14 décembre 2015

Evangile du jour


lundi 14 décembre 2015

Lundi de la 3e semaine de l'Avent

St Jean de la Croix, docteur de l'Église - Mémoire, Ste Odile (Odilia), Patronne de l'Alsace

Commentaire du jour
Saint Augustin : Reconnaître la voix ; reconnaître la Parole

Mt 21,23-27.

En ce temps-là, Jésus était entré dans le Temple, et, pendant qu'il enseignait, les grands prêtres et les anciens du peuple s'approchèrent de lui et demandèrent : « Par quelle autorité fais-tu cela, et qui t'a donné cette autorité ? »
Jésus leur répliqua : « À mon tour, je vais vous poser une question, une seule ; et si vous me répondez, je vous dirai, moi aussi, par quelle autorité je fais cela :
Le baptême de Jean, d'où venait-il ? du ciel ou des hommes ? » Ils faisaient en eux-mêmes ce raisonnement : « Si nous disons : "Du ciel", il va nous dire : "Pourquoi donc n'avez-vous pas cru à sa parole ?"
Si nous disons : "Des hommes", nous devons redouter la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète. »
Ils répondirent donc à Jésus : « Nous ne savons pas ! » Il leur dit à son tour : « Moi, je ne vous dis pas non plus par quelle autorité je fais cela.



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église
Sermon 293,3, pour la nativité de saint Jean Baptiste ; PL 38, 1327 (trad. bréviaire 3e dim. Avent rev.)

Reconnaître la voix ; reconnaître la Parole

            Il est difficile de distinguer la parole de la voix, et c'est pourquoi on a pris Jean pour le Christ. On a pris la voix pour la parole ; mais la voix s'est fait connaître afin de ne pas faire obstacle à la parole. « Je ne suis pas le Messie, ni Élie, ni le grand Prophète. » On lui réplique : « Qui es-tu donc ? » Il répond : « Je suis la voix qui crie à travers le désert » (Jn 1,23)...


            Il est la voix qui rompt le silence : « Préparez la route pour le Seigneur ». Cela revient à dire : « Moi, je retentis pour faire entrer le Seigneur dans le cœur ; mais il ne daignera pas y venir, si vous ne préparez pas la route ». Que signifie : « Préparez la route », sinon : « Priez comme il faut » ? Que signifie : « Préparez la route », sinon : « Ayez des pensées humbles » ?


            Jean le précurseur vous donne lui-même un exemple d'humilité. On le prend pour le Messie, il affirme qu'il n'est pas ce qu'on pense, et il ne profite pas de l'erreur d'autrui pour se faire valoir. S'il avait dit : « Je suis le Messie », on l'aurait cru très facilement puisqu'on le croyait avant même qu'il ne parle. Il l'a nié : il s'est fait connaître, il s'est distingué du Christ, il s'est abaissé. Il a vu où se trouvait le salut. Il a compris qu'il n'était que la lampe (Jn 5,35), et il a craint qu'elle ne soit éteinte par le vent de l'orgueil.







13 décembre 2015

Evangile du jour


dimanche 13 décembre 2015

Troisième Dimanche de l'Avent

Ste Lucie de Syracuse (Sicile), vierge et martyre, Bx Antoine (Antonio) Grassi, prêtre c.o. († 1671)

Commentaire du jour
Origène : « Il tient à la main la pelle à vanner »

Lc 3,10-18.


En ce temps-là, les foules qui venaient se faire baptiser par Jean lui demandaient : « Que devons-nous faire ? »
Jean leur répondait : « Celui qui a deux vêtements, qu'il partage avec celui qui n'en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu'il fasse de même ! »
Des publicains (c'est-à-dire des collecteurs d'impôts) vinrent aussi pour être baptisés ; ils lui dirent : « Maître, que devons-nous faire ? »
Il leur répondit : « N'exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. »
Des soldats lui demandèrent à leur tour : « Et nous, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « Ne faites violence à personne, n'accusez personne à tort ; et contentez-vous de votre solde. »
Or le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n'était pas le Christ.
Jean s'adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l'eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et le feu.
Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s'éteint pas. »
Par beaucoup d'autres exhortations encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Origène (v. 185-253), prêtre et théologien
Homélies sur l'évangile de Luc, 26, 3-5; SC 87 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 317 rev.)

« Il tient à la main la pelle à vanner »

Le baptême par lequel Jésus baptise est « dans l'Esprit Saint et dans le feu ». Si tu es saint, tu seras baptisé dans l'Esprit Saint ; si tu es pécheur, tu seras plongé dans le feu. Le même baptême deviendra condamnation et feu pour les pécheurs indignes ; mais les saints, ceux qui se convertissent au Seigneur avec une foi entière, recevront la grâce du Saint Esprit et le salut.


Donc, celui dont il est dit qu'il baptise « dans l'Esprit Saint et dans le feu, tient la pelle à vanner et va nettoyer son aire à battre le blé ; il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s'éteint pas ». Je voudrais découvrir pour quel motif notre Seigneur tient la pelle à vanner, et par quel souffle la paille légère est emportée çà et là, tandis que le blé, plus lourd, s'accumule en un seul lieu, car, si le vent ne souffle pas, on ne peut pas séparer le blé de la paille.


Je crois que le vent est le symbole des tentations qui, dans la masse mélangée des croyants, révèlent que les uns sont de la paille, les autres, du froment. Car, lorsque votre âme a été dominée par une tentation, ce n'est pas la tentation qui l'a changée en paille, mais c'est parce que vous étiez de la paille, c'est-à-dire des hommes légers et sans foi, que la tentation a dévoilé votre nature cachée. En revanche, quand vous affrontez courageusement les tentations, ce n'est pas la tentation qui vous rend fidèles et constants ; elle révèle seulement les vertus de constance et de courage qui étaient en vous, mais de façon cachée... « Je t'ai affligé et je t'ai fait sentir la faim pour manifester ce que tu avais dans le cœur » (Dt 8,2).







12 décembre 2015

Evangile du jour


samedi 12 décembre 2015

Samedi de la 2e semaine de l'Avent
Notre Dame de Guadalupe (1531)

St Corentin, 1er évêque de Quimper (Ve s.), Bx Jacques (Giacomo) Capocci de Viterbe, évêque

Commentaire du jour
Saint Irénée de Lyon : « Je vous le déclare : Elie est déjà venu »

Mt 17,10-13.

Les disciples interrogèrent Jésus : « Pourquoi donc les scribes disent-ils que le prophète Élie doit venir d'abord ? »
Jésus leur répondit : « Élie va venir pour remettre toute chose à sa place.
Mais, je vous le déclare : Élie est déjà venu ; au lieu de le reconnaître, ils lui ont fait tout ce qu'ils ont voulu. Et de même, le Fils de l'homme va souffrir par eux. »
Alors les disciples comprirent qu'il leur parlait de Jean le Baptiste.



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Irénée de Lyon (v. 130-v. 208), évêque, théologien et martyr
Contre les hérésies, III, 10-11 (trad. cf. SC 34)

« Je vous le déclare : Elie est déjà venu »

    À propos de Jean le Baptiste, nous lisons chez Luc : « Il sera grand devant le Seigneur, et il ramènera beaucoup des fils d'Israël au Seigneur leur Dieu. Il marchera devant lui avec l'esprit et la puissance d'Élie, afin de préparer pour le Seigneur un peuple bien disposé » (Lc 1,15s). Pour qui donc a-t-il préparé un peuple et devant quel Seigneur a-t-il été grand ? Sans aucun doute devant celui qui a dit que Jean avait quelque chose de « plus qu'un prophète » et que « personne d'entre les enfants des femmes n'était plus grand que Jean le Baptiste » (Mt 11,9.11). Car Jean préparait un peuple en annonçant d'avance à ses compagnons de servitude la venue du Seigneur et en leur prêchant la pénitence, afin que, lorsque le Seigneur serait présent, ils soient en état de recevoir son pardon, qu'ils reviennent à celui dont ils s'étaient éloignés par leurs péchés et leurs transgressions. C'est pourquoi, en les ramenant à leur Seigneur, Jean préparait au Seigneur un peuple bien disposé, dans l'esprit et la puissance d'Élie.


    Jean l'évangéliste nous dit : « Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean. Il était venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière. Il n'était pas la Lumière, mais il venait pour lui rendre témoignage » (1,6-8). Ce précurseur, Jean le Baptiste, qui rendait témoignage à la lumière, a été envoyé sans aucun doute par le Dieu qui...avait promis par les prophètes d'envoyer son messager devant la face de son Fils pour lui préparer le chemin (Ml 3,1 ;Mc 1,2), c'est-à-dire pour rendre témoignage à la Lumière dans l'esprit et la puissance d'Élie... Précisément parce que Jean est un témoin, le Seigneur dit qu'il était plus qu'un prophète. Tous les autres prophètes ont annoncé la venue de la lumière du Père et ont désiré être jugés dignes de voir celui qu'ils prêchaient. Jean a prophétisé comme eux mais il l'a vu présent, il l'a montré et a persuadé beaucoup de croire en lui, si bien qu'il a tenu à la fois la place d'un prophète et celle d'un apôtre. Voilà pourquoi le Christ dit de lui qu'il était « plus qu'un prophète ».







11 décembre 2015

Evangile du jour


vendredi 11 décembre 2015

Vendredi de la 2e semaine de l'Avent

St Damase, pape (37e) de 366 à 384, Ste María Maravillas de Jesús, fondatrice (1891-1974)

Commentaire du jour
Liturgie latine: Se convertir en réponse aux appels répétés du Dieu qui vient

Mt 11,16-19.

À qui vais-je comparer cette génération ? Elle ressemble à des gamins assis sur les places, qui en interpellent d'autres en disant :
"Nous vous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé. Nous avons chanté des lamentations, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine."
Jean Baptiste est venu, en effet ; il ne mange pas, il ne boit pas, et l'on dit : "C'est un possédé !"
Le Fils de l'homme est venu ; il mange et il boit, et l'on dit : "Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs." Mais la sagesse de Dieu a été reconnue juste à travers ce qu'elle fait. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Liturgie latine
Conditor alme siderum, hymne des vêpres pendant l'Avent (trad. Liturgie Chorale du Peuple de Dieu)

Se convertir en réponse aux appels répétés du Dieu qui vient

Ô très doux Créateur des cieux,
Lampe éternelle des croyants,
Ô Christ, sauveur de l'univers,
Entends la voix des suppliants.

Voyant le monde empli de mort,
Dans ton amour tu prends pitié ;
Pour le sauver de son malheur,
Tu le guéris de son péché.

Quand fut venu le soir du temps,
La Vierge t'a donné le jour ;
Comme un époux de sa maison
Tu es sorti du sein très pur (cf Ps 18,5).

Toi qui viendras juger le monde,
Ô Dieu très saint, nous t'en prions,
Délivre-nous de l'ennemi
Et garde-nous durant le temps.

Devant ta face et ton pouvoir
Tous les genoux devront plier ;
Et sur la terre comme au ciel
À ton regard tout se soumet.

Louange, honneur, puissance et gloire
À Dieu le Père et à son Fils,
À l'Esprit, notre Défenseur,
Dans les éternités sans fin.







10 décembre 2015

Evangile du jour


jeudi 10 décembre 2015

Jeudi de la 2e semaine de l'Avent
Notre-Dame de Lorette

Bx Anton Durcovici, évêque et martyr en Moldavie († 1951), Bx Marcantonio Durando, prêtre et fond. (1801-1880)

Commentaire du jour
Isaac le Syrien : La violence qui s'empare du Royaume

Mt 11,11-15.

Amen, je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d'une femme, personne ne s'est levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui.
Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu'à présent, le royaume des Cieux subit la violence, et des violents cherchent à s'en emparer.
Tous les Prophètes, ainsi que la Loi, ont prophétisé jusqu'à Jean.
Et, si vous voulez bien comprendre, c'est lui, le prophète Élie qui doit venir.
Celui qui a des oreilles, qu'il entende !



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Isaac le Syrien (7e siècle), moine près de Mossoul
Discours ascétiques, 1ère série, n° 19 (trad Touraille, DDB 1981, p.129)

La violence qui s'empare du Royaume

Que rien ne t'empêche plus de t'unir au Christ... Prie sans attendre, supplie de tout ton cœur, demande ardemment, jusqu'à ce que tu reçoives. Ne te relâche pas. Ces choses te seront données si tout d'abord de toute ta foi tu te fais violence pour confier à Dieu ton souci et pour remplacer ta propre prévoyance par la providence de Dieu. Quand il verra ta volonté, quand il verra qu'en toute pureté de cœur tu t'es confié à lui plus qu'à toi-même et que tu t'es fait violence pour espérer en lui plus qu'en ton âme, alors cette puissance inconnue de toi viendra faire en toi sa demeure. Et tu sentiras dans tous tes sens la puissance de celui qui est avec toi indubitablement. Grâce à cette puissance beaucoup entrent dans le feu et ne craignent pas, marchent sur l'eau et n'hésitent pas.







09 décembre 2015

Evangile du jour


mercredi 09 décembre 2015

Mercredi de la 2e semaine de l'Avent

St Juan Diego Cuautitlatuazin, voyant (1474-1548), Ste Léocadie, vierge et martyre († 304)

Commentaire du jour
Saint Bède le Vénérable : « Prenez sur vous mon joug..., et vous trouverez le repos »

Mt 11,28-30.

En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos.
Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme.
Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Bède le Vénérable (v. 673-735), moine, docteur de l'Église
Homélie 12 pour la Vigile de la Pentecôte ; PL 94, 196-197 (trad. Orval)

« Prenez sur vous mon joug..., et vous trouverez le repos »

L'Esprit Saint donnera aux justes la paix parfaite dans l'éternité. Mais déjà maintenant il leur donne une paix très grande lorsqu'il allume en leur cœur le feu céleste de la charité. L'apôtre Paul dit en effet : « L'espérance ne trompe pas, car l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné » (Rm 5,5). La véritable et même la seule paix des âmes en ce monde consiste à être rempli de l'amour divin et animé de l'espérance du ciel au point que l'on en vienne à considérer comme peu de chose les succès ou les revers de ce monde, à se dépouiller complètement des désirs et des convoitises de ce monde, et à se réjouir des injures et persécutions subies pour le Christ, de sorte que l'on puisse dire avec l'apôtre Paul : « Nous mettons notre fierté dans l'espérance de la gloire de Dieu. Plus encore, nous mettons notre fierté dans les épreuves » (Rm 5,2).


Il se trompe celui qui imagine trouver la paix dans la jouissance des biens de ce monde, dans les richesses. Les troubles fréquents d'ici-bas et la fin même de ce monde devraient convaincre cet homme qu'il a posé les fondations de sa paix sur le sable (Mt 7,26). Au contraire, tous ceux qui, touchés par le souffle de l'Esprit Saint, ont pris sur eux le joug très bon de l'amour de Dieu et qui, à son exemple, ont appris à être doux et humbles de cœur, jouissent dès maintenant d'une paix qui est déjà l'image du repos éternel.







08 décembre 2015

Evangile du jour


mardi 08 décembre 2015



St Noël Chabanel, prêtre s.j. et martyr (1613-1649), BBx Paul Yun Ji-Chung  et 123 comp. († entre 1791 et 1888)

Commentaire du jour
Le Missel romain: « Tu l'as préservée de tout péché par une grâce venant déjà de la mort de ton Fils » (Collecte de la fête)

Lc 1,26-38.

En ce temps-là, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,
à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie.
L'ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. »
À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
L'ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus.
Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ;
il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n'aura pas de fin. »
Marie dit à l'ange : « Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d'homme ? »
L'ange lui répondit : « L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c'est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu.
Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu'on l'appelait la femme stérile.
Car rien n'est impossible à Dieu. »
Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m'advienne selon ta parole. » Alors l'ange la quitta.




Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Le Missel romain
Préface de la fête

« Tu l'as préservée de tout péché par une grâce venant déjà de la mort de ton Fils » (Collecte de la fête)

Vraiment, il est juste et bon de te rendre gloire,

de t'offrir notre action de grâce, toujours et en tout lieu,

à toi, Père très saint, Dieu éternel et tout-puissant.


Car tu as préservé la Vierge Marie

de toutes les séquelles du premier péché,

et tu l'as comblée de grâce (Lc 1,28)

pour préparer à ton Fils

une mère vraiment digne de lui ;

en elle, tu préfigurais l'Église,

la fiancée sans ride, sans tache,

resplendissante de beauté (Ep 5,27).

Cette vierge pure devait nous donner le Sauveur,

l'Agneau immaculé qui enlève nos fautes (Jn 1,29).

Choisie entre toutes les femmes,

elle intervient en faveur de ton peuple

et demeure pour lui l'idéal de la sainteté.


C'est pourquoi, avec tous les anges du ciel,

pleins de joie, nous chantons :

Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur, Dieu de l'univers !







07 décembre 2015

Evangile du jour


lundi 07 décembre 2015

Lundi de la 2e semaine de l'Avent

St Ambroise, évêque et docteur de l'Église († 397), St Charles  Garnier, prêtre s.j. et martyr (1606-1649)

Commentaire du jour
Saint Aelred de Rievaulx : « Qui peut pardonner les péchés sinon Dieu seul ? »

Lc 5,17-26.

Un jour que Jésus enseignait, il y avait dans l'assistance des pharisiens et des docteurs de la Loi, venus de tous les villages de Galilée et de Judée, ainsi que de Jérusalem ; et la puissance du Seigneur était à l'œuvre pour lui faire opérer des guérisons.
Arrivent des gens, portant sur une civière un homme qui était paralysé ; ils cherchaient à le faire entrer pour le placer devant Jésus.
Mais, ne voyant pas comment faire à cause de la foule, ils montèrent sur le toit et, en écartant les tuiles, ils le firent descendre avec sa civière en plein milieu devant Jésus.
Voyant leur foi, il dit : « Homme, tes péchés te sont pardonnés. »
Les scribes et les pharisiens se mirent à raisonner : « Qui est-il celui-là ? Il dit des blasphèmes ! Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ?»
Mais Jésus, saisissant leurs pensées, leur répondit : « Pourquoi ces pensées dans vos cœurs ?
Qu'est-ce qui est le plus facile ? Dire : "Tes péchés te sont pardonnés", ou dire : "Lève-toi et marche" ?
Eh bien ! Afin que vous sachiez que le Fils de l'homme a autorité sur la terre pour pardonner les péchés, – Jésus s'adressa à celui qui était paralysé – je te le dis, lève-toi, prends ta civière et retourne dans ta maison. »
À l'instant même, celui-ci se releva devant eux, il prit ce qui lui servait de lit et s'en alla dans sa maison en rendant gloire à Dieu.
Tous furent saisis de stupeur et ils rendaient gloire à Dieu. Remplis de crainte, ils disaient : « Nous avons vu des choses extraordinaires aujourd'hui ! »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Aelred de Rievaulx (1110-1167), moine cistercien
Sermon pour la Nativité

« Qui peut pardonner les péchés sinon Dieu seul ? »

      O malheureux Adam ! Que cherchais-tu de plus que la présence divine ? Mais, ingrat, te voilà ruminant ton méfait : « Non, je serai comme Dieu ! » (cf Gn 3,5) Quel orgueil intolérable ! Tu viens d'être fait d'argile et de boue et, dans ton insolence, tu veux être semblable à Dieu ? ... C'est ainsi que l'orgueil a engendré la désobéissance, cause de notre malheur...


      Quelle humilité pourrait compenser un tel orgueil ? Quelle obéissance d'homme pourrait racheter une telle faute ? Captif, comment l'homme pourrait-il libérer un captif ; impur, comment pourrait-il libérer un impur ? Ta créature va-t-elle donc périr, mon Dieu ? « Oublierais-tu d'avoir pitié ? Renfermerais-tu ta bonté dans ta colère ? » (Ps 76,10) Oh, non ! « —Mes pensées sont des pensées de paix, et non de malheur », dit le Seigneur (Jr 29,11).


      Hâte-toi donc, Seigneur ; viens vite ! Vois les larmes des pauvres ; vois, « la plainte des captifs monte jusqu'à toi » (Ps 78,11). Quel temps de bonheur, quel jour aimable et désiré, quand la voix du Père s'écrie : « A cause de la misère des malheureux et des larmes des pauvres, maintenant je me lève » (Ps 11,6)... Oui, « Viens nous sauver, Seigneur, viens toi-même, car il n'y a plus de saints » (Ps 11,2).







06 décembre 2015

Evangile du jour


dimanche 06 décembre 2015

Deuxième Dimanche de l'Avent

St Nicolas de Myre, archevêque († 324), Bx Jean (János) Scheffler, évêque roumain et martyr

Commentaire du jour
Origène : « Préparez le chemin du Seigneur »

Lc 3,1-6.

L'an quinze du règne de l'empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode étant alors au pouvoir en Galilée, son frère Philippe dans le pays d'Iturée et de Traconitide, Lysanias en Abilène,
les grands prêtres étant Hanne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, le fils de Zacharie.
Il parcourut toute la région du Jourdain, en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés,
comme il est écrit dans le livre des oracles d'Isaïe, le prophète :
« Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.
Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis;
et tout être vivant verra le salut de Dieu. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Origène (v. 185-253), prêtre et théologien
Homélies sur St Luc, n°22, 1-3 (trad. SC 87, p. 301 rev. Solesmes)

« Préparez le chemin du Seigneur »

Il est écrit au sujet de Jean : « Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers ». Mais la suite concerne uniquement le Seigneur notre Sauveur. Car ce n'est pas Jean qui a « comblé toute vallée », mais le Seigneur notre Sauveur. Que chacun considère ce qu'il était avant d'avoir la foi : il constatera qu'il était une vallée profonde, en pente, plongeant dans les abîmes. Mais le Seigneur Jésus est venu et a envoyé l'Esprit Saint à sa place ; alors « toute vallée a été comblée ». Elle a été comblée avec les bonnes œuvres et les fruits du Saint Esprit. La charité ne laisse pas subsister en toi de vallée et, si tu possèdes la paix, la patience et la bonté, non seulement tu cesseras d'être vallée, mais tu commenceras à devenir montagne de Dieu...


« Toute montagne et toute colline seront abaissées. » Dans ces montagnes et ces collines abaissées, on peut voir les puissances ennemies qui se dressaient contre les hommes. En effet pour que les vallées dont nous parlons soient comblées, les puissances ennemies, montagnes et collines, devront être abaissées.


Mais voyons si la prophétie suivante concernant l'avènement du Christ s'est accomplie. De fait, le texte poursuit : « Et tout ce qui était tortueux deviendra droit ». Chacun de nous était tortueux — si du moins il s'agit de ce qui était autrefois et non de ce que nous restons encore aujourd'hui — et la venue du Christ qui s'accomplit jusqu'en notre âme a redressé tout ce qui était tortueux... Prions pour que chaque jour son avènement s'accomplisse en nous et que nous puissions dire : « Je vis, mais ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi » (Ga 2,20).







05 décembre 2015

Evangile du jour


samedi 05 décembre 2015

Samedi de la 1e semaine de l'Avent

St Sabas, abbé († 531), Bx Filippo Rinaldi, 3e successeur de don Bosco (1856-1931)

Commentaire du jour
Saint Jean-Paul II : « La moisson est abondante »

Mt 9,35-38.10,1.5a.6-8.

En ce temps-là, Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant l'Évangile du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité.
Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu'elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger.
Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux.
Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson. »
Alors Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d'expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité.
Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes :
« Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d'Israël.
Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche.
Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape
Redemptoris missio, 86

« La moisson est abondante »

Si l'on regarde superficiellement notre monde, on est frappé par bien des faits négatifs qui peuvent porter au pessimisme. Mais c'est là un sentiment injustifié ; nous avons foi en Dieu, Père et Seigneur, en sa bonté et en sa miséricorde. Alors que nous sommes proches du troisième millénaire de la Rédemption, Dieu est en train de préparer pour le christianisme un grand printemps que l'on voit déjà poindre. En effet, que ce soit dans le monde non chrétien ou dans le monde de chrétienté ancienne, les peuples ont tendance à se rapprocher progressivement des idéaux et des valeurs évangéliques, tendance que l'Église s'efforce de favoriser. Aujourd'hui se manifeste parmi les peuples une nouvelle convergence à l'égard de ces valeurs : le refus de la violence et de la guerre, le respect de la personne humaine et de ses droits, la soif de liberté, de justice et de fraternité, la tendance à surmonter les racismes et les nationalismes, l'affirmation de la dignité de la femme et sa valorisation.


L'espérance chrétienne nous soutient pour nous engager à fond dans la nouvelle évangélisation et dans la mission universelle, et nous pousse à prier comme Jésus nous l'a enseigné : « Que ton Règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel » (Mt 6,10).


Les hommes qui attendent le Christ sont encore en nombre incalculable ; les espaces humains et culturels non encore atteints par l'annonce de l'Évangile ou dans lesquels l'Église est peu présente sont extrêmement vastes, au point d'exiger l'unité de toutes ses forces. En se préparant à célébrer le Jubilé de l'an deux mille, toute l'Église est encore plus engagée dans un nouvel Avent missionnaire. Nous devons entretenir en nous la passion apostolique de transmettre à d'autres la lumière et la joie de la foi, et nous devons former à cet idéal tout le Peuple de Dieu.







04 décembre 2015

Evangile du jour


vendredi 04 décembre 2015

Vendredi de la 1e semaine de l'Avent

St Clément d'Alexandrie, père de l'Église († v. 215), St Jean Damascène, prêtre et docteur de l'Église († v. 749)

Commentaire du jour
Saint Anselme : « De toi mon cœur a dit: ' Cherche son visage ' ; c'est ton visage, Seigneur, que je cherche » (Ps 26,8)

Mt 9,27-31.

En ce temps-là, Jésus était en route ; deux aveugles le suivirent, en criant : « Prends pitié de nous, fils de David ! »
Quand il fut entré dans la maison, les aveugles s'approchèrent de lui, et Jésus leur dit : « Croyez-vous que je peux faire cela ? » Ils lui répondirent : « Oui, Seigneur. »
Alors il leur toucha les yeux, en disant : « Que tout se passe pour vous selon votre foi ! »
Leurs yeux s'ouvrirent, et Jésus leur dit avec fermeté : « Attention ! que personne ne le sache ! »
Mais, une fois sortis, ils parlèrent de lui dans toute la région.



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Anselme (1033-1109), moine, évêque, docteur de l'Église
Proslogion, 1 (trad. Schmitt/Orval rev.)

« De toi mon cœur a dit: ' Cherche son visage ' ; c'est ton visage, Seigneur, que je cherche » (Ps 26,8)

       « Toi, Seigneur, jusques à quand ? » (Ps 6,4) Jusques à quand, Seigneur, nous oublieras-tu ? Combien de temps nous cacheras-tu ton visage ? (Ps 12,2) Quand nous regarderas-tu et nous exauceras-tu ? Quand éclaireras-tu nos yeux et nous montreras-tu ta face ? Quand reviendras-tu à nous ? Regarde-nous, Seigneur, éclaire-nous, montre-toi à nous. Rends-nous le bien de ta présence, nous qui, sans toi, allons si mal. Aie pitié de nos efforts laborieux vers toi, nous qui ne pouvons rien sans toi. Tu nous invites : aide-nous donc.


      Je t'en prie, Seigneur, ne me laisse pas soupirer de désespoir ; fais-moi plutôt respirer l'espérance... Qu'il me soit au moins permis d'entrevoir la lumière, même de loin, même depuis les profondeurs. Apprends-moi à te chercher et montre-toi quand je te cherche ; car je ne peux pas te chercher à moins que tu ne me guides, ni te trouver si tu ne te montres pas. Je te chercherai par mon désir et te désirerai en ma recherche. Je te trouverai en t'aimant et t'aimerai quand je te trouverai.







03 décembre 2015

Evangile du jour


jeudi 03 décembre 2015

Jeudi de la 1e semaine de l'Avent

St François-Xavier, prêtre s.j. (1506-1552), Bx Johann Nepomuceno, évêque de Trente (1777-1860)

Commentaire du jour
Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] : « Il ne suffit pas de me dire : ' Seigneur, Seigneur '... mais il faut faire la volonté de mon Père »

Mt 7,21.24-27.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ce n'est pas en me disant : "Seigneur, Seigneur !" qu'on entrera dans le royaume des Cieux, mais c'est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux.
Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc.
La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé et se sont abattus sur cette maison ; la maison ne s'est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc.
Et celui qui entend de moi ces paroles sans les mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a construit sa maison sur le sable.
La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé, ils sont venus battre cette maison ; la maison s'est écroulée, et son écroulement a été complet. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942), carmélite, martyre, copatronne de l'Europe
Das Weihnachtsgeheimnis, 31/1/1931 (trad. La crèche, Ad Solem 1995, p.42)

« Il ne suffit pas de me dire : ' Seigneur, Seigneur '... mais il faut faire la volonté de mon Père »

« Que ta volonté soit faite. » Pris dans toute sa plénitude, cet acte d'abandon doit être la règle de la vie chrétienne. Il doit régir la journée, du matin au soir, le cours de l'année, la vie entière. Tel doit être l'unique souci du chrétien ; tous les autres sont pris en charge par le Seigneur, mais celui-là reste le nôtre jusqu'à notre dernier jour. C'est un fait objectif ; nous ne sommes pas définitivement assurés de toujours rester dans les voies du Seigneur...


Dans l'enfance de la vie spirituelle, quand nous avons juste commencé à nous laisser conduire par Dieu, nous sentons, forte et ferme, sa main qui nous guide ; nous voyons de façon évidente ce que nous devons faire et ce que nous devons laisser. Mais il n'en ira pas toujours de même. Celui qui appartient au Christ doit vivre toute la vie du Christ. Il doit mûrir jusqu'à atteindre l'âge adulte du Christ, et un jour entamer son chemin de croix... Ainsi uni au Christ, le chrétien tiendra bon, même dans la nuit obscure... C'est pourquoi, encore, et précisément au cœur de la nuit la plus obscure, « que ta volonté soit faite ».







02 décembre 2015

Evangile du jour


mercredi 02 décembre 2015

Mercredi de la 1e semaine de l'Avent

Ste Bibiane, vierge et martyre († 363), St Silvère, pape (58e) et martyr († 537)

Commentaire du jour
Catéchisme de l'Église catholique: Notre pain dans le désert : l'eucharistie, gage de la gloire à venir

Mt 15,29-37.

Jésus partit de là et arriva près de la mer de Galilée. Il gravit la montagne et là, il s'assit.
De grandes foules s'approchèrent de lui, avec des boiteux, des aveugles, des estropiés, des muets, et beaucoup d'autres encore ; on les déposa à ses pieds et il les guérit.
Alors la foule était dans l'admiration en voyant des muets qui parlaient, des estropiés rétablis, des boiteux qui marchaient, des aveugles qui voyaient ; et ils rendirent gloire au Dieu d'Israël.
Jésus appela ses disciples et leur dit : « Je suis saisi de compassion pour cette foule, car depuis trois jours déjà ils restent auprès de moi, et n'ont rien à manger. Je ne veux pas les renvoyer à jeun, ils pourraient défaillir en chemin. »
Les disciples lui disent : « Où trouverons-nous dans un désert assez de pain pour rassasier une telle foule ? »
Jésus leur demanda : « Combien de pains avez-vous ? » Ils dirent : « Sept, et quelques petits poissons. »
Alors il ordonna à la foule de s'asseoir par terre.
Il prit les sept pains et les poissons ; rendant grâce, il les rompit, et il les donnait aux disciples, et les disciples aux foules.
Tous mangèrent et furent rassasiés. On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait sept corbeilles pleines.



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Catéchisme de l'Église catholique
§ 1402-1405 - Copyright © Libreria Editrice Vaticana

Notre pain dans le désert : l'eucharistie, gage de la gloire à venir

Si l'eucharistie est le mémorial de la Pâque du Seigneur, si par notre communion à l'autel nous sommes « comblés de toute bénédiction céleste et grâce » (Canon romain), l'eucharistie est aussi l'anticipation de la gloire céleste. Lors de la dernière Cène, le Seigneur a lui-même tourné le regard de ses disciples vers l'accomplissement de la Pâque dans le Royaume de Dieu : « Je vous le dis, je ne boirai plus désormais de ce produit de la vigne jusqu'au jour où je boirai avec vous le vin nouveau dans le Royaume de mon Père » (Mt 26,29). Chaque fois que l'Eglise célèbre l'eucharistie, elle se souvient de cette promesse et son regard se tourne vers « Celui qui vient » (Ap 1,4). Dans sa prière, elle appelle sa venue : « Marana tha » (1Co 16,22), « Viens, Seigneur Jésus » (Ap 22,20). « Que ta grâce vienne et que ce monde passe ! » (Didaché)


    L'Eglise sait que, dès maintenant, le Seigneur vient dans son eucharistie et qu'il est là au milieu de nous ; cependant, cette présence est voilée. C'est pour cela que nous célébrons l'eucharistie en « attendant la bienheureuse espérance et l'avènement de notre Sauveur Jésus Christ » (Tt 2,13), en demandant « d'être comblés de ta gloire, dans ton Royaume, tous ensemble et pour l'éternité, quand tu essuieras toute larme de nos yeux ; en te voyant, toi notre Dieu, tel que tu es, nous te serons semblables éternellement, et sans fin nous chanterons ta louange, par le Christ, notre Seigneur » (Prière eucharistique 3).


    De cette grande espérance, celle des cieux nouveaux et de la terre nouvelle en lesquels habitera la justice (2P 3,13), nous n'avons pas de gage plus sûr, de signe plus manifeste que l'eucharistie. En effet, chaque fois qu'est célébré ce mystère, « l'œuvre de notre rédemption s'opère » (LG 3) et nous « rompons un même pain qui est remède d'immortalité, antidote pour ne pas mourir, mais pour vivre en Jésus Christ pour toujours » (St Ignace d'Antioche).







01 décembre 2015

Evangile du jour


mardi 01 décembre 2015

Mardi de la 1e semaine de l'Avent

Bx Charles de Jésus, missionnaire et martyr, St Éloi, évêque de Noyon († 660)

Commentaire du jour
Saint Irénée de Lyon : « Beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez »

Lc 10,21-24.

À l'heure même, Jésus exulta de joie sous l'action de l'Esprit Saint, et il dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce quetu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l'as voulu ainsi dans ta bienveillance.
Tout m'a été remis par mon Père. Personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père ; et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils et celui à quile Fils veut le révéler. »
Puis il se tourna vers ses disciples et leur dit en particulier : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez !
Car, je vous le déclare : beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous-mêmes voyez, et ne l'ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et nel'ont pas entendu. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Irénée de Lyon (v. 130-v. 208), évêque, théologien et martyr
Adversus Haereses IV, 14,2 (trad. composite)

« Beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez »

Dès le commencement, Dieu a formé l'homme en vue de ses dons. Il a choisi les patriarches en vue de leur salut. Il s'est préparé un peuple, apprenant aux ignorants à suivre la trace de Dieu. Ensuite, il a instruit les prophètes pour habituer l'homme à porter son Esprit dès cette terre et à entrer en communion avec Dieu. Lui-même, certes, n'avait besoin de personne, mais à ceux qui avaient besoin de lui il offrait sa communion. Par ceux « en qui il mettait sa complaisance » (Lc 2,14), il a dessiné d'avance, tel un architecte, l'édifice du salut. Dans les ténèbres d'Égypte, il s'est fait lui-même leur guide ; au désert où ils erraient, il leur a donné une Loi très appropriée ; et à ceux qui sont entrés dans le bon pays, il a offert un héritage choisi. Enfin, pour tous ceux qui reviennent vers le Père, il a tué le veau gras, et il leur fait don de la robe précieuse (Lc 15,22).

Ainsi, de beaucoup de manières, Dieu disposait le genre humain en vue de « la musique et des danses » du salut (Lc 15,25). Voilà pourquoi Jean écrit dans l'Apocalypse : « Et sa voix était la voix des grandes eaux » (Ap 1,15). Car elles sont vraiment multiples les eaux de l'Esprit de Dieu, parce que riche et grand est le Père. Et, passant à travers tout cela, le Verbe accordait généreusement son assistance à ceux qui lui étaient soumis, donnant à toute créature des prescriptions appropriées.







30 novembre 2015

Evangile du jour


lundi 30 novembre 2015

Fête de saint André, apôtre

St André, le Protoclet, apôtre et martyr († v. 62), St Joseph Marchand, prêtre m.e.p. et martyr († 1835)

Commentaire du jour
Saint Jean Chrysostome : « Venez derrière moi, et je vous ferai pêcheur d'hommes »

Mt 4,18-22.

En ce temps-là, comme Jésus marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans la mer ; car c'étaient des pêcheurs.
Jésus leur dit : « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d'hommes. »
Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.
De là, il avança et il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque avec leur père, en train de réparer leurs filets. Il les appela.
Aussitôt, laissant la barque et leur père, ils le suivirent.



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l'Église
Homélies sur l'évangile de Matthieu, n° 14, 2

« Venez derrière moi, et je vous ferai pêcheur d'hommes »

      Quelle pêche admirable du Sauveur ! Admirez la foi et l'obéissance des disciples. La pêche, vous le savez, demande une attention ininterrompue. Or, au beau milieu de leur travail, ils entendent l'appel de Jésus et ils n'hésitent pas un instant ; ils ne disent pas : « Laisse-nous rentrer à la maison pour parler à nos proches ». Non, ils quittent tout et ils le suivent, comme Élisée a fait avec Élie (1R 19,20). Telle est l'obéissance que le Christ nous demande, sans la moindre hésitation, même si des nécessités apparemment plus urgentes nous pressent. C'est pourquoi, quand un jeune homme qui voulait le suivre a demandé s'il pouvait aller ensevelir son père, même cela, il ne le lui a pas laissé faire (Mt 8,21). Suivre Jésus, obéir à sa parole, est un devoir qui devance tous les autres.


      Tu me diras peut-être que la promesse qu'il leur faisait était très grande ? Voilà pourquoi je les admire tellement : alors qu'ils n'avaient vu encore aucun miracle, ils ont cru à une si grande promesse et ont renoncé à tout pour le suivre ! C'est parce qu'ils ont cru qu'avec les mêmes paroles par lesquelles ils avaient été pris comme à la pêche, ils pourraient en pêcher d'autres.







29 novembre 2015

Bonne et sainte temps de l'Avent

L’EVANGILE AU QUOTIDIEN - www.levangileauquotidien.org
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« Seigneur, vers qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » Jn 6, 68

Madame, Monsieur,
Chers abonnés,

Avec le début de l’Avent, toute l’équipe de l’Evangile au quotidien vous souhaite une sainte et heureuse année liturgique. Que cette nouvelle année nous donne à tous l’occasion de mieux découvrir les trésors de l’Évangile et de la foi catholique, afin de vivre dans le Christ de façon toujours plus parfaite. 

Faisons nôtre le vœu de Saint Paul : « Que le Seigneur vous donne, entre vous et à l'égard de tous les hommes, un amour de plus en plus intense et débordant, comme celui que nous avons pour vous. Et qu'ainsi il vous établisse fermement dans une sainteté sans reproche devant Dieu notre Père. » (1 Th 3, 12-13) 

Toute la liturgie de l’Avent est un immense appel à la venue du Sauveur. Pour se préparer au premier avènement du Christ, le jour de Noël, l’Église catholique a voulu faire précéder cette grande fête d’un temps destiné à la prière et à la pénitence, symbolisé, entre autres, par les ornements violets. Cet esprit de pénitence est aujourd’hui un peu oublié, même si les monastères le vivent toujours. A la faim spirituelle de Dieu correspond la pratique du jeûne, qui sert à mieux nous préparer à la prière. En effet, notre corps, en expérimentant la sensation de la faim, nous montre combien notre âme doit aspirer à Jésus, notre nourriture spirituelle. C’est ainsi que l’Eglise catholique avait institué le jeûne de l’Avent pour nous disposer à célébrer saintement la fête de Noël. Le jeûne de ce temps liturgique, uni à la prière plus intense, soutient la veille, l’attente du Verbe incarné. 

Toute prière et tout effort sont proportionnés aux capacités de chacun, et sont également dignes aux yeux de Dieu. Nous pouvons choisir, à notre mesure, d’autres pénitences, un effort d’attention aux autres, et particulièrement à ceux qui sont le plus proches de nous, qui partagent notre vie au quotidien. 

Très chers abonnés, nous vous souhaitons de vivre intensément ce temps d’attente dans la joie et l’espérance de la venue du Christ, notre Sauveur !

L’équipe française de l’Evangile au Quotidien, un service evangelizo.org

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Evangile du jour


dimanche 29 novembre 2015



St Francesco Antonio Fasani, o.f.m. conv. (1681-1742), St Saturnin, évêque et martyr († 250)

Commentaire du jour
Saint Antoine de Padoue : Les deux avènements du Seigneur

Lc 21,25-28.34-36.

En ce temps-là, Jésus parlait à ses disciples de sa venue :
« Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots.
Les hommes mourront de peur dans l'attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées.
Alors, on verra le Fils de l'homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire.
Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. »
Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s'alourdisse dans les beuveries, l'ivresse et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l'improviste
comme un filet ; il s'abattra, en effet, sur tous les habitants de la terre entière.
Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d'échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l'homme. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Antoine de Padoue (v. 1195-1231), franciscain, docteur de l'Église
Sermons pour le dimanche et les fêtes des saints, 3e dimanche Avent (trad. Bayart, Eds. Franciscaines 1944, p. 42)

Les deux avènements du Seigneur

« Réjouissez-vous dans le Seigneur, je vous le redis : réjouissez-vous » (Ph 4,4). Double joie motivée par un double bienfait : le premier et le second avènement. Nous devons nous réjouir parce que le Seigneur, à son premier avènement, nous a apporté richesses et gloire. Nous devons nous réjouir encore parce que, à son second avènement, il nous donnera « la longueur des jours sans fin » (Ps 20,5). Comme le disent les Proverbes : « La longueur des jours est dans sa droite, et sa gauche tient les richesses et la gloire » (3,16). La gauche, c'est le premier avènement, avec ses richesses glorieuses, l'humilité et la pauvreté, la patience et l'obéissance. La droite, c'est le second avènement, avec la vie éternelle.

     Du premier avènement, Isaïe parle en ces termes : « Lève-toi, lève-toi ; revêts-toi de force, ô bras du Seigneur ; lève-toi comme aux jours antiques des siècles lointains. N'as-tu pas frappé l'orgueilleux, blessé le serpent ? N'as-tu pas desséché la mer et l'eau de l'abîme agité ? N'as-tu pas fait du fond de la mer une route, où devaient passer les délivrés ? » (51,9-10). Le bras du Seigneur, c'est Jésus Christ, Fils de Dieu, par qui et en qui Dieu a fait toutes choses... Ô bras du Seigneur, ô Fils de Dieu, lève-toi ; viens à nous de la gloire de ton Père, en prenant notre chair. Revêts-toi de la force de la divinité, pour lutter contre « le prince de ce monde » (Jn 12,31) et pour « chasser le fort », toi qui es « plus fort que lui » (Lc 11,21-22). Lève-toi, pour racheter le genre humain, comme tu as délivré, aux jours antiques, le peuple d'Israël de la servitude d'Egypte... Tu as séché la mer Rouge ; ce que tu as fait, tu le feras encore..., comme tu as tracé au fond de l'enfer la route où passent les rachetés.

     Du second avènement, le Seigneur parle en ces termes dans Isaïe : « Voici que je crée Jérusalem » — la Jérusalem céleste, formée des anges et des hommes — « dans l'allégresse, et son peuple dans la joie. Et je tressaillirai dans Jérusalem, je me réjouirai dans mon peuple, et il n'y aura plus ni pleurs ni cris » (65,18-19), parce que, comme il est dit ailleurs : « Le Seigneur essuiera les larmes de tous les visages » (25,8).







28 novembre 2015

Evangile du jour


samedi 28 novembre 2015

Samedi de la 34e semaine du temps ordinaire

Ste Catherine Labouré, Fille de la charité (1806-1876), St Giacomo de la Marche, prêtre o.f.m. (1391-1476)

Commentaire du jour
Bienheureux John Henry Newman : « Restez éveillés et priez en tout temps »

Lc 21,34-36.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s'alourdisse dans les beuveries, l'ivresse et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l'improviste
comme un filet ; il s'abattra, en effet, sur tous les habitants de la terre entière.
Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d'échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l'homme. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Bienheureux John Henry Newman (1801-1890), cardinal, théologien, fondateur de l'Oratoire en Angleterre
Sermon « Watching », PPS vol. 4, n°22

« Restez éveillés et priez en tout temps »

      « Veillez ! », nous dit Jésus avec insistance... Nous n'avons pas seulement à croire, mais à veiller ; pas simplement à aimer, mais à veiller ; pas uniquement à obéir, mais à veiller. À veiller pour quoi ? Pour ce suprême événement : la venue du Christ... Il semble bien y avoir là un appel spécial, un devoir dont l'idée ne nous serait jamais venue à l'esprit autrement.


      Nous avons une idée générale de ce que veut dire croire, aimer et obéir, mais qu'est-ce donc que veiller ?... Celui-là veille dans l'attente du Christ, qui garde l'esprit sensible, ouvert, sur le qui-vive, qui reste vif, éveillé, plein de zèle à le chercher et à l'honorer. Il désire trouver le Christ dans tout ce qui arrive... Et celui-là veille avec le Christ (Mt 26,38) qui, tout en regardant l'avenir, regarde aussi le passé, contemplant ce que son Sauveur a acquis pour lui et n'oubliant pas ce que le Christ a souffert pour lui. Il veille avec le Christ celui qui remémore et renouvelle en sa propre personne la croix et à l'agonie du Christ, qui porte joyeusement la tunique que le Christ a portée jusqu'à la croix et qu'il a laissée après son Ascension.


      Souvent dans les épîtres, les écrivains inspirés expriment leur désir du second avènement, mais ils n'oublient jamais le premier : la crucifixion et la résurrection... Ainsi saint Paul invite les Corinthiens à attendre la venue du Seigneur Jésus Christ(1Co 1,7-8) et ne manque pas de leur dire de « toujours porter dans notre corps la mort du Seigneur, pour que la vie du Christ Jésus se manifeste en nous » (2Co 4,10)... La pensée de ce qu'est le Christ aujourd'hui ne doit pas effacer le souvenir de ce qu'il a été pour nous... Ainsi dans la sainte communion nous voyons en même temps la mort et la résurrection du Christ ; nous nous souvenons de l'une, nous nous réjouissons de l'autre. Nous nous offrons nous-mêmes et recevons une bénédiction.


      Veiller, c'est donc vivre détaché de ce qui est présent, vivre dans l'invisible, vivre dans la pensée du Christ tel qu'il est venu une première fois et tel qu'il doit venir, désirer son deuxième avènement à partir de notre souvenir aimant et reconnaissant du premier.    







27 novembre 2015

Evangile du jour


vendredi 27 novembre 2015

Vendredi de la 34e semaine du temps ordinaire

Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse (1830), St Maxime de Lérins, évêque de Riez († v. 460)

Commentaire du jour
Origène : « L'été est déjà proche »

Lc 21,29-33.

En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples cette parabole :
« Voyez le figuier et tous les autres arbres.
Regardez-les : dès qu'ils bourgeonnent, vous savez que l'été est tout proche.
De même, vous aussi, lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le royaume de Dieu est proche.
Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas sans que tout cela n'arrive.
Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas.



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Origène (v. 185-253), prêtre et théologien
1ère homélie sur le psaume 38 (trad. SC 411, p. 355)

« L'été est déjà proche »

       « Fais-moi connaître, Seigneur, ma fin, et quel est le nombre de mes jours pour que je sache ce qui me manque. » (Ps 38,5) Si tu me faisais connaître ma fin, dit le psalmiste, et si tu me faisais connaître quel est le nombre de mes jours, je pourrai par là-même savoir ce qui me manque. Ou peut-être, par ces mots, il semble encore indiquer ceci : tout métier a une fin ; par exemple la fin d'une entreprise de construction, c'est de faire une maison ; la fin d'un chantier naval, de construire un bateau capable de triompher des flots de la mer et de supporter l'assaut des vents ; et la fin de chaque métier est quelque chose de semblable pour laquelle le métier lui-même semble inventé. Ainsi peut-être est-il aussi une certaine fin de notre vie et du monde entier pour laquelle se fait tout ce qui se fait en notre vie, ou pour laquelle le monde lui-même a été créé ou subsiste. De cette fin, l'apôtre Paul aussi se souvient quand il dit : « Ensuite viendra la fin, quand il remettra la royauté à Dieu le Père. » (1Co 15,24) Vers cette fin-là, il faut assurément se hâter, puisque c'est le prix même de l'œuvre, ce pour quoi nous sommes créés par Dieu.


      Comme notre organisme corporel, petit et réduit au début de sa naissance, pousse pourtant et tend au terme de sa grandeur en croissant en âge, et encore comme notre âme...reçoit un langage d'abord balbutiant, puis dans la suite plus clair, pour arriver enfin à une manière de s'exprimer parfaite et correcte, de cette façon aussi toute notre vie commence à présent, certes, comme balbutiante parmi les hommes sur la terre, mais elle est achevée et parvient à son sommet dans les cieux près de Dieu.


      Pour ce motif, le prophète désire donc connaître la fin pour laquelle il a été fait, pour qu'en regardant la fin, en examinant ses jours et en considérant sa perfection, il voie ce qui lui manque par rapport à cette fin où il tend... C'est comme si ceux qui sont sortis d'Égypte avaient dit : « Fais-moi connaître, Seigneur, ma fin » qui est une terre bonne et une terre sainte, « et le nombre de mes jours » où je marche, « pour que je sache ce qui me manque », combien il m'en reste jusqu'à ce que je parvienne à la terre sainte qui m'est promise.







26 novembre 2015

Evangile du jour


jeudi 26 novembre 2015

Jeudi de la 34e semaine du temps ordinaire

Bx Giacomo Alberione, prêtre et fondateur (1884-1971), St Umile de Bisignano (I) religieux o.f.m. (1582-1637)

Commentaire du jour
Saint Bernard : Le Fils de l'homme viendra nous prendre avec lui

Lc 21,20-28.

Quand vous verrez Jérusalem encerclée par des armées, alors sachez que sa dévastation approche.
Alors, ceux qui seront en Judée, qu'ils s'enfuient dans les montagnes ; ceux qui seront à l'intérieur de la ville, qu'ils s'en éloignent ; ceux qui serontà la campagne, qu'ils ne rentrent pas en ville,
car ce seront des jours où justice sera faite pour que soit accomplie toute l'Écriture.
Quel malheur pour les femmes qui seront enceintes et celles qui allaiteront en ces jours-là, car il y aura un grand désarroi dans le pays, une grande colère contre ce peuple.
Ils tomberont sous le tranchant de l'épée, ils seront emmenés en captivité dans toutes les nations ; Jérusalem sera foulée aux pieds par des païens, jusqu'à ce que leur temps soit accompli.
Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots.
Les hommes mourront de peur dans l'attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées.
Alors, on verra le Fils de l'homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire.
Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l'Église
2ème sermon pour l'Ascension

Le Fils de l'homme viendra nous prendre avec lui

« Ce Jésus qui, en se séparant de vous, s'est élevé dans les cieux en reviendra un jour de la même manière que vous l'y avez vu monter » (Ac 1,11). Il viendra, disent ces anges, de la même manière. Viendra-t-il donc nous chercher dans ce cortège unique et universel, descendra-t-il précédé de tous les anges et suivi de tous les hommes pour juger les vivants et les morts ? Oui, il est bien certain qu'il viendra, mais il viendra de la même manière qu'il est monté aux cieux, non pas comme il en est descendu la première fois. En effet, lorsqu'il est venu autrefois pour sauver nos âmes, c'était dans l'humilité. Mais quand il viendra pour tirer ce cadavre de son sommeil de mort, pour « le rendre semblable à son corps glorieux » (Ph 3,21) et remplir d'honneur ce vase si faible aujourd'hui, il se montrera dans toute sa splendeur. Alors nous verrons dans toute sa puissance et dans sa majesté celui qui jadis s'était caché sous la faiblesse de notre chair...


Etant Dieu, le Christ ne pouvait pas grandir, car il n'y a rien au-delà de Dieu. Et pourtant il a trouvé le moyen de croître -– c'était en descendant, en venant s'incarner, souffrir, mourir pour nous arracher à la mort éternelle. « C'est pourquoi Dieu l'a exalté » (Ph 2,9). Il l'a ressuscité, il s'est assis à la droite de Dieu. Toi aussi, va et fais de même : tu ne pourras pas monter sans commencer par descendre. « Qui s'élève sera abaissé ; qui s'abaisse sera élevé » (Lc 14,11).


Heureux, Seigneur Jésus, sera celui qui n'a que toi pour guide ! Puissions-nous te suivre, nous « ton peuple et les brebis de ton bercail » (Ps 78,13), puissions-nous aller par toi vers toi, parce que tu es « la voie, la vérité, la vie » (Jn 14,6). La voie par l'exemple, la vérité par tes promesses, la vie parce que c'est toi notre récompense. « Tu as les paroles de la vie éternelle, et nous savons et nous croyons que tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Jn 6,69 ;Mt 16,16) et Dieu lui-même, plus haut que toutes choses, béni à jamais.







25 novembre 2015

Evangile du jour


mercredi 25 novembre 2015

Mercredi de la 34e semaine du temps ordinaire

Ste Catherine d'Alexandrie, vierge et martyre († v. 307), St Pierre d'Alexandrie, évêque et martyr († 311)

Commentaire du jour
Saint Grégoire de Nysse : « Détestés de tous »

Lc 21,12-19.

Mais avant tout cela, on portera la main sur vous et l'on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous fera comparaître devantdes rois et des gouverneurs, à cause de mon nom.
Cela vous amènera à rendre témoignage.
Mettez-vous donc dans l'esprit que vous n'avez pas à vous préoccuper de votre défense.
C'est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s'opposer.
Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d'entre vous.
Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom.
Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.
C'est par votre persévérance que vous garderez votre vie.



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Grégoire de Nysse (v. 335-395), moine et évêque
Instruction catéchétique, 29-30 (trad. DDB 1978, p. 78 rev. Tournay)

« Détestés de tous »

      Si le don que Dieu a fait au monde en lui envoyant son Fils est si bon, si digne de Dieu, pourquoi donc a-t-il si longtemps différé son bienfait ? Pourquoi, alors que le mal dans le monde en était encore à ses débuts, Dieu n'a-t-il pas coupé court à son développement ultérieur ? À cette objection, il y a lieu de répondre brièvement que c'est la Sagesse, la prévoyance de Dieu, l'Être bon par nature, qui a fait différer le bienfait. En effet, comme pour les maladies physiques...les médecins attendent que le mal, d'abord caché à l'intérieur du corps, se manifeste au-dehors de manière à lui appliquer le traitement qu'il faut quand il est à découvert, ainsi, une fois que la maladie du péché s'était abattue sur la race humaine, le Médecin de l'univers a attendu que ne reste dissimulée aucune forme de perversité.


      Voilà pourquoi ce n'est pas aussitôt après la jalousie de Caïn et le meurtre d'Abel son frère que Dieu a appliqué son traitement au monde... C'est lorsque le vice était arrivé à son comble et qu'il n'y avait plus aucune perversité qui ne pouvait être osée par les hommes, que Dieu s'est mis à soigner la maladie, non plus à son début, mais dans son plein développement. Ainsi le traitement divin a pu s'étendre à toute l'infirmité humaine ...


      Mais alors pourquoi la grâce de l'Évangile ne s'est-elle pas répandue tout de suite sur tous les hommes ? Certes, l'appel divin s'adresse également à tous, sans distinction de condition, d'âge ni de race... Mais celui qui a la libre disposition de toutes choses entre ses mains a poussé jusqu'à l'extrême le respect de l'homme. Il a permis que nous ayons chacun notre domaine propre dont nous sommes le seul maître : c'est la volonté, la faculté qui ignore l'esclavage, qui reste libre, fondée sur l'autonomie de la raison. La foi est donc à la libre disposition de ceux qui reçoivent l'annonce de l'Évangile.   







24 novembre 2015

Evangile du jour


mardi 24 novembre 2015

Mardi de la 34e semaine du temps ordinaire

Sts André Dung-Lac et 116 compagnons, martyrs, Bx Félix Alonso Muñiz, prêtre o.p. et martyr (1896-1936)

Commentaire du jour
Origène : Le signe du Temple

Lc 21,5-11.

En ce temps-là, comme certains parlaient du Temple, des belles pierres et des ex-voto qui le décoraient, Jésus leur déclara :

« Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n'en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. »

Ils lui demandèrent : « Maître, quand cela arrivera-t-il ? Et quel sera le signe que cela est sur le point d'arriver ? »

Jésus répondit : « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom, et diront : "C'est moi", ou encore : "Le moment est tout proche." Ne marchez pas derrière eux !

Quand vous entendrez parler de guerres et de désordres, ne soyez pas terrifiés : il faut que cela arrive d'abord, mais ce ne sera pas aussitôt la fin. »

Alors Jésus ajouta : « On se dressera nation contre nation, royaume contre royaume.

Il y aura de grands tremblements de terre et, en divers lieux, des famines et des épidémies ; des phénomènes effrayants surviendront, et de grands signes venus du ciel. »




Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Origène (v. 185-253), prêtre et théologien
Commentaire de l'évangile de Jean, 10, 226s ; PG 14, 369s (trad. cf Thèmes et figures, DDB 1984, p. 130 et SC 157, p. 520)

Le signe du Temple

      « Détruisez ce Temple et en trois jours je le relèverai. » Le Sauveur était certes capable de montrer mille autres signes, mais pour montrer « pourquoi il agissait ainsi », aucun autre n'était possible. C'est pourquoi, très à propos, il a donné une réponse qui concernait le Temple, au lieu d'autres signes sans rapport avec celui-ci. Cependant, il me semble que le Temple et le corps de Jésus doivent être interprétés comme le symbole de l'Église, puisque celle-ci est bâtie avec des « pierres vivantes, édifice spirituel pour un sacerdoce saint ». Elle est construite « sur les fondations des apôtres et des prophètes, avec pour pierre d'angle le Christ Jésus », temple véritable.


      Puisque « vous êtes le Corps du Christ et membres chacun pour sa part », même si on voit détruit l'assemblage harmonieux des pierres du temple et si, comme il est écrit dans le psaume 21, on voit tous les os du Christ disloqués dans l'assaut des épreuves et des tribulations...et les persécutions qui s'acharnent sur l'unité du temple, eh bien, le temple sera relevé et le corps ressuscitera, le troisième jour après le jour d'iniquité qui l'aura écrasé et après le jour de l'accomplissement qui suivra. Car il y aura un troisième jour dans un ciel nouveau et une terre nouvelle, quand les ossements...se dresseront au grand Jour du Seigneur, à la suite de sa victoire sur la mort. La résurrection du Christ après sa Passion et sa croix embrasse le mystère de la résurrection du Corps du Christ tout entier.


(Références bibliques : Jn 2,18-19; 1P 2,5; Ep 2,20; 1Co 12,27; Ps 21,15; 2P 3,3-10.13; Ez 37,11)    







23 novembre 2015

Evangile du jour


lundi 23 novembre 2015

Lundi de la 34e semaine du temps ordinaire

St Clément I, pape (4e) de 88 à 97 et martyr († 100), St Colomban, abbé en Émilie (v. 543-615)

Commentaire du jour
Youssef Bousnaya : « Il vit aussi une veuve indigente »

Lc 21,1-4.

En ce temps-là, comme Jésus enseignait dans le Temple, levant les yeux, il vit les gens riches qui mettaient leurs offrandes dans le Trésor.

Il vit aussi une veuve misérable y mettre deux petites pièces de monnaie.

Alors il déclara : « En vérité, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres.

Car tous ceux-là, pour faire leur offrande, ont pris sur leur superflu mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu'elle avait pour vivre. »




Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Youssef Bousnaya (v. 869-979), moine syrien
Vie et doctrine de Rabban Youssef Bousnaya par Jean Bar Kaldoum (trad. Chabot in Deseille, Evangile au désert, Cerf 1999, p. 325 rev.)

« Il vit aussi une veuve indigente »

La miséricorde ne mérite pas d'être louée seulement à cause de l'abondance des bienfaits, mais quand elle procède d'une pensée droite et miséricordieuse. Il y a des gens qui donnent et distribuent beaucoup mais qui ne sont pas tenus pour miséricordieux devant Dieu, et il y a des gens qui n'ont rien, qui ne possèdent rien, et qui ont pitié de tous dans leur cœur. Ceux-ci sont considérés devant Dieu comme de parfaits miséricordieux, et ils le sont en effet. Ne dis donc pas : « Je n'ai rien à donner aux pauvres » ; ne t'afflige pas en croyant qu'à cause de cela tu ne peux pas être miséricordieux. Si tu as quelque chose, donne ce que tu as ; si tu n'as rien, donne, ne serait-ce qu'un morceau de pain sec, avec une intention vraiment miséricordieuse et cela sera considéré devant Dieu comme la miséricorde parfaite.


Notre Seigneur n'a pas loué ceux qui jetaient beaucoup dans le tronc des offrandes ; il a loué la veuve pour y avoir mis deux piécettes qu'elle avait prises de son indigence, avec une pensée droite, pour les jeter dans le trésor de Dieu. C'est l'homme qui a pitié de ses semblables dans son cœur qui est réputé miséricordieux devant Dieu ; une intention droite sans effet visible vaut mieux que beaucoup d'œuvres éclatantes sans intention droite.







22 novembre 2015

Evangile du jour


dimanche 22 novembre 2015



Ste Cécile, vierge et martyre († 230) - Mémoire -, Bx Tommaso (Thomas) Reggio, évêque et fondateur (1818-1901)

Commentaire du jour
Saint Augustin : « Mon royaume ne vient pas de ce monde »

Jn 18,33b-37.

En ce temps-là, Pilate appela Jésus et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs ? »
Jésus lui demanda : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien d'autres te l'ont dit à mon sujet ? »
Pilate répondit : « Est-ce que je suis juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t'ont livré à moi : qu'as-tu donc fait ? »
Jésus déclara : « Ma royauté n'est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j'aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n'est pas d'ici. »
Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? » Jésus répondit : « C'est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église
Sermons sur l'évangile de Jean, n°115

« Mon royaume ne vient pas de ce monde »

      Écoutez tous, juifs et gentils... ; écoutez, tous les royaumes de la terre ! Je n'empêche pas votre domination sur ce monde, « mon Royaume n'est pas de ce monde » (Jn 18,36). Ne craignez donc pas de cette crainte insensée qui a saisi Hérode quand on lui a annoncé ma naissance... Non, dit le Sauveur, « mon Royaume n'est pas de ce monde ». Venez tous à un Royaume qui n'est pas de ce monde ; venez-y par la foi ; que la crainte ne vous rende pas cruels. Il est vrai que, dans une prophétie, le Fils de Dieu dit en parlant du Père : « Par lui, j'ai été établi roi sur Sion, sur sa montagne sainte » (Ps 2,6). Mais cette Sion et cette montagne ne sont pas de ce monde.


      Qu'est-ce en effet que son Royaume ? Ce sont ceux qui croient en lui, ceux à qui il dit : « Vous n'êtes pas du monde, comme moi, je ne suis pas du monde » (cf Jn 17,16). Et pourtant, il veut qu'ils soient dans le monde ; il prie son Père : « Je ne te demande pas de les retirer du monde mais de les garder du mal » (Jn 17,15). Car il n'a pas dit : « Mon Royaume n'est pas dans ce monde » mais bien : « Il n'est pas de ce monde ; s'il était de ce monde, mes serviteurs viendraient combattre pour que je ne sois pas livré ».


      En effet, son Royaume est vraiment ici sur terre jusqu'à la fin du monde ; jusqu'à la moisson l'ivraie est mêlée au bon grain (Mt 13,24s)... Son Royaume n'est pas d'ici car il est comme un voyageur dans ce monde. A ceux sur qui il règne, il dit : « Vous n'êtes pas du monde, car je vous ai choisis du milieu du monde » (Jn 15,19). Ils étaient donc de ce monde, quand ils n'étaient pas encore son Royaume et qu'ils appartenaient au prince de ce monde (Jn 12,3)... Tous ceux qui sont engendrés de la race d'Adam pécheur appartiennent à ce monde ; tous ceux qui ont été régénérés en Jésus Christ appartiennent à son Royaume et ne sont plus de ce monde. « Dieu nous a en effet arrachés à la puissance des ténèbres et nous a transférés dans le Royaume de son Fils bien-aimé » (Col 1,13).







21 novembre 2015

Evangile du jour


samedi 21 novembre 2015

Samedi de la 33e semaine du temps ordinaire
Présentation de la Vierge Marie - Mémoire

Bse Marie de Jésus Bon Pasteur, v. et fond. (1842-1902), Bx Roméo de Llivia (E), prêtre dominicain († 1261)

Commentaire du jour
Théodore de Mopsueste : Naître à la nouvelle création

Lc 20,27-40.

En ce temps-là, quelques sadducéens – ceux qui soutiennent qu'il n'y a pas de résurrection – s'approchèrent de Jésus

et l'interrogèrent : « Maître, Moïse nous a prescrit : Si un homme a un frère qui meurt en laissant une épouse mais pas d'enfant, il doit épouser la veuve pour susciter une descendance à son frère.

Or, il y avait sept frères : le premier se maria et mourut sans enfant ;

de même le deuxième,

puis le troisième épousèrent la veuve, et ainsi tous les sept : ils moururent sans laisser d'enfants.

Finalement la femme mourut aussi.

Eh bien, à la résurrection, cette femme-là, duquel d'entre eux sera-t-elle l'épouse, puisque les sept l'ont eue pour épouse ? »

Jésus leur répondit : « Les enfants de ce monde prennent femme et mari.

Mais ceux qui ont été jugés dignes d'avoir part au monde à venir et à la résurrection d'entre les morts ne prennent ni femme ni mari,

car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont enfants de Dieu et enfants de la résurrection.

Que les morts ressuscitent, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur le Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob.

Il n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Tous, en effet, vivent pour lui. »

Alors certains scribes prirent la parole pour dire : « Maître, tu as bien parlé. »

Et ils n'osaient plus l'interroger sur quoi que ce soit.




Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Théodore de Mopsueste (?-428), évêque et théologien
Commentaires sur l'évangile de Jean, livre 2 ; CSCO 116, p. 55 (trad. Orval rev.)

Naître à la nouvelle création

      « Baptisés dans le Christ Jésus, c'est dans sa mort que tous nous avons été baptisés. Nous avons été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions aussi dans une vie nouvelle. Si, par une mort semblable à la sienne, nous sommes devenus un seul être avec lui, nous le serons aussi par une résurrection semblable à la sienne » (Rm 6,3-5). Saint Paul nous montre ainsi clairement que notre nouvelle naissance par le baptême est le symbole de notre résurrection après la mort. Celle-ci se réalisera pour nous par la puissance de l'Esprit, selon cette parole : « Ce qui est semé dans la terre est périssable, ce qui ressuscite est impérissable ; ce qui est semé n'a plus de valeur, ce qui ressuscite est plein de gloire ; ce qui est semé est faible, ce qui ressuscite est puissant ; ce qui est semé est un corps humain, ce qui ressuscite est un corps spirituel » (1Co 15,42s). Ce qui signifie : de même qu'ici-bas notre corps, tant que l'âme est présente, jouit de la vie visible, de même alors il recevra la vie éternelle et impérissable par la puissance de l'Esprit.


      Il en est ainsi de la naissance qui nous est donnée au baptême et qui est le symbole de notre résurrection : nous y recevons la grâce par le même Esprit, mais avec mesure et comme des arrhes. Nous la recevrons en plénitude quand nous ressusciterons réellement et qu'une nature impérissable nous sera effectivement communiquée. C'est pourquoi, lorsque l'apôtre Paul parle de la vie future, il veut rassurer ses auditeurs par ces « Non seulement la création, mais nous aussi qui avons reçu les prémices de l'Esprit, nous gémissons en nous-mêmes, attendant la rédemption de notre corps » (Rm 8,23). Car si nous avons reçu dès à présent les prémices de la grâce, nous attendons de l'accueillir en plénitude quand nous sera donné le bonheur de la résurrection.