semaine du temps ordinaire

BBx 522 martyrs de la guerre d'Espagne († 1936-1939), Bse Alexandrina Maria da Costa, mystique (1904-1955)

Commentaire du jour
Sévérien de Gabala : « Un sang purificateur qui parle plus fort que celui d'Abel » (He 12,24)

Lc 11,47-54.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quel malheur pour vous, parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, alors que vos pères les ont tués.
Ainsi vous témoignez que vous approuvez les actes de vos pères, puisque eux-mêmes ont tué les prophètes, et vous, vous bâtissez leurs tombeaux.
C'est pourquoi la Sagesse de Dieu elle-même a dit : Je leur enverrai des prophètes et des apôtres ; parmi eux, ils en tueront et en persécuteront.
Ainsi cette génération devra rendre compte du sang de tous les prophètes qui a été versé depuis la fondation du monde,
depuis le sang d'Abel jusqu'au sang de Zacharie, qui a péri entre l'autel et le sanctuaire. Oui, je vous le déclare : on en demandera compte à cette génération.
Quel malheur pour vous, docteurs de la Loi, parce que vous avez enlevé la clé de la connaissance ; vous-mêmes n'êtes pas entrés, et ceux qui voulaient entrer, vous les en avez empêchés. »
Quand Jésus fut sorti de la maison, les scribes et les pharisiens commencèrent à s'acharner contre lui et à le harceler de questions ;
ils lui tendaient des pièges pour traquer la moindre de ses paroles.



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Sévérien de Gabala (?-v. 408), évêque en Syrie
Homélie sur Caïn et Abel (trad. Sr Isabelle de la Source, Lire la Bible, t. 1, p. 35 rev.)

« Un sang purificateur qui parle plus fort que celui d'Abel » (He 12,24)

Caïn et Abel avaient l'air d'honorer Dieu l'un et l'autre par un culte identique, mais en fait ils présentaient leurs offrandes avec des dispositions bien différentes. Celles de l'aîné n'avaient que l'apparence d'un don, celles du plus jeune, au contraire, témoignaient de sa révérence et de sa piété. De là sont nés des sentiments d'envie..., et Abel a été donc assassiné (Gn 4,3s)...

Je trouve en saint Abel l'image du Christ. Le Sauveur, certes, est le Juste par excellence..., mais parmi tous les hommes de l'ancienne alliance, le prince de la justice, c'est Abel... D'ailleurs le Sauveur lui-même a placé Abel à la tête la lignée des justes lorsqu'il a dit aux juifs : « Amen, je vous le dis, tout le sang des justes versé sur la terre depuis le début du monde retombera sur cette génération, depuis le sang d'Abel le juste jusqu'au sang de Zacharie, que vous avez assassiné entre le sanctuaire et l'autel »...

Chose admirable : parce qu'il a combattu le premier pour la justice, Abel a eu l'honneur de souffrir le premier pour la piété. Il est vraiment la préfiguration du Christ, qui a été mis à mort à cause de la vérité. Le sang d'Abel annonçait le sang du Christ : il criait de la terre (Gn 4,10) ; le sang du Seigneur crie lui aussi. Mais le sang d'Abel était supplication, le sang du Christ est la réconciliation du monde... C'est pourquoi l'apôtre Paul, faisant mémoire de l'un et de l'autre, confesse la supériorité du sang du Christ. Il écrit : « Nous nous sommes approchés de la montagne de Sion, de la cité du Dieu vivant, de la Jérusalem céleste, de myriades d'anges en fête, de l'assemblée des premiers-nés qui sont inscrits dans les cieux, du Dieu vivant, le Juge universel, des âmes des justes arrivés à la perfection et d'un sang purificateur qui parle plus fort que celui d'Abel » (He 12,22-24)... Oui, ce sang parle, il supplie pour les pécheurs, il intercède pour le monde. Le sang du Christ, c'est vraiment la purification du monde ; le sang du Christ, c'est la rédemption des hommes.







12 octobre 2016

Evangile du jour


Mercredi 12 octobre 2016

Le mercredi de la 28e semaine du temps ordinaire

St Serafino de Montegranaro, o.f.m. cap. (1540-1604), Bx Louis Brisson, prêtre et fond. (1817-1908)

Commentaire du jour
Isaac le Syrien : « Malheureux êtes-vous, docteurs de la Loi, parce que vous chargez les autres de fardeaux impossibles »

Lc 11,42-46.

En ce temps-là, Jésus disait : « Quel malheur pour vous, pharisiens, parce que vous payez la dîme sur toutes les plantes du jardin, comme la menthe et la rue et vous passez à côté du jugement et de l'amour de Dieu. Ceci, il fallait l'observer, sans abandonner cela.
Quel malheur pour vous, pharisiens, parce que vous aimez le premier siège dans les synagogues, et les salutations sur les places publiques.
Quel malheur pour vous, parce que vous êtes comme ces tombeaux qu'on ne voit pas et sur lesquels on marche sans le savoir. »
Alors un docteur de la Loi prit la parole et lui dit : « Maître, en parlant ainsi, c'est nous aussi que tu insultes. »
Jésus reprit : « Vous aussi, les docteurs de la Loi, malheureux êtes-vous, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter, et vous-mêmes,vous ne touchez même pas ces fardeaux d'un seul doigt. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Isaac le Syrien (7e siècle), moine près de Mossoul
Discours ascétiques, 1ère série, n°60

« Malheureux êtes-vous, docteurs de la Loi, parce que vous chargez les autres de fardeaux impossibles »

      La sobriété vigilante aide l'homme plus que les œuvres extérieures... Comment est-ce que quelqu'un pourrait vraiment dominer les désirs corporels –- le relâchement, la colère, la gourmandise –- et ne pas acquérir la douceur ? S'il s'exerce avec discernement, le détachement de tout, le refus du confort corporel et de l'opinion des autres suivent ; si, pour l'amour de Dieu, quelqu'un accueille avec diligence et joie le mal qu'on lui fait, il est pur en son cœur (Mt 5,8). Et s'il ne méprise personne, il est vraiment libre...     

      Ne nourris pas de haine pour le pécheur, car nous sommes tous coupables. Si, pour l'amour de Dieu, tu le blâmes, pleure sur lui. Pourquoi le haïrais-tu ? Ce sont ses péchés qu'il convient de haïr, tout en priant pour lui, si tu veux ressembler au Christ : loin de s'indigner contre les pécheurs, il priait pour eux (Lc 23,34)... Toi qui n'es qu'un homme, pourquoi mépriser le pécheur ? Est-ce parce qu'il lui manque ta vertu ? Mais où donc est ta vertu si tu manques de charité ?   







11 octobre 2016

Evangile du jour


Mardi 11 octobre 2016

Le mardi de la 28e semaine du temps ordinaire

St Jean XXIII, pape (261e) de 1958 à 1963, St Nicaise, prêtre, Quirin et Scubicule, martyrs († s. inc.)

Commentaire du jour
Baudouin de Ford : « Vous purifiez l'extérieur... Celui qui a fait l'extérieur n'a-t-il pas fait aussi l'intérieur ?

Lc 11,37-41.

En ce temps-là, pendant que Jésus parlait, un pharisien l'invita pour le repas de midi. Jésus entra chez lui et prit place.
Le pharisien fut étonné en voyant qu'il n'avait pas fait d'abord les ablutions précédant le repas.
Le Seigneur lui dit : « Bien sûr, vous les pharisiens, vous purifiez l'extérieur de la coupe et du plat, mais à l'intérieur de vous-mêmes vous êtes remplis de cupidité et de méchanceté.
Insensés ! Celui qui a fait l'extérieur n'a-t-il pas fait aussi l'intérieur ?
Donnez plutôt en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Baudouin de Ford (?-v. 1190), abbé cistercien, puis évêque
Homélie 6, sur la lettre aux Hébreux, 4,12 ; PL 204, 466 (trad. bréviaire, 9e vendredi ordinaire)

« Vous purifiez l'extérieur... Celui qui a fait l'extérieur n'a-t-il pas fait aussi l'intérieur ?

Le Seigneur connaît les pensées et les intentions de notre cœur. Nul doute que lui, en effet, les connaisse toutes, mais nous, nous connaissons seulement celles qu'il nous rend manifestes par la grâce du discernement. Car l'esprit de l'homme ne sait pas toujours ce qui est en lui, et même lorsqu'il s'agit de ses pensées, qu'elles soient voulues ou non, il s'en fait une idée qui ne correspond pas toujours à la réalité. Même celles qui se présentent avec évidence au regard de son esprit, il ne les discerne pas avec précision, tant son regard est obscurci.

Il arrive souvent, en effet, pour une raison humaine ou qui relève du Tentateur, qu'on soit lancé par sa propre pensée dans ce qui n'est que l'apparence de la piété, et qui, aux yeux de Dieu, ne mérite nullement la récompense promise à la vertu. C'est qu'en effet certaines choses peuvent prendre l'aspect de vertus véritables, comme d'ailleurs de vices, et tromper les yeux du cœur. Par leurs séductions, elles peuvent troubler la vue de notre intelligence au point de lui faire prendre souvent pour du bien des réalités mauvaises en fait, et inversement de lui faire discerner du mal là où, en fait, il n'y en a pas. C'est là un aspect de notre misère et de notre ignorance, qu'il nous faut beaucoup déplorer et grandement redouter...

Qui peut vérifier si les esprits viennent de Dieu, à moins d'avoir reçu de Dieu le discernement des esprits ? ... Ce discernement est à la source de toutes les vertus.







10 octobre 2016

Evangile du jour


Lundi 10 octobre 2016

Le lundi de la 28e semaine du temps ordinaire

St Daniel (Daniele) Comboni, missionnaire (1831-1881), Bse María des Épousailles, religieuse (1848-1918)

Commentaire du jour
Saint Grégoire de Nysse : « Il y a ici bien plus que Salomon »

Lc 11,29-32.

En ce temps-là, comme les foules s'amassaient, Jésus se mit à dire : « Cette génération est une génération mauvaise : elle cherche un signe, mais en fait de signe il ne lui sera donné que le signe de Jonas.
Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ; il en sera de même avec le Fils de l'homme pour cette génération.
Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera en même temps que les hommes de cette génération, et elle les condamnera. En effet, elle est venue des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici bien plus que Salomon.
Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront en même temps que cette génération, et ils la condamneront ; en effet, ils se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Grégoire de Nysse (v. 335-395), moine et évêque
Homélie 1 sur le Cantique des cantiques (trad. Migne 1992, p.40 rev.)

« Il y a ici bien plus que Salomon »

      Le texte du Cantique des cantiques de Salomon présente l'âme comme une fiancée, parée pour une union incorporelle, spirituelle et sans souillure avec Dieu. Celui qui « veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité » (1Tm 2,4) expose là le moyen le plus achevé, le moyen bienheureux d'être sauvé, j'entends celui qui passe par l'amour. Certains peuvent aussi trouver le salut dans la crainte : à considérer les châtiments qui nous menacent dans la géhenne, nous nous gardons du mal. Il en est également qui mènent une vie de droiture et de vertu parce qu'ils espèrent le salaire réservé à ceux dont l'existence a été pieuse : ils agissent ainsi non par amour du bien, mais avec l'espoir d'être récompensés.

      Or, pour s'élancer vers la perfection, on commence par chasser la crainte de son âme ; c'est éprouver un sentiment servile que de ne pas être attaché à son maître par amour... On aime « de tout son cœur, de toute son âme, de toutes ses forces » (Mc 12,30) non pas un des dons dont on est gratifié, mais celui-là même qui est la source de ces biens. Telle doit donc être l'âme d'après ce que dit Salomon...

      Crois-tu que j'évoque Salomon, le fils de Bersabée qui sur la montagne a offert mille bœufs et qui, sur les conseils de sa femme étrangère, a commis un péché ? Non. Je pense à un autre Salomon, qui est lui aussi né de la semence de David selon la chair ; il a pour nom « paix » [le nom de Salomon veut dire « homme de paix » (1 Ch 22,9)]. Il est le vrai roi d'Israël, le bâtisseur du Temple de Dieu, le détenteur de la connaissance universelle. Sa sagesse est incommensurable ; mieux, il est par essence sagesse et vérité ; son nom et sa pensée sont parfaitement divins et sublimes. Il s'est servi de Salomon comme d'un instrument et, par sa voix, c'est lui qui s'adresse à nous, d'abord dans les Proverbes, ensuite dans l'Ecclésiaste, puis dans le Cantique des cantiques. Il montre ainsi à notre réflexion, avec méthode et ordre, la façon de progresser vers la perfection.







09 octobre 2016

Evangile du jour


Dimanche 09 octobre 2016

Vingt-huitième dimanche du temps ordinaire

St Giovanni Leonardi, prêtre et fondateur (1541-1608), Bx John Henry Newman, cardinal et fond. (1801-1890)

Commentaire du jour
Saint Bruno de Segni : La foi qui purifie

Lc 17,11-19.

En ce temps-là, Jésus, marchant vers Jérusalem, traversait la région située entre la Samarie et la Galilée.
Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils s'arrêtèrent à distance
et lui crièrent : « Jésus, maître, prends pitié de nous. »
À cette vue, Jésus leur dit : « Allez vous montrer aux prêtres. » En cours de route, ils furent purifiés.
L'un d'eux, voyant qu'il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix.
Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c'était un Samaritain.
Alors Jésus prit la parole en disant : « Tous les dix n'ont-ils pas été purifiés ? Les neuf autres, où sont-ils ?
Il ne s'est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! »
Jésus lui dit : « Relève-toi et va : ta foi t'a sauvé. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Bruno de Segni (v. 1045-1123), évêque
Commentaire sur l'évangile de Luc, 2, 40 ; PL 165, 426-428 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 449)

La foi qui purifie

Que représentent les dix lépreux sinon l'ensemble des pécheurs ?... Lorsque le Christ notre Seigneur est venu, tous les hommes souffraient de la lèpre de l'âme, même s'ils n'étaient pas tous atteints de celle du corps... Or la lèpre de l'âme est bien pire que celle du corps.

Mais voyons la suite. « Ils s'arrêtèrent à distance et lui crièrent : 'Jésus, Maître, prends pitié de nous' ». Ces hommes se tenaient à distance car ils n'osaient pas, étant donné leur état, s'avancer plus près de lui. Il en va de même pour nous : tant que nous demeurons dans nos péchés, nous nous tenons à l'écart. Donc, pour retrouver la santé et guérir de la lèpre de nos péchés, supplions d'une voix forte et disons : « Jésus, Maître, prends pitié de nous ». Cette supplication ne doit toutefois pas venir de notre bouche, mais de notre cœur, car le cœur parle d'une voix plus forte. La prière du cœur pénètre dans les cieux et s'élève très haut, jusqu'au trône de Dieu.







08 octobre 2016

Evangile du jour


Samedi 08 octobre 2016

Le samedi de la 27e semaine du temps ordinaire

Ste Pélagie, vierge et martyre († v. 302), Ste Réparate, vierge et martyre († v. 250-253)

Commentaire du jour
Saint Bernard : « Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur » (Lc 1,45)

Lc 11,27-28.

En ce temps-là, comme Jésus était en train de parler, une femme éleva la voix au milieu de la foule pour lui dire : « Heureuse la mère qui t'a porté en elle, et dont les seins t'ont nourri ! »
Alors Jésus lui déclara : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l'Église
Sermon 31 sur le Cantique des Cantiques (trad. Emery rev.)

« Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur » (Lc 1,45)

Les hommes de l'ancienne alliance étaient sous le régime des symboles. Pour nous, par la grâce du Christ présent dans la chair, la vérité elle-même s'est mise à resplendir. Et pourtant, par rapport au monde à venir, nous vivons encore d'une certaine manière dans l'ombre de la vérité. L'apôtre Paul écrit : « Partielle est notre connaissance, partielle notre prophétie » (1Co 13,9) et « Non, je n'estime pas avoir déjà saisi » (Ph 3,13). En effet, comment ne pas faire de différence entre celui qui marche par la foi et celui qui se trouve dans la claire vision ? Ainsi « le juste vit de la foi » (Ha 2,4 ;Rm 1,17) — c'est le bienheureux qui exulte dans la vision de la vérité ; maintenant l'homme saint vit encore à l'ombre du Christ... Et elle est bonne, cette ombre de la foi ; elle filtre la lumière aveuglante pour notre regard encore enténébré et prépare notre œil à supporter la lumière. Il est écrit en effet : « Dieu a purifié leurs cœurs par la foi » (Ac 15,9). La foi donc n'a pas pour effet d'éteindre la lumière, mais de la conserver. Tout ce que les anges contemplent à découvert, l'ombre de la foi le garde pour moi ; elle le fait reposer dans son sein pour le révéler au moment voulu. N'est-ce pas une bonne chose qu'elle tienne enveloppé ce que tu ne peux pas encore saisir sans voile ?

D'ailleurs la mère du Seigneur vivait elle aussi dans l'ombre de la foi, puisqu'on lui a dit : « Heureuse es-tu, toi qui as cru » (Lc 1,45). Et du corps du Christ elle a aussi reçu une ombre, selon le message de l'ange : « La puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre » (Lc 1,35). Cette ombre n'a donc rien de méprisable puisque c'est la puissance du Très-Haut qui la projette. Oui vraiment, il y avait dans la chair du Christ une force qui couvrait la Vierge de son ombre, afin que l'écran de ce corps vivifiant lui permette de supporter la présence divine, de soutenir l'éclat de la lumière inaccessible, chose impossible à une femme mortelle. Cette puissance a dompté toute force adverse ; la force de cette ombre chasse les démons et protège les hommes. Puissance vraiment vivifiante et ombre vraiment rafraîchissante ! Et nous, c'est bien dans l'ombre du Christ que nous vivons, puisque nous marchons par la foi et que nous recevons la vie en étant nourris de sa chair.







07 octobre 2016

Evangile du jour


Vendredi 07 octobre 2016

Le vendredi de la 27e semaine du temps ordinaire
Notre-Dame du Rosaire

Bx Joseph (Giuseppe) Toniolo, sociologue (1845-1918), Ste Justine (Giustina), vierge et martyre († 304)

Commentaire du jour
Saint Bonaventure : « Si c'est par l'Esprit de Dieu que j'expulse les démons, c'est donc que le règne de Dieu est survenu pour vous » (Mt 12,28)

Lc 11,15-26.

En ce temps-là, comme Jésus avait expulsé un démon, certains dirent : « C'est par Béelzéboul, le chef des démons, qu'il expulse les démons. »
D'autres, pour le mettre à l'épreuve, cherchaient à obtenir de lui un signe venant du ciel.
Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit : « Tout royaume divisé contre lui-même devient désert, ses maisons s'écroulent les unes sur les autres.
Si Satan, lui aussi, est divisé contre lui-même, comment son royaume tiendra-t-il ? Vous dites en effet que c'est par Béelzéboul que j'expulse les démons.
Mais si c'est par Béelzéboul que moi, je les expulse, vos disciples, par qui les expulsent-ils ? Dès lors, ils seront eux-mêmes vos juges.
En revanche, si c'est par le doigt de Dieu que j'expulse les démons, c'est donc que le règne de Dieu est venu jusqu'à vous.
Quand l'homme fort, et bien armé, garde son palais, tout ce qui lui appartient est en sécurité.
Mais si un plus fort survient et triomphe de lui, il lui enlève son armement auquel il se fiait, et il distribue tout ce dont il l'a dépouillé.
Celui qui n'est pas avec moi est contre moi ; celui qui ne rassemble pas avec moi disperse. »
Quand l'esprit impur est sorti de l'homme, il parcourt des lieux arides en cherchant où se reposer. Et il ne trouve pas. Alors il se dit : "Je vais retourner dans ma maison, d'où je suis sorti."
En arrivant, il la trouve balayée et bien rangée.
Alors il s'en va, et il prend d'autres esprits encore plus mauvais que lui, au nombre de sept ; ils entrent et s'y installent. Ainsi, l'état de cet homme-là est pire à la fin qu'au début. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l'Église
Vie de saint François, Legenda major, ch. 12 (trad. Vorreux, Éds franciscaines 1951, p. 675)

« Si c'est par l'Esprit de Dieu que j'expulse les démons, c'est donc que le règne de Dieu est survenu pour vous » (Mt 12,28)

      Dans chacune de ses démarches, François était assisté par « l'Esprit du Seigneur », dont il avait reçu « l'onction et la mission » (Is 61,1) et par « le Christ, puissance et sagesse de Dieu » (1Co 1,24)... Sa parole était un feu ardent, pénétrant jusqu'au fond des cœurs, et remplissait d'admiration tous ses auditeurs, car elle ne faisait pas étalage d'ornements inventés par une intelligence humaine, mais ne répandait que le parfum de vérités révélées par Dieu.

      On s'en aperçut bien un jour où, devant prêcher en présence du pape et de ses cardinaux..., il avait appris par cœur un sermon soigneusement composé ; mais une fois debout au milieu de l'assemblée..., il l'oublia entièrement sans en pouvoir retrouver un seul mot. Il avoua le fait humblement, se recueillit pour invoquer la grâce de l'Esprit Saint et trouva aussitôt une éloquence si persuasive, si puissante sur l'âme de ses auditeurs illustres, que cette évidence éclatait à tous les yeux : ce n'était plus lui qui parlait, mais l'Esprit du Seigneur...

      Il n'avait pas pour habitude de caresser les vices des grands, mais d'y porter le fer ; ni de traiter avec ménagements la vie des pécheurs, mais de leur asséner des admonestations sévères. Il s'en prenait aux grands et aux petits avec la même vigueur et trouvait la même joie à s'adresser à de petits groupes qu'à des auditoires immenses. Hommes et femmes, jeunes et vieux, couraient voir et entendre cet homme nouveau envoyé du ciel ; il parcourait les provinces, annonçant avec ardeur la bonne nouvelle, « avec l'aide du Seigneur qui, à renfort de miracles, confirmait sa doctrine » (Mc 16,20). « Au nom du Seigneur », en effet, ce héraut de la vérité « chassait les démons et guérissait les malades » (Mc 16,17; 6,13).







06 octobre 2016

Evangile du jour


Jeudi 06 octobre 2016

Le jeudi de la 27e semaine du temps ordinaire

St Bruno, fondateur des Chartreux (1030-1101) , Ste Maria Francesca des cinq plaies, tertiaire (1715-1791)

Commentaire du jour
Homélie attribuée à saint Macaire d'Égypte : « Combien plus votre Père céleste donnera-t-il l'Esprit Saint ? »

Lc 11,5-13.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Imaginez que l'un de vous ait un ami et aille le trouver au milieu de la nuit pour lui demander : "Mon ami, prête-moi trois pains,
car un de mes amis est arrivé de voyage chez moi, et je n'ai rien à lui offrir."
Et si, de l'intérieur, l'autre lui répond : "Ne viens pas m'importuner ! La porte est déjà fermée ; mes enfants et moi, nous sommes couchés. Je ne puis pas me lever pour te donner quelque chose."
Eh bien ! je vous le dis : même s'il ne se lève pas pour donner par amitié, il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami, et il lui donnera tout ce qu'il lui faut.
Moi, je vous dis : Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira.
En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira.
Quel père parmi vous, quand son fils lui demande un poisson, lui donnera un serpent au lieu du poisson ?
ou lui donnera un scorpion quand il demande un œuf ?
Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l'Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Homélie attribuée à saint Macaire d'Égypte (?-390), moine
Homélie n° 16, 3ème collection (trad. SC 275, p.205)

« Combien plus votre Père céleste donnera-t-il l'Esprit Saint ? »

Pour obtenir le pain du corps, le mendiant n'éprouve aucune gêne à frapper à la porte et à réclamer ; et s'il ne reçoit pas, il entre plus avant et demande avec plus de sans-gêne du pain, un vêtement ou des sandales pour le soulagement de son corps. Tant qu'il n'a rien reçu, il ne s'en va pas, même si on le chasse. Nous qui cherchons à recevoir le pain céleste et véritable pour fortifier notre âme, nous qui désirons revêtir les vêtements célestes de lumière et aspirons à chausser les sandales immatérielles de l'Esprit pour le soulagement de l'âme immortelle, combien plus devons-nous, inlassablement et résolument, avec foi et amour, patienter toujours, frapper à la porte spirituelle de Dieu et demander avec une parfaite constance d'être jugés dignes de la vie éternelle.

C'est ainsi que le Seigneur « prononçait une parabole sur ce qu'il faut toujours prier sans se lasser » (Lc 18,1), puis ajoutait ces mots : Combien plus notre Père céleste « rendra-t-il justice à ceux qui crient vers lui nuit et jour » (v.6). Et encore, au sujet de l'ami : « Même si ce n'est pas en qualité d'ami qu'il lui donne, il se lèvera à cause de son sans-gêne et lui donnera tout ce dont il a besoin ». Il ajoute alors : « Demandez, et l'on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l'on vous ouvrira. Car celui qui demande reçoit, celui qui cherche trouve, et à celui qui frappe on ouvrira. » Et il poursuit : « Si donc vous, qui êtes mauvais, savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père céleste donnera-t-il l'Esprit Saint à ceux qui l'en prient ! » C'est pour cela que le Seigneur nous exhorte à demander toujours, inlassablement et avec ténacité, à chercher et à frapper continuellement : car il a promis de donner à ceux qui demandent, cherchent et frappent, non à ceux qui ne demandent pas. C'est en étant prié, supplié et aimé qu'il veut nous donner la vie éternelle.







05 octobre 2016

Evangile du jour


Mercredi 05 octobre 2016

Le mercredi de la 27e semaine du temps ordinaire

Ste Marie-Faustine Kowalska, apôtre de la Miséricorde Divine, Bx Alberto Marvelli, laïc, membre de l'A.C. (1918-1946)

Commentaire du jour
Saint Augustin : « Apprends-nous à prier »

Lc 11,1-4.

Il arriva que Jésus, en un certain lieu, était en prière. Quand il eut terminé, un de ses disciples lui demanda : « Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean le Baptiste, lui aussi, l'a appris à ses disciples. »
Il leur répondit : « Quand vous priez, dites : Père, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne.
Donne-nous le pain dont nous avons besoin pour chaque jour.
Pardonne-nous nos péchés, car nous-mêmes, nous pardonnons aussi à tous ceux qui ont des torts envers nous. Et ne nous laisse pas entrer en tentation.»



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église
Sermon 80

« Apprends-nous à prier »

Croyez-vous, frères, que Dieu ignore ce qui vous est nécessaire ? Celui qui connaît notre détresse connaît d'avance aussi nos désirs. C'est pourquoi, quand il enseignait le Notre Père, le Seigneur recommandait à ses disciples d'être sobres de paroles : « Lorsque vous priez, ne rabâchez pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin avant même que vous l'ayez demandé » (Mt 6,7-8). Si notre Père sait ce qui nous est nécessaire, pourquoi le lui dire, même en peu de mots ? ... Si tu le sais, Seigneur, est-il même nécessaire de te prier ?

Or celui qui nous dit ici : « Ne multipliez pas vos paroles dans vos prières » nous déclare ailleurs : « Demandez et vous recevrez », et pour qu'on ne croie pas que c'est dit en passant, il ajoute : « Cherchez et vous trouverez », et pour qu'on ne pense pas que c'est une simple manière de parler, voyez par où il termine : « Frappez, et on vous ouvrira » (Mt 7,7). Il veut donc que pour recevoir tu commences par demander, que pour trouver tu te mettes à chercher, que pour entrer enfin tu ne cesses de frapper... Pourquoi demander ? Pourquoi chercher ? Pourquoi frapper ? Pourquoi nous fatiguer à prier, à chercher, à frapper comme pour instruire celui qui sait tout déjà ? Et même nous lisons dans un autre endroit : « Il faut prier sans cesse, sans se lasser » (Lc 18,1)... Eh bien, pour éclaircir ce mystère, demande, cherche et frappe ! S'il couvre de voiles ce mystère, c'est qu'il veut t'exciter à chercher et trouver toi-même l'explication. Tous, nous devons nous encourager à prier.







04 octobre 2016

Evangile du jour


Mardi 04 octobre 2016

Le mardi de la 27e semaine du temps ordinaire

St François d'Assise, fondateur o.f.m. (1182-1226), Bx Franz Xaver Seelos, prêtre c.ss.r. († 1867)

Commentaire du jour
Saint Aelred de Rievaulx : Marthe et Marie

Lc 10,38-42.

En ce temps-là, Jésus entra dans un village. Une femme nommée Marthe le reçut.
Elle avait une sœur appelée Marie qui, s'étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole.
Quant à Marthe, elle était accaparée par les multiples occupations du service. Elle intervint et dit : « Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur m'ait laissé faire seule le service ? Dis-lui donc de m'aider. »
Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t'agites pour bien des choses.
Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Aelred de Rievaulx (1110-1167), moine cistercien
Sermon pour l'Assomption

Marthe et Marie

« Une femme nommée Marthe le reçut chez elle ; elle avait une sœur du nom de Marie ». Si notre cœur est le lieu d'habitation de Dieu, il faut que ces deux femmes y habitent : l'une qui s'assied aux pieds de Jésus pour l'écouter, l'autre qui s'occupe de le nourrir. Tant que le Christ sera sur la terre, pauvre, en proie à la faim, à la soif, à la tentation, il faudra que ces deux femmes habitent la même maison, que dans le même cœur se vivent ces deux activités...

Ainsi, durant cette vie de labeur et de misères, il faut que Marthe habite votre maison... Tant que nous aurons besoin de manger et de boire, nous aurons aussi à dompter notre chair ou notre corps par les œuvres de la veille, du jeûne et du travail. Telle est la part de Marthe. Mais il faut aussi qu'en nous soit présente Marie, l'action spirituelle. Car nous n'avons pas à nous appliquer sans arrêt aux exercices corporels, il nous faut aussi parfois nous reposer, et goûter combien le Seigneur est doux, nous asseoir pour cela aux pieds de Jésus, et écouter sa Parole.

Amis, ne négligez pas Marie pour Marthe, ni Marthe pour Marie ! Si vous négligez Marthe, qui servira Jésus ? Si vous négligez Marie, de quoi vous servira la visite de Jésus, puisque vous n'en goûterez pas la douceur ?







03 octobre 2016

Evangile du jour


Lundi 03 octobre 2016

Le lundi de la 27e semaine du temps ordinaire

St François de Borgia, général de la s.j. († 1572), St Gérard, Ier abbé de Brogne († 959)

Commentaire du jour
Saint Ambroise : « Un Samaritain...arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de pitié »

Lc 10,25-37.

En ce temps-là, voici qu'un docteur de la Loi se leva et mit Jésus à l'épreuve en disant : « Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? »
Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu'y a-t-il d'écrit ? Et comment lis-tu ? »
L'autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même. »
Jésus lui dit : « Tu as répondu correctement. Fais ainsi et tu vivras. »
Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : « Et qui est mon prochain ? »
Jésus reprit la parole : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l'avoir dépouillé et roué de coups, s'en allèrent, le laissant à moitié mort.
Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l'autre côté.
De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l'autre côté.
Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de compassion.
Il s'approcha, et pansa ses blessures en y versant de l'huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui.
Le lendemain, il sortit deux pièces d'argent, et les donna à l'aubergiste, en lui disant : "Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai."
Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l'homme tombé aux mains des bandits ? »
Le docteur de la Loi répondit : « Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi, fais de même. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l'Église
Commentaire de l'évangile de Luc, 7, 74s (trad. cf SC 52, p. 34 et Véricel, L'Evangile commenté, p. 241)

« Un Samaritain...arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de pitié »

Un Samaritain descendait par ce chemin. « Qui est descendu du ciel, sinon celui qui est monté au ciel, le Fils de l'homme, qui est au ciel ? » (cf Jn 3,13). Voyant à demi mort cet homme que personne avant lui n'avait pu guérir..., il vient près de lui ; c'est-à-dire qu'en acceptant de souffrir avec nous il s'est fait notre proche et qu'en nous prenant en pitié il s'est fait notre voisin.

« Il pansa ses plaies en y versant de l'huile et du vin ». Ce médecin a bien des remèdes par lesquels il a coutume de guérir. Ses paroles sont un remède : telle parole ligature les plaies, une autre y verse du baume, une autre le vin astringent... « Puis il le chargea sur sa propre monture ». Ecoute comment il t'y place : « C'étaient nos souffrances qu'il portait et nos douleurs dont il était accablé » (Is 53,4). Le berger aussi a placé sur ses épaules la brebis fatiguée (Lc 15,5)...

« Il le conduisit à l'hôtellerie et prit soin de lui »... Mais le Samaritain ne pouvait pas demeurer longtemps sur notre terre ; il devait retourner au lieu d'où il était descendu. Donc, « le lendemain » –- quel est ce lendemain, sinon le jour de la résurrection du Seigneur, celui dont il est dit : « Voici le jour que fit le Seigneur » (Ps 117,24) ? -– « il sortit deux pièces d'argent et les donna à l'hôtelier, en lui disant : Prends soin de lui ». Qu'est-ce que ces deux pièces ? Peut-être les deux Testaments, qui portent l'effigie du Père éternel, et aux prix desquels nos blessures sont guéries... Heureux cet hôtelier, qui peut soigner les blessures d'autrui ! Heureux celui à qui Jésus dit : « Ce que tu auras dépensé en plus, c'est moi qui te le rendrai lors de mon retour »... Il promet donc la récompense. Quand reviendras-tu, Seigneur, sinon au jour du jugement ? Bien que tu sois toujours partout, te tenant au milieu de nous sans que nous te reconnaissions, un jour viendra où toute chair te verra venir. Et tu rendras ce que tu dois. Comment le rendras-tu, Seigneur Jésus ? Tu as promis aux bons une large récompense au ciel, mais tu rendras encore plus quand tu diras : « Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t'en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître » (Mt 25,21).







02 octobre 2016

Evangile du jour


Dimanche 02 octobre 2016

Vingt-septième dimanche du temps ordinaire

Sts Anges Gardiens, Ste Jeanne-Émilie de Villeneuve, fond. des 'sœurs bleues'

Commentaire du jour
Bienheureuse Teresa de Calcutta : « Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n'avons fait que notre devoir »

Lc 17,5-10.

En ce temps-là, les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! »
Le Seigneur répondit : « Si vous aviez de la foi, gros comme une graine de moutarde, vous auriez dit à l'arbre que voici : "Déracine-toi et va te planter dans la mer", et il vous aurait obéi.
« Lequel d'entre vous, quand son serviteur aura labouré ou gardé les bêtes, lui dira à son retour des champs : "Viens vite prendre place à table" ?
Ne lui dira-t-il pas plutôt : "Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et boive. Ensuite tu mangeras et boiras à ton tour" ?
Va-t-il être reconnaissant envers ce serviteur d'avoir exécuté ses ordres ?
De même vous aussi, quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné, dites : "Nous sommes de simples serviteurs : nous n'avons fait que notre devoir." »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Bienheureuse Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité
No Greater Love (trad. Il n'y a pas de plus grand amour, Lattès 1997, p. 42)

« Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n'avons fait que notre devoir »

Sois toujours fidèle dans les petites choses, car en elles réside notre force. Pour Dieu, rien n'est petit. Il n'entend rien diminuer. Pour lui, toutes les choses sont infinies. Pratique la fidélité dans les choses les plus minimes, non pas pour leur vertu propre, mais en raison de cette grande chose qu'est la volonté de Dieu — et que, moi-même, je respecte infiniment.

Ne recherche pas des actions spectaculaires. Nous devons délibérément renoncer à tout désir de contempler le fruit de notre labeur, accomplir seulement ce que nous pouvons, du mieux que nous le pouvons, et laisser le reste entre les mains de Dieu. Ce qui importe, c'est le don de toi-même, le degré d'amour que tu mets dans chacune de tes actions.

Ne t'autorise pas le découragement face à un échec, dès lors que tu as fait de ton mieux. Refuse aussi la gloire lorsque tu réussis. Rends tout à Dieu avec la plus profonde gratitude. Si tu te sens abattu, c'est un signe d'orgueil qui montre combien tu crois en ta propre puissance. Ne te préoccupe pas plus de ce que pensent les gens. Sois humble et rien ne te dérangera jamais. Le Seigneur m'a lié là où je suis ; c'est lui qui m'en déliera.







01 octobre 2016

Evangile du jour


Samedi 01 octobre 2016

Le samedi de la 26e semaine du temps ordinaire

Ste Thérèse de l'Enfant Jésus, carm. et docteur de l'Église, St Romanos le Mélode, diacre et compositeur († après 555)

Commentaire du jour
Saint Cyrille d'Alexandrie : La révélation du mystère caché dès avant la création du monde

Lc 10,17-24.

En ce temps-là, les soixante-douze disciples revinrent tout joyeux, en disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom. »
Jésus leur dit : « Je regardais Satan tomber du ciel comme l'éclair.
Voici que je vous ai donné le pouvoir d'écraser serpents et scorpions, et sur toute la puissance de l'Ennemi : absolument rien ne pourra vous nuire.
Toutefois, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. »
À l'heure même, Jésus exulta de joie sous l'action de l'Esprit Saint, et il dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l'as voulu ainsi dans ta bienveillance.
Tout m'a été remis par mon Père. Personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père ; et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. »
Puis il se tourna vers ses disciples et leur dit en particulier : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez !
Car, je vous le déclare : beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous-mêmes voyez, et ne l'ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l'ont pas entendu. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Cyrille d'Alexandrie (380-444), évêque et docteur de l'Église
65e Homélie sur Luc (trad. Orval rev.)

La révélation du mystère caché dès avant la création du monde

Considérons les paroles que Jésus a adressées pour nous à son Père en parlant de nous : « Tu as caché toutes ces choses aux sages et aux savants, et tu les as révélées aux tout-petits. Oui, Père, tel a été ton bon plaisir ». En effet, Dieu le Père nous a révélé le mystère caché dès avant la création du monde dans le silence de Dieu, le mystère du Fils unique fait homme, le mystère connu d'avance avant la création du monde et révélé aux hommes dans les derniers temps (Rm 16,25; Col 1,26). Saint Paul écrit en effet : « Moi, qui suis le dernier de tous les fidèles, j'ai reçu la grâce d'annoncer aux nations païennes la richesse insondable du Christ, et de mettre en lumière le contenu du mystère tenu caché depuis toujours en Dieu, le créateur de toutes choses » (Ep 3,8-9).

Ce grand mystère de notre Sauveur, ce mystère digne d'être adoré, était donc caché dans la connaissance du Père, dès avant la création du monde. Nous aussi, nous sommes connus d'avance et prédestinés à être adoptés comme fils. Saint Paul encore nous l'enseigne quand il écrit : « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis au ciel de toute bénédiction spirituelle dans le Christ. Il nous a choisis en lui avant la création du monde pour que nous soyons saints et sans tache devant lui ; dans son amour il nous a destinés par avance à l'adoption filiale, en lui, par Jésus Christ » (Ep 1,3-5). Le Père nous a donc révélé, à nous les petits, le mystère tu et caché de tous temps... « À vous, dit Jésus, il est donné de connaître le mystère du Royaume des cieux » (Lc 8,10), à vous qui avez cru, qui avez connu la révélation du Christ, qui entendez la Loi en son sens spirituel, qui êtes aptes à comprendre les prophéties, qui confessez que le Christ est Dieu et Fils de Dieu, à vous à qui le Père a trouvé bon de révéler son Fils.