23 mars 2012

Evangile du jour

vendredi 23 mars 2012
Le vendredi de la 4e semaine de Carême

St Turibe de Mongrovejo, évêque († 1606)



Commentaire du jour
Bienheureux Jean-Paul II : « Vous me connaissez ? Et vous savez d'où je suis ? »

Les lectures du jour

Jn 7,1-2.10.25-30.


Après cela, Jésus parcourait la Galilée : il ne voulait pas parcourir la Judée parce que les Juifs cherchaient à le faire mourir.
La fête juive des Tentes approchait.
Lorsque les frères de Jésus furent montés à Jérusalem pour la fête, il y monta lui aussi, non pas ostensiblement, mais en secret.
Quelques habitants de Jérusalem disaient alors : « N'est-ce pas lui qu'on cherche à faire mourir ?
Le voilà qui parle ouvertement, et personne ne lui dit rien ! Les chefs du peuple auraient-ils vraiment reconnu que c'est lui le Messie ?
Mais lui, nous savons d'où il est. Or, lorsque le Messie viendra, personne ne saura d'où il est. »
Jésus, qui enseignait dans le Temple, s'écria : « Vous me connaissez ? Et vous savez d'où je suis ? Je ne suis pas venu de moi-même : mais celui qui m'a envoyé dit la vérité, lui que vous ne connaissez pas.
Moi, je le connais parce que je viens d'auprès de lui, et c'est lui qui m'a envoyé. »
On cherchait à l'arrêter, mais personne ne mit la main sur lui parce que son heure n'était pas encore venue.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour

Bienheureux Jean-Paul II
Encyclique « Dives in Misericordia » § 8 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

« Vous me connaissez ? Et vous savez d'où je suis ? »

      Le mystère pascal, c'est le Christ au sommet de la révélation de
l'insondable mystère de Dieu. C'est alors que s'accomplissent en plénitude
les paroles prononcées au Cénacle : « Qui m'a vu, a vu le Père » (Jn 14,9).
En effet, le Christ, que le Père « n'a pas épargné » (Rm 8,32) en faveur de
l'homme, et qui, dans sa passion et le supplice de la croix, n'a pas été
l'objet de la miséricorde humaine, a révélé dans sa résurrection la
plénitude de l'amour que le Père nourrit envers lui et, à travers lui,
envers tous les hommes. « Il n'est pas le Dieu des morts, mais des
vivants » (Mc 12,27).

      Dans sa résurrection, le Christ a révélé le Dieu de l'amour
miséricordieux, justement parce qu'il a accepté la croix comme chemin vers
la résurrection. Et c'est pourquoi, lorsque nous faisons mémoire de la
croix du Christ, de sa Passion et de sa mort, notre foi et notre espérance
se fixent sur le Ressuscité : sur ce Christ qui, « le soir de ce même jour,
le premier de la semaine..., vint au milieu de ses disciples » au Cénacle
où « ils se trouvaient..., souffla sur eux, et leur dit :  Recevez l'Esprit
Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à
qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus » (Jn 20,19s).

      Voici que le Fils de Dieu, dans sa résurrection, a fait l'expérience
radicale de la miséricorde, c'est-à-dire de l'amour du Père plus fort que
la mort. Et c'est aussi le même Christ, qui...se révèle comme source
inépuisable de la miséricorde, de l'amour...plus fort que le péché.




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22 mars 2012

Evangile du jour

jeudi 22 mars 2012
Le jeudi de la 4e semaine de Carême

Ste Léa, veuve († 384),  Bx Clemens August Graf von Galen, évêque de Münster (1878-1946)



Commentaire du jour
Saint Cyrille d'Alexandrie : « Si vous croyiez en Moïse, vous croiriez aussi en moi, car c'est de moi qu'il a parlé »

Les lectures du jour

Jn 5,31-47.


Jésus disait aux Juifs : " Si je me rendais témoignage à moi-même, mon témoignage ne serait pas vrai;
il y a quelqu'un d'autre qui me rend témoignage, et je sais que le témoignage qu'il me rend est vrai.
Vous avez envoyé une délégation auprès de Jean Baptiste, et il a rendu témoignage à la vérité.
Moi, je n'ai pas à recevoir le témoignage d'un homme, mais je parle ainsi pour que vous soyez sauvés.
Jean était la lampe qui brûle et qui éclaire, et vous avez accepté de vous réjouir un moment à sa lumière.
Mais j'ai pour moi un témoignage plus grand que celui de Jean : ce sont les œuvres que le Père m'a données à accomplir ; ces œuvres, je les fais, et elles témoignent que le Père m'a envoyé.
Et le Père qui m'a envoyé, c'est lui qui m'a rendu témoignage. Vous n'avez jamais écouté sa voix, vous n'avez jamais vu sa face,
et sa parole ne demeure pas en vous, puisque vous ne croyez pas en moi, l'envoyé du Père.
Vous scrutez les Écritures parce que vous pensez trouver en elles la vie éternelle ; or, ce sont elles qui me rendent témoignage,
et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie !
La gloire, je ne la reçois pas des hommes ;
d'ailleurs je vous connais : vous n'avez pas en vous l'amour de Dieu.
Moi, je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas ; si un autre vient en son propre nom, celui-là, vous le recevrez !
Comment pourriez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres, et qui ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique !
Ne pensez pas que c'est moi qui vous accuserai devant le Père. Votre accusateur, c'est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance.
Si vous croyiez en Moïse, vous croiriez aussi en moi, car c'est de moi qu'il a parlé dans l'Écriture.
Mais si vous ne croyez pas ce qu'il a écrit, comment croirez-vous ce que je dis ?


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour

Saint Cyrille d'Alexandrie (380-444), évêque et docteur de l'Église
Commentaire sur l'évangile de Jean, III, 3 (trad. Sr Isabelle de la Source, Lire la Bible, t. 2, p. 191)

« Si vous croyiez en Moïse, vous croiriez aussi en moi, car c'est de moi qu'il a parlé »

      Moïse a dit : « Le Seigneur notre Dieu vous suscitera, du milieu de
vos frères, un prophète semblable à moi » (Dt 18,15). Moïse explique
lui-même...ce qu'il vient d'annoncer : « C'est cela précisément que tu as
demandé au Seigneur ton Dieu sur le mont Sinaï, au jour de l'assemblée,
lorsque tu as dit : ' Nous n'écouterons pas davantage la voix du Seigneur
notre Dieu et nous ne regarderons plus ce grand feu : ce serait notre mort
' » (v. 16).

      Moïse affirme avec force qu'un rôle de médiateur lui a été assigné
alors, puisque l'assemblée des juifs était encore incapable de contempler
des réalités qui la dépassaient : vision de Dieu extraordinaire et
terrifiante pour les yeux, sons de trompettes étranges et intolérables pour
les oreilles (Ex 19,16). Le peuple avait donc la prudence de renoncer à ce
qui excédait ses forces, et la médiation de Moïse remédiait à l'infirmité
des hommes de sa génération : il était chargé de transmettre au peuple
assemblé les commandements divins.

      Mais si tu cherches à découvrir sous ce symbole la réalité
préfigurée, tu comprendras qu'elle vise le Christ, « Médiateur entre Dieu
et les hommes » (1Tm 2,5) : c'est lui qui avec sa voix humaine, voix reçue
lorsqu'il est né pour nous d'une femme, transmet aux cœurs dociles la
volonté sublime de Dieu le Père, qu'il est seul à connaître en tant que
Fils de Dieu et Sagesse de Dieu, « scrutant tout, même les profondeurs de
Dieu » (1Co 2,10). Nous ne pouvions pas atteindre avec nos yeux de chair la
gloire inexprimable, pure et nue, de celui qui est au-delà de tout -- «
l'homme ne pourra pas voir ma face, dit Dieu, et rester en vie » (Ex
33,20). Alors le Verbe, le Fils unique de Dieu, devait se conformer à notre
faiblesse en revêtant un corps humain...selon le dessein rédempteur, pour
nous révéler la volonté de Dieu le Père, comme il disait lui-même : « Tout
ce que j'ai appris de mon Père, je vous l'ai fait connaître » (Jn 15,15),
et encore : « Je ne parle pas de moi-même, mais le Père qui m'a envoyé a
commandé lui-même ce que je dois dire et faire connaître » (Jn 12,49).




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21 mars 2012

Evangile du jour

mercredi 21 mars 2012
Le mercredi de la 4e semaine de Carême

St Nicolas de Flüe, ermite († 1487),  Ste Benedetta Cambiagio (1791-1858)



Commentaire du jour
Saint Pierre Chrysologue : « Ceux qui sont dans les tombeaux vont entendre sa voix » : « Lazare, viens dehors » (Jn 11,43)

Les lectures du jour

Jn 5,17-30.


Après avoir guéri le paralysé un jour de sabbat, Jésus déclara aux Juifs : " Mon Père, jusqu'à maintenant, est toujours à l'œuvre, et moi aussi je suis à l'œuvre. "
C'est pourquoi, de plus en plus, les Juifs cherchaient à le faire mourir, car non seulement il violait le repos du sabbat, mais encore il disait que Dieu était son propre Père, et il se faisait ainsi l'égal de Dieu.
Jésus reprit donc la parole. Il leur déclarait : « Amen, amen, je vous le dis : le Fils ne peut rien faire de lui-même, il fait seulement ce qu'il voit faire par le Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement.
Car le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu'il fait. Il lui montrera des œuvres encore plus grandes, si bien que vous serez dans l'étonnement.
Comme le Père, en effet, relève les morts et leur donne la vie, le Fils, lui aussi, donne la vie à qui il veut.
Car le Père ne juge personne : il a donné au Fils tout pouvoir pour juger,
afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui ne rend pas honneur au Fils ne rend pas non plus honneur au Père, qui l'a envoyé.
Amen, amen, je vous le dis : celui qui écoute ma parole et croit au Père qui m'a envoyé, celui-là obtient la vie éternelle et il échappe au Jugement, car il est déjà passé de la mort à la vie.
Amen, amen, je vous le dis : l'heure vient - et c'est maintenant - où les morts vont entendre la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l'auront entendue vivront.
Comme le Père a la vie en lui-même, ainsi a-t-il donné au Fils d'avoir la vie en lui-même ;
et il lui a donné le pouvoir de prononcer le Jugement, parce qu'il est le Fils de l'homme.
Ne soyez pas surpris ; l'heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux vont entendre sa voix, et ils sortiront :
ceux qui ont fait le bien, ressuscitant pour entrer dans la vie ; ceux qui ont fait le mal, ressuscitant pour être jugés.
Moi, je ne peux rien faire de moi-même ; je rends mon jugement d'après ce que j'entends, et ce jugement est juste, parce que je ne cherche pas à faire ma propre volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour

Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450), évêque de Ravenne, docteur de l'Église
Sermon 53 ; PL 52, 375 ; CCL 241, 498 (trad. Année en fêtes, Migne 2000, p. 251 rev.)

« Ceux qui sont dans les tombeaux vont entendre sa voix » : « Lazare, viens dehors » (Jn 11,43)

      Le Seigneur avait ressuscité la fille de Jaïre, mais quand le cadavre
était encore chaud, quand la mort n'en était qu'à la moitié de son œuvre
(Mt 9,18s)... Il a ressuscité aussi le fils unique d'une mère, mais en
retenant la civière, en prenant les devants sur le tombeau..., avant que ce
mort n'entre complètement dans la loi de la mort (Lc 7,11s). Mais
l'ensemble de ce qui se passe à propos de Lazare est unique... : Lazare, en
qui toute la puissance de la mort a été accomplie et en qui resplendit
également l'image complète de la résurrection... En effet le Christ est
revenu le troisième jour comme Seigneur ; Lazare, comme serviteur, a été
rappelé à la vie le quatrième jour...

      Le Seigneur disait et répétait à ses disciples : « Voici que nous
montons à Jérusalem et le Fils de l'homme sera livré aux chefs des prêtres
et aux scribes ; ils le condamneront à mort et le livreront aux païens pour
qu'il soit un objet de risée, pour qu'il soit flagellé et crucifié » (Mt
20,18s). Et quand il disait cela, il les voyait devenir indécis, tristes,
sans consolation. Il savait qu'il fallait qu'ils soient accablés par le
poids de la Passion, jusqu'à ce que rien ne subsiste en eux de leur vie,
rien de leur foi, rien de leur propre lumière, mais qu'au contraire leur
cœur soit obscurci par la nuit presque totale de leur manque de foi. C'est
pourquoi il fait durer jusqu'à quatre jours la mort de Lazare... De là, ce
que dit le Seigneur à ses disciples : « Lazare est mort, et je me réjouis
de n'avoir pas été là à cause de vous » (v. 15) -- « pour que vous ayez la
foi ». La mort de Lazare était donc nécessaire, pour qu'avec Lazare la foi
des disciples aussi se lève du tombeau.

« Puisque je n'étais pas là. » Et y avait-il un lieu où le Christ
n'était pas ?... Le Christ Dieu était là, mes frères, mais le Christ homme
n'y était pas. Le Christ Dieu était là quand Lazare mourait, mais
maintenant le Christ allait venir auprès du mort, puisque le Christ
Seigneur allait entrer dans la mort : « C'est dans la mort, dans le
tombeau, aux enfers, c'est là qu'il faut que tout le pouvoir de la mort
soit abattu, par moi et par ma mort ».




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20 mars 2012

Evangile du jour

mardi 20 mars 2012
Le mardi de la 4e semaine de Carême

St Joseph BILCZEWSKI, évêque (1860-1923)



Commentaire du jour
Saint Maxime de Turin : « Veux-tu guérir ? » : le carême conduit les catéchumènes à la piscine du baptême

Les lectures du jour

Jn 5,1-16.


A l'occasion d'une fête des Juifs, Jésus monta à Jérusalem.
Or, à Jérusalem, près de la Porte des Brebis, il existe une piscine qu'on appelle en hébreu Bézatha. Elle a cinq colonnades,
sous lesquelles étaient couchés une foule de malades : aveugles, boiteux et paralysés.

Il y en avait un qui était malade depuis trente-huit ans.
Jésus, le voyant couché là, et apprenant qu'il était dans cet état depuis longtemps, lui dit : « Est-ce que tu veux retrouver la santé ? »
Le malade lui répondit : « Seigneur, je n'ai personne pour me plonger dans la piscine au moment où l'eau bouillonne ; et pendant que j'y vais, un autre descend avant moi. »
Jésus lui dit : « Lève-toi, prends ton brancard, et marche. »
Et aussitôt l'homme retrouva la santé. Il prit son brancard : il marchait ! Or, ce jour-là était un jour de sabbat.
Les Juifs dirent à cet homme que Jésus avait guéri : « C'est le sabbat ! Tu n'as pas le droit de porter ton brancard. »
Il leur répliqua : « Celui qui m'a rendu la santé, c'est lui qui m'a dit : 'Prends ton brancard, et marche ! ' »
Ils l'interrogèrent : « Quel est l'homme qui t'a dit : 'Prends-le, et marche' ? »
Mais celui qui avait été guéri ne le savait pas ; en effet, Jésus s'était éloigné, car il y avait foule à cet endroit.
Plus tard, Jésus le retrouva dans le Temple et lui dit : « Te voilà en bonne santé. Ne pèche plus, il pourrait t'arriver pire encore. »
L'homme partit annoncer aux Juifs que c'était Jésus qui lui avait rendu la santé.
Et les Juifs se mirent à poursuivre Jésus parce qu'il avait fait cela le jour du sabbat.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour

Saint Maxime de Turin (?-v. 420), évêque
Sermon pour le carême (trad. Sr Isabelle de la Source, Lire la Bible, t. 1, p. 39 rev.)

« Veux-tu guérir ? » : le carême conduit les catéchumènes à la piscine du baptême

      Le nombre de quarante, frères très chers, a une valeur symbolique,
liée au mystère de notre salut. En effet, lorsque dans les premiers temps,
la méchanceté des hommes eut envahi la surface de la terre, c'est pendant
quarante jours que Dieu a fait tomber les eaux du ciel et a inondé la terre
entière sous les pluies du déluge (Gn 7). Dès cette époque, l'histoire du
salut était donc annoncée symboliquement : pendant quarante jours, la pluie
est tombée pour purifier le monde. Maintenant, c'est aussi pendant les
quarante jours du carême que la miséricorde est offerte aux hommes pour
qu'ils se purifient...

      Oui, le déluge est le symbole du baptême ; ce qui s'est produit alors
s'accomplit encore aujourd'hui... Quand les péchés de toute la terre ont
disparu, noyés au fond de l'abîme, la sainteté a pu s'élever tout près du
ciel ; voilà ce qui se réalise maintenant aussi dans l'Église du Christ...
Portée par l'eau du baptême, elle s'élève près du ciel ; les superstitions
et les idoles sont englouties, et sur terre se répand la foi, jaillie de
l'arche du Sauveur... Certes, nous-mêmes sommes pécheurs..., et ce monde
sera détruit. Seuls échapperont à la ruine ceux que l'arche portera
enfermés en son sein. Cette arche, c'est l'Église... Oui, nous vous
l'annonçons, ce monde fera naufrage ; c'est pourquoi nous vous exhortons,
vous, tous les hommes, à vous réfugier dans ce sanctuaire.




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19 mars 2012

Evangile du jour

lundi 19 mars 2012
Solennité de saint Joseph, époux de la Vierge Marie, patron de l'Eglise universelle

Solennité de saint Joseph, époux de la Vierge Marie, patron de l'Église universelle
Bx Marcel Callo (1921-1945)



Commentaire du jour
Saint Claude la Colombière : « Ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse »

Les lectures du jour

Mt 1,16.18-21.24a.


Jacob engendra Joseph, l'époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l'on appelle Christ (ou Messie).
Voici quelle fut l'origine de Jésus Christ. Marie, la mère de Jésus, avait été accordée en mariage à Joseph ; or, avant qu'ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l'action de l'Esprit Saint.
Joseph, son époux, qui était un homme juste, ne voulait pas la dénoncer publiquement ; il décida de la répudier en secret.
Il avait formé ce projet, lorsque l'ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l'enfant qui est engendré en elle vient de l'Esprit Saint ;
elle mettra au monde un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus (c'est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l'ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour

Saint Claude la Colombière (1641-1682), jésuite
1ère Panégyrique de saint Joseph

« Ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse »

      Nous ne savons que fort peu de choses de la vie de saint Joseph.
L'Évangile ne rapporte que trois ou quatre de ses actions ; et un ancien
auteur a remarqué qu'on n'y trouve pas une de ses paroles. C'est peut-être
que...le Saint Esprit a voulu par là nous marquer le silence et l'humilité
de saint Joseph, son amour pour la solitude et la vie cachée. Quoi qu'il en
soit, nous avons fait en cela une grande perte. Si le Seigneur eût permis
qu'on eût su le détail de la vie de ce grand saint, on y aurait trouvé sans
doute de beaux exemples, de belles règles, surtout pour ceux qui vivent
dans l'état du mariage...

     Toute la vie de saint Joseph peut se diviser en deux parties : la
première est celle qui a précédé son mariage ; la seconde est celle qui l'a
suivi. Nous ne savons rien du tout de la première et nous ne savons que
très peu de choses de la seconde. Je prétends néanmoins que l'une et
l'autre ont été très saintes : la première puisqu'elle a été couronnée d'un
mariage si avantageux ; la seconde a été encore plus sainte puisqu'elle
s'est toute passée dans ce mariage...

      Quel profit doit avoir tiré saint Joseph de tant d'années de
conversation qu'il a eue presque continuellement avec la Sainte Vierge !...
Je ne doute nullement que le silence même de Marie ne fût extrêmement
édifiant et que ce ne fût assez de la regarder pour se sentir porté à aimer
Dieu et à mépriser tout le reste. Mais quels devaient être les discours
d'une âme où le Saint Esprit habitait, où Dieu avait versé la plénitude des
grâces, qui avait plus d'amour que tous les séraphins ensemble ! Quel feu
ne sortait point de cette bouche, lorsqu'elle s'ouvrait pour exprimer les
sentiments de son cœur ! Quelles froideurs, quelles glaces ce feu
n'aurait-il point dissipées ! Mais quel effet ne produisait-il point sur
Joseph qui avait déjà tant de disposition à être enflammé !... Ce grand
feu, capable d'embraser toute la terre, n'a eu que le cœur de Joseph à
échauffer et à consumer durant un si grand nombre d'années... Si elle a cru
que le cœur de saint Joseph était une partie du sien, quel soin ne
doit-elle pas avoir pris de l'enflammer de l'amour de Dieu !




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18 mars 2012

Evangile du jour

dimanche 18 mars 2012
Quatrième dimanche de Carême (Laetare)

St Cyrille de Jérusalem, évêque et docteur de l'Église († 386)



Commentaire du jour
Cardinal Joseph Ratzinger [Pape Benoît XVI] : « Ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle »

Les lectures du jour

Jn 3,14-21.


De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé,
afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle.
Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle.
Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.
Celui qui croit en lui échappe au Jugement, celui qui ne veut pas croire est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.
Et le Jugement, le voici : quand la lumière est venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises.
En effet, tout homme qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne lui soient reprochées ;
mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient reconnues comme des œuvres de Dieu. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour

Cardinal Joseph Ratzinger [Pape Benoît XVI]
Sermons de carême 1981 (trad. Au commencement, Fayard 1986, p. 84 rev.)

« Ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle »

« Ayez entre vous les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus
: lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait
à Dieu. Mais il s'anéantit lui-même, prenant condition d'esclave, et
devenant semblable aux hommes. S'étant comporté comme un homme, il
s'humilia plus encore, obéissant jusqu'à la mort, et à la mort sur une
croix ! C'est pourquoi Dieu l'a exalté et lui a donné le nom qui est
au-dessus de tout nom » (Ph 2,5-9)... Ce texte extraordinairement riche
fait clairement allusion à la première chute... Jésus Christ revient sur
les pas d'Adam. Contrairement à Adam, il est vraiment « comme Dieu » (cf Gn
3,5). Mais être comme Dieu, être égal à Dieu, c'est « être Fils » et donc
totalement relation : « Le Fils ne peut rien faire de lui-même » (Jn 5,19).
C'est pourquoi celui qui est véritablement égal à Dieu ne se cramponne pas
à son autonomie, au caractère illimité de son pouvoir et de son vouloir.
Parce qu'il parcourt le chemin inverse, il devient le tout-dépendant, il
devient le serviteur. Parce qu'il ne prend pas le chemin de la puissance,
mais celui de l'amour, il peut descendre jusqu'au mensonge d'Adam, jusqu'à
la mort, et là, ériger la vérité, donner la vie. Ainsi, le Christ devient
le nouvel Adam par qui la vie humaine prend un nouveau départ... La croix,
lieu de son obéissance, devient ainsi le vrai arbre de vie. Le Christ
devient l'image opposée au serpent, ainsi que le dit Jean dans son
évangile. De cet arbre ne vient pas la parole de tentation, mais la parole
de l'amour sauveur, la parole de l'obéissance, par laquelle Dieu lui-même
s'est fait obéissant, et nous offre ainsi son obéissance comme champ de la
liberté. La croix est l'arbre de vie à nouveau accessible. Dans sa Passion,
le Christ, pour ainsi dire, a écarté le glaive fulgurant (Gn 3,24), a
traversé le feu et a dressé la croix comme véritable axe du monde, sur
lequel se relève le monde. C'est pourquoi l'eucharistie, comme présence de
la croix, est l'arbre de vie qui reste toujours au milieu de nous et nous
invite à recevoir les fruits de la vie véritable.




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17 mars 2012

Evangile du jour

samedi 17 mars 2012
Le samedi de la 3e semaine de Carême

St Patrick, évêque († 461)



Commentaire du jour
Jean Tauler : « Deux hommes montèrent au Temple pour y prier »

Les lectures du jour

Lc 18,9-14.


Jésus dit une parabole pour certains hommes qui étaient convaincus d'être justes et qui méprisaient tous les autres :
« Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L'un était pharisien, et l'autre, publicain.
Le pharisien se tenait là et priait en lui-même : 'Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes : voleurs, injustes, adultères, ou encore comme ce publicain.
Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne. '
Le publicain, lui, se tenait à distance et n'osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : 'Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis ! '
Quand ce dernier rentra chez lui, c'est lui, je vous le déclare, qui était devenu juste, et non pas l'autre. Qui s'élève sera abaissé ; qui s'abaisse sera élevé. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour

Jean Tauler (v. 1300-1361), dominicain à Strasbourg
Sermon 48, pour le 11ème dimanche après la Trinité (trad. Cerf 1991, p. 388 rev.)

« Deux hommes montèrent au Temple pour y prier »

      Ces deux hommes montèrent au Temple. Le Temple, c'est le très aimable
fond intérieur de l'âme, dans lequel la sainte Trinité habite si
aimablement, opère si noblement, où elle a déposé si généreusement tout son
trésor, où elle prend sa complaisance et sa joie, dans la jouissance de sa
noble image et ressemblance (Gn 1,26). Personne ne peut exprimer
parfaitement la noblesse et la haute dignité de ce temple ; c'est là qu'on
doit entrer pour prier. Et pour que la prière soit bien faite, il doit y
avoir deux hommes qui y montent..., l'homme extérieur et l'homme intérieur.
La prière que fait l'homme extérieur sans l'homme intérieur ne sert pas à
grand-chose, voire à rien du tout. Pour avancer réellement dans la voie de
la prière véritable et bien faite, il n'est pas de secours plus grand et
plus utile que le précieux corps eucharistique de notre Seigneur Jésus
Christ... Mes chers enfants, vous devez être extraordinairement
reconnaissants de ce que cette grande grâce vous soit plus souvent accordée
qu'auparavant et vous devez en user plus que de tout autre secours...

      Or donc, l'un des deux hommes était un Pharisien, et l'Évangile nous
dit ce qui lui est arrivé. L'autre était un publicain, il se tenait
éloigné, il n'osait pas lever les yeux vers le ciel et disait : « Seigneur,
aie pitié de moi, pauvre pécheur » ; pour celui-ci sa prière s'est terminée
heureusement. En vérité, je voudrais agir comme il l'a fait et considérer
continuellement mon néant. Ce serait la voie la plus noble et la plus utile
qu'on puisse jamais suivre. Ce chemin amène sans cesse et sans
intermédiaire Dieu à l'homme, car où Dieu vient avec sa miséricorde, il
vient avec tout son être, il vient lui-même.

      Or, il arrive que les sentiments de ce publicain entrent dans l'âme
de certaines gens, et alors, dans la conscience de leurs péchés, ils
veulent fuir Dieu et le Saint Sacrement, disant qu'ils n'osent pas en
approcher. Non, mes chers enfants, vous devez au contraire aller beaucoup
plus volontiers à la communion, afin d'être affranchis de vos fautes et
dire : « Venez, Seigneur, venez bien vite, avant que mon âme ne périsse
dans le péché ; il est nécessaire que vous veniez promptement avant qu'elle
ne périsse tout à fait » (cf Jn 4,49).




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16 mars 2012

Evangile du jour

vendredi 16 mars 2012
Le vendredi de la 3e semaine de Carême

Bse Bénédicte, clarisse († 1260),  St Julien d'Antioche, martyr (IVe s.)



Commentaire du jour
Saint Alphonse-Marie de Liguori : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur »

Les lectures du jour

Mc 12,28b-34.


Un scribe qui avait entendu la discussion, et remarqué que Jésus avait bien répondu, s'avança pour lui demander : « Quel est le premier de tous les commandements ? »
Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l'unique Seigneur.
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.
Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »
Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as raison de dire que Dieu est l'Unique et qu'il n'y en a pas d'autre que lui.
L'aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices. »
Jésus, voyant qu'il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n'es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n'osait plus l'interroger.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour

Saint Alphonse-Marie de Liguori (1696-1787), évêque et docteur de l'Église
6e Discours pour la neuvaine de Noël (trad. Éds Saint-Paul 1993, p. 91 rev.)

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur »

      Les grands de la terre se font gloire de posséder des royaumes et des
richesses. Jésus Christ trouve tout son bonheur à régner sur nos cœurs ;
c'est là la souveraineté qu'il convoite et qu'il a décidé de conquérir par
sa mort sur la croix : « Il a reçu le pouvoir sur ses épaules » (Is 9,5).
Par ces paroles, plusieurs interprètes...comprennent la croix que notre
divin Rédempteur a portée sur ses épaules. « Ce Roi du ciel, remarque
Cornelius a Lapide, est un maître bien différent du démon : celui-ci charge
de lourds fardeaux les épaules de ses esclaves. Jésus, au contraire, prend
sur lui-même tout le poids de sa souveraineté ; il embrasse la croix et
veut y mourir pour régner sur nos cœurs ». Et Tertullien dit que tandis que
les monarques de la terre « portent le sceptre à la main et la couronne sur
la tête comme emblèmes de leur puissance, Jésus Christ a porté la croix sur
ses épaules. Et la croix a été le trône où il est monté pour fonder son
règne d'amour »...

      Hâtons-nous donc de consacrer tout l'amour de notre cœur à ce Dieu
qui, pour l'obtenir, a sacrifié son sang, sa vie, tout lui-même. « Si tu
savais le don de Dieu, disait Jésus à la Samaritaine, et qui est celui qui
te dit : ' Donne-moi à boire ' » (Jn 4,10). C'est-à-dire : si tu savais la
grandeur de la grâce que tu reçois de Dieu... Oh, si l'âme comprenait
quelle grâce extraordinaire Dieu lui fait quand il réclame son amour en ces
termes : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu ». Un sujet qui entendrait son
prince lui dire : « Aime-moi », ne serait-il pas captivé par cette
invitation ? Et Dieu ne réussirait pas à gagner notre cœur, alors qu'il
nous le demande avec tant de bonté : « Mon fils, donne-moi ton cœur » ? (Pr
23,26) Mais ce cœur, Dieu ne le veut pas à moitié ; il le veut tout entier,
sans réserve ; c'est son précepte : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de
tout ton cœur ».




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15 mars 2012

Evangile du jour

jeudi 15 mars 2012
Le jeudi de la 3e semaine de Carême

Ste Louise de Marillac, fondatrice des filles de la Charité (1591-1660)



Commentaire du jour
Saint Amédée de Lausanne : Le doigt de Dieu

Les lectures du jour

Lc 11,14-23.


Jésus expulsait un démon qui rendait un homme muet. Lorsque le démon fut sorti, le muet se mit à parler, et la foule fut dans l'admiration.
Mais certains se mirent à dire : « C'est par Béelzéboul, le chef des démons, qu'il expulse les démons. »
D'autres, pour le mettre à l'épreuve, lui réclamaient un signe venant du ciel.
Jésus, connaissant leurs intentions, leur dit : « Tout royaume divisé devient un désert, ses maisons s'écroulent les unes sur les autres.
Si Satan, lui aussi, est divisé, comment son royaume tiendra-t-il ? Vous dites que c'est par Béelzéboul que j'expulse les démons.
Et si c'est par Béelzéboul que moi, je les expulse, vos disciples, par qui les expulsent-ils ? C'est pourquoi ils seront eux-mêmes vos juges.
Mais si c'est par le doigt de Dieu que j'expulse les démons, c'est donc que le règne de Dieu est survenu pour vous.
Quand l'homme fort et bien armé garde son palais, tout ce qui lui appartient est en sécurité.
Mais si un plus fort intervient et triomphe de lui, il lui enlève l'équipement de combat qui lui donnait confiance, et il distribue tout ce qu'il lui a pris.
Celui qui n'est pas avec moi est contre moi ; celui qui ne rassemble pas avec moi disperse.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour

Saint Amédée de Lausanne (1108-1159), moine cistercien, puis évêque
4e Homélie mariale ; SC 72 (trad. SC, p. 115 rev.)

Le doigt de Dieu

      « Que ta main intervienne pour me secourir ! » (Ps 118,173) C'est le
Fils unique du Père qu'on appelle la main de Dieu, lui par qui Dieu a tout
créé. Cette main est intervenue quand elle a pris notre chair, non
seulement en ne causant aucune blessure à sa mère, mais encore, selon le
témoignage du prophète, en prenant sur elle nos maladies, en se chargeant
de nos souffrances (Is 53,4).

      Oui vraiment, cette main toute pleine de remèdes et de médicaments a
guéri toute maladie. Elle a écarté tout ce qui conduit à la mort ; elle a
ressuscité des morts ; elle a brisé les portes de l'enfer ; elle a enchaîné
le fort et l'a dépouillé de ses armes ; elle a ouvert le ciel ; elle a
répandu l'Esprit d'amour dans le cœur des siens. Cette main délivre les
prisonniers et éclaire les aveugles ; elle relève ceux qui sont tombés ;
elle aime les justes et garde les étrangers ; elle accueille l'orphelin et
la veuve. Elle arrache à la tentation ceux qui sont menacés d'y succomber ;
elle restaure par son réconfort ceux qui souffrent ; elle redonne la joie
aux affligés ; elle abrite sous son ombre ceux qui peinent ; elle écrit
pour ceux qui veulent méditer sa Loi ; elle touche et bénit le cœur de ceux
qui prient ; elle les affermit dans l'amour par son contact ; elle les fait
progresser et persévérer dans leurs œuvres. Enfin, elle les conduit à la
patrie ; elle les ramène au Père.

      Car si elle s'est faite chair, c'est pour attirer l'homme par un
homme, unissant notre chair à sa chair, pour ramener dans son amour la
brebis errante à Dieu, le Père tout-puissant et invisible. Puisque cette
brebis, pour avoir quitté Dieu, était tombée dans la chair, il était
nécessaire que le mystère de l'Incarnation de cette main la conduise, pour
la soulever et pour la ramener au Père (Lc 15,4s).    




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14 mars 2012

Evangile du jour

mercredi 14 mars 2012
Le mercredi de la 3e semaine de Carême

Ste Mathilde de Germanie, veuve (+ 968)



Commentaire du jour
Saint Augustin : « Je ne suis pas venu abolir la Loi ou les Prophètes ; je ne suis pas venu abolir mais accomplir »

Les lectures du jour

Mt 5,17-19.


Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Ne pensez pas que je suis venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.
Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas une lettre, pas un seul petit trait ne disparaîtra de la Loi jusqu'à ce que tout se réalise.
Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le Royaume des cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera sera déclaré grand dans le Royaume des cieux.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour

Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église
De l'esprit et de la lettre, 28-30 ; PL 44, 217s

« Je ne suis pas venu abolir la Loi ou les Prophètes ; je ne suis pas venu abolir mais accomplir »

La grâce, autrefois comme voilée dans l'Ancien Testament, a été
révélée pleinement dans l'Évangile du Christ par une disposition
harmonieuse des temps, comme Dieu a coutume de disposer harmonieusement
toute chose... Mais à l'intérieur de cette admirable harmonie, on constate
une grande différence entre deux époques. Au Sinaï, le peuple n'osait pas
s'approcher du lieu où le Seigneur donnait sa Loi ; au Cénacle, le Saint
Esprit descend sur ceux qui se sont rassemblés en attendant
l'accomplissement de la promesse (Ex 19,23; Ac 2,1). D'abord, le doigt de
Dieu a gravé ses lois sur des tables de pierre ; maintenant c'est dans le
cœur des hommes qu'il l'écrit (Ex 31,18; 2Co 3,3). Autrefois, la Loi était
écrite au-dehors et inspirait la peur aux pécheurs ; maintenant, c'est
intérieurement qu'elle leur est donnée pour les rendre justes...

En effet, comme le dit l'apôtre Paul, tout ce qui est écrit sur les
tables de pierre, « tu ne commettras pas d'adultère, tu ne tueras pas...,
tu ne convoiteras pas et d'autres choses semblables, se résume dans ce seul
commandement : tu aimeras ton prochain comme toi-même. L'amour du prochain
n'accomplit aucun mal. La plénitude de la Loi, c'est la charité » (Rm
13,9s; Lv 19,18)... Cette charité a été « répandue dans nos cœurs par
l'Esprit Saint qui nous a été donné » (Rm 5,5).




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13 mars 2012

Evangile du jour

mardi 13 mars 2012
Le mardi de la 3e semaine de Carême

Sts Rodrigue et Salomon, martyrs (+ 857)



Commentaire du jour
Saint François de Sales : Pardonner à notre frère de tout notre cœur

Les lectures du jour

Mt 18,21-35.


Pierre s'approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, quand mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu'à sept fois ? »
Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix fois sept fois.
En effet, le Royaume des cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.
Il commençait, quand on lui amena quelqu'un qui lui devait dix mille talents (c'est-à-dire soixante millions de pièces d'argent).
Comme cet homme n'avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette.
Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : 'Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout. '
Saisi de pitié, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette.
Mais, en sortant, le serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d'argent. Il se jeta sur lui pour l'étrangler, en disant : 'Rembourse ta dette ! '
Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : 'Prends patience envers moi, et je te rembourserai. '
Mais l'autre refusa et le fit jeter en prison jusqu'à ce qu'il ait remboursé.
Ses compagnons, en voyant cela, furent profondément attristés et allèrent tout raconter à leur maître.
Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : 'Serviteur mauvais ! je t'avais remis toute cette dette parce que tu m'avais supplié.
Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j'avais eu pitié de toi ? '
Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu'à ce qu'il ait tout remboursé.
C'est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère de tout son cœur. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour

Saint François de Sales (1567-1622), évêque de Genève et docteur de l'Église
Sermon pour le Vendredi saint, 25/03/1622 (français modernisé)

Pardonner à notre frère de tout notre cœur

      La première parole que notre Seigneur prononça sur la croix fut une
prière pour ceux qui le crucifiaient ; et c'est alors qu'il fit ce qu'écrit
Saint Paul : « Aux jours où il vivait dans la chair, il offrit prières et
sacrifices » (He 5,7). Certes, ceux qui crucifiaient notre divin Sauveur ne
le connaissaient pas..., car s'ils l'avaient connu ils ne l'auraient pas
crucifié (1Co 2,8). Notre Seigneur donc, voyant l'ignorance et la faiblesse
de ceux qui le tourmentaient, commença à les excuser et à offrir pour eux
ce sacrifice à son Père céleste, car la prière est un sacrifice... : « Mon
Père, pardonne-leur parce qu'ils ne savent ce qu'ils font » (Lc 23,34).
Combien grande était la flamme d'amour qui brûlait dans le cœur de notre
doux Sauveur, puisqu'au plus fort de ses douleurs, au temps où la véhémence
de ses tourments semblait lui ôter même le pouvoir de prier pour lui-même,
il vint par la force de sa charité à s'oublier soi-même, mais non ceux
qu'il avait créés...

      Il voulait par là nous faire comprendre l'amour qu'il nous portait,
lequel ne pouvait être diminué par aucune sorte de souffrance, et nous
apprendre aussi quel doit être notre cœur à l'endroit de notre prochain...

      Or, ce divin Seigneur s'étant employé à demander pardon pour les
hommes, il est tout certain que sa demande lui fut accordée, car son divin
Père l'honorait trop pour lui refuser quelque chose de ce qu'il lui
demandait.




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12 mars 2012

Evangile du jour

lundi 12 mars 2012
Le lundi de la 3e semaine de Carême

St Louis Orione, prêtre († 1940)



Commentaire du jour
Saint Jean Chrysostome : Accueillir le Christ

Les lectures du jour

Lc 4,24-30.


Dans la synagogue de Nazareth, Jésus déclarait : " Amen, je vous le dis, aucun prophète n'est bien accueilli dans son pays.
En toute vérité, je vous le déclare : Au temps du prophète Élie, lorsque la sécheresse et la famine ont sévi pendant trois ans et demi, il y avait beaucoup de veuves en Israël ;
pourtant Élie n'a été envoyé vers aucune d'entre elles, mais bien à une veuve étrangère, de la ville de Sarepta, dans le pays de Sidon.
Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; pourtant aucun d'eux n'a été purifié, mais bien Naaman, un Syrien. »
A ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux.
Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline où la ville est construite, pour le précipiter en bas.
Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour

Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l'Église
Homélies sur la conversion, n°3, sur l'aumône (trad. coll. Pères dans la foi, n°8, DDB 1978, p. 54)

Accueillir le Christ

Les pauvres devant l'église demandent une aumône. Combien donner ?
C'est à vous de décider ; je ne fixerai pas de montant, afin de vous éviter
tout embarras. Achetez dans la mesure de vos moyens. Vous avez une pièce ?
Achetez le ciel ! Non pas que le ciel soit offert à bon marché, mais c'est
la bonté du Seigneur qui vous le permet. Vous n'avez pas de pièce ? Donnez
un verre d'eau fraîche (Mt 10,42)...

      Nous pouvons acheter le ciel, et nous négligeons de le faire ! Pour
un pain que vous donnez, vous obtenez en retour le paradis. Offrez même des
objets de peu de valeur, et vous recevrez des trésors ; faites don de ce
qui passe, et vous obtiendrez l'immortalité ; donnez des biens périssables,
et recevez en échange des biens impérissables... Lorsqu'il s'agit de biens
périssables, vous savez faire preuve de beaucoup de perspicacité ; pourquoi
manifestez-vous une telle indifférence lorsqu'il s'agit de la vie éternelle
?... Nous pouvons d'ailleurs établir un parallèle entre ces vasques
remplies d'eau que l'on trouve aux portes des églises pour y purifier ses
mains, et les pauvres qui sont assis à l'extérieur de l'édifice pour que
vous purifiiez votre âme par eux. Vous avez lavé vos mains dans l'eau : de
la même manière, lavez votre âme par l'aumône...

      Une veuve, réduite à une pauvreté extrême, a donné l'hospitalité à
Élie (1R 17,9s) : son indigence ne l'a pas empêché de l'accueillir avec une
grande joie. Et alors, en signe de reconnaissance, elle a reçu de nombreux
cadeaux qui symbolisaient le fruit de son geste. Cet exemple vous fait
souhaiter peut-être d'accueillir un Élie. Pourquoi demander  Élie ? Je vous
propose le Maître d'Élie, et vous ne lui offrez pas l'hospitalité... Voici
ce que nous dit le Christ, le Seigneur de l'univers : « Chaque fois que
vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que
vous l'avez fait » (Mt 25,40).




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11 mars 2012

Evangile du jour

dimanche 11 mars 2012
Troisième dimanche de Carême

St Euloge de Cordoue, prêtre et martyr († 859),  Ste Rosine, vierge et martyre



Commentaire du jour
Origène : « En trois jours je le relèverai »

Les lectures du jour

Jn 2,13-25.


Comme la Pâque des Juifs approchait, Jésus monta à Jérusalem.
Il trouva installés dans le Temple les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs.
Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple ainsi que leurs brebis et leurs bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs,
et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d'ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. »
Ses disciples se rappelèrent cette parole de l'Écriture : L'amour de ta maison fera mon tourment.
Les Juifs l'interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour justifier ce que tu fais là ? »
Jésus leur répondit : « Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai. »
Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce Temple, et toi, en trois jours tu le relèverais ! »
Mais le Temple dont il parlait, c'était son corps.
Aussi, quand il ressuscita d'entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu'il avait dit cela ; ils crurent aux prophéties de l'Écriture et à la parole que Jésus avait dite.
Pendant qu'il était à Jérusalem pour la fête de la Pâque, beaucoup crurent en lui, à la vue des signes qu'il accomplissait.
Mais Jésus n'avait pas confiance en eux, parce qu'il les connaissait tous
et n'avait besoin d'aucun témoignage sur l'homme : il connaissait par lui-même ce qu'il y a dans l'homme.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour

Origène (v. 185-253), prêtre et théologien
Commentaire de l'évangile de Jean, 10 (trad. coll. Pères dans la foi, n°28-29, DDB 1984, p. 133 rev. ; cf SC 222)

« En trois jours je le relèverai »

      Il est grand, le mystère de notre résurrection, et extrêmement
difficile à sonder. Il est annoncé dans beaucoup de textes de l'Écriture,
mais surtout dans Ézéchiel... : « L'Esprit du Seigneur me déposa dans une
vallée pleine d'ossements humains...; ils étaient complètement desséchés.
Le Seigneur me dit : Fils d'homme, ces ossements vivront-ils ? Je répondis
: Seigneur, c'est toi qui le sais. Il me dit : Prophétise sur ces
ossements. Tu leur diras : Ossements desséchés, écoutez la parole du
Seigneur » (Ez 37,1-4)...

      Quels sont donc ces ossements à qui il est dit : « Écoutez la parole
du Seigneur »...sinon le Corps du Christ, dont le Seigneur disait : « Tous
mes os sont disloqués » (Ps 21,15)... Comme a eu lieu la résurrection du
corps véritable et parfait du Christ, un jour les membres du
Christ...seront réunis, l'os à son os, la jointure à la jointure. Personne
privé de cette jointure n'atteindra « l'homme parfait, à la stature du
corps du Christ dans sa plénitude » (Ep 4,13). Alors...« tous les membres
du corps, à plusieurs, formeront un seul corps » (1Co 12,12)...

      Je dis cela à propos du Temple dont le Seigneur a dit : « Le zèle
pour ta maison me dévore » (Ps 68,10), et à propos des juifs qui lui
demandaient de leur montrer un signe, et enfin à propos de sa réponse... :
« Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai ». Car il faut que
soit chassé de ce temple, qui est le Corps du Christ, tout ce qui refuse la
raison et ce qui relève du commerce, pour qu'à l'avenir ce temple ne soit
plus une maison de marchands. Il faut en outre...qu'après sa destruction
par ceux qui refusent la parole de Dieu, il soit relevé le troisième
jour... Grâce à la purification de Jésus, ses disciples, ayant abandonné
tout ce qui est déraisonnable et toute forme de commerce et à cause du zèle
du Verbe, la Parole de Dieu, qui est présent en eux, ses disciples seront «
détruits » pour être « relevés » par Jésus en trois jours... Car il faut
trois jours entiers pour que cette reconstruction soit achevée. C'est
pourquoi l'on peut dire d'une part que la résurrection a eu lieu et d'autre
part qu'elle est à venir : vraiment « nous avons été ensevelis avec le
Christ » et « avec lui nous nous lèverons » (cf Rm 6,4)... « Tous revivront
dans le Christ, mais chacun à son rang : comme prémices, le Christ, puis
ceux qui seront au Christ sors de son avènement » (1Co 15,22s).




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10 mars 2012

Evangile du jour

samedi 10 mars 2012
Le samedi de la 2e semaine de Carême

St Macaire de Jérusalem, évêque († 334)



Commentaire du jour
Bienheureux Jean-Paul II : « Un homme avait deux fils »

Les lectures du jour

Lc 15,1-3.11-32.


Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l'écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole :
Jésus dit encore : « Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père : 'Père, donne-moi la part d'héritage qui me revient. ' Et le père fit le partage de ses biens.
Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu'il avait, et partit pour un pays lointain où il gaspilla sa fortune en menant une vie de désordre.
Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans cette région, et il commença à se trouver dans la misère.
Il alla s'embaucher chez un homme du pays qui l'envoya dans ses champs garder les porcs.
Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien.
Alors il réfléchit : 'Tant d'ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim !
Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai : Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi.
Je ne mérite plus d'être appelé ton fils. Prends-moi comme l'un de tes ouvriers. '
Il partit donc pour aller chez son père. Comme il était encore loin, son père l'aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit : 'Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils... '
Mais le père dit à ses domestiques : 'Vite, apportez le plus beau vêtement pour l'habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds.
Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons.
Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé. ' Et ils commencèrent la fête.
Le fils aîné était aux champs. A son retour, quand il fut près de la maison, il entendit la musique et les danses.
Appelant un des domestiques, il demanda ce qui se passait.
Celui-ci répondit : 'C'est ton frère qui est de retour. Et ton père a tué le veau gras, parce qu'il a vu revenir son fils en bonne santé. '
Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d'entrer. Son père, qui était sorti, le suppliait.
Mais il répliqua : 'Il y a tant d'années que je suis à ton service sans avoir jamais désobéi à tes ordres, et jamais tu ne m'as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis.
Mais, quand ton fils que voilà est arrivé après avoir dépensé ton bien avec des filles, tu as fait tuer pour lui le veau gras ! '
Le père répondit : 'Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.
Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour

Bienheureux Jean-Paul II
Exhortation apostolique « Reconciliatio et paenitentia », § 5-6 (trad. © Libreria Editrice Vaticana)

« Un homme avait deux fils »

      L'homme -- tout homme -- est ce fils prodigue : séduit par la
tentation de se séparer de son Père pour vivre dans l'indépendance...,
tombé dans la tentation, déçu par le vide qui, comme un mirage, l'avait
fasciné ; seul, déshonoré, exploité alors qu'il cherche à se bâtir un monde
entièrement à soi ; travaillé, même au fond de sa misère, par le désir de
revenir à la communion avec son Père. Comme le père de la parabole, Dieu
guette le retour du fils, l'embrasse à son arrivée et prépare la table pour
le banquet des retrouvailles où le Père et les frères célèbrent la
réconciliation...

      Mais la parabole met aussi en scène le frère aîné qui refuse de
prendre sa place au banquet. Il reproche à son jeune frère ses égarements
et à son père l'accueil qu'il lui a réservé alors qu'à lui-même, sobre et
travailleur, fidèle à son père et à sa maison, jamais il n'a été accordé --
dit-il -- de festoyer avec ses amis. C'est là un signe qu'il ne comprend
pas la bonté de son père. Tant que ce frère, trop sûr de lui-même et de ses
mérites, jaloux et méprisant, rempli d'amertume et de colère, ne s'est pas
converti et réconcilié avec son père et son frère, le banquet n'est pas
encore pleinement la fête de la rencontre et des retrouvailles. L'homme --
tout homme -- est aussi ce frère aîné. L'égoïsme le rend jaloux, endurcit
son cœur, l'aveugle et le ferme aux autres et à Dieu...

      La parabole du fils prodigue est avant tout l'histoire ineffable du
grand amour d'un père... Mais en évoquant, sous la figure du frère aîné,
l'égoïsme qui divise les frères entre eux, elle devient aussi l'histoire de
la famille humaine... Elle dépeint la situation de la famille humaine
divisée par les égoïsmes, elle met en lumière la difficulté de satisfaire
le désir et la nostalgie d'être d'une même famille réconciliée et unie, et
elle rappelle donc la nécessité d'une profonde transformation des cœurs
pour redécouvrir la miséricorde du Père et pour vaincre l'incompréhension
et l'hostilité entre frères.




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09 mars 2012

Evangile du jour

vendredi 09 mars 2012
Le vendredi de la 2e semaine de Carême

Ste Françoise Romaine, veuve († 1440),  St Dominique Savio († 1857)



Commentaire du jour
Saint Maxime de Turin : Produire du fruit

Les lectures du jour

Mt 21,33-43.45-46.


Jésus disait aux chefs des prêtres et aux pharisiens : « Écoutez cette parabole : Un homme était propriétaire d'un domaine ; il planta une vigne, l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde. Puis il la donna en fermage à des vignerons, et partit en voyage
Quand arriva le moment de la vendange, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de la vigne.
Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l'un, tuèrent l'autre, lapidèrent le troisième.
De nouveau, le propriétaire envoya d'autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais ils furent traités de la même façon.
Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : 'Ils respecteront mon fils. '
Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : 'Voici l'héritier : allons-y ! tuons-le, nous aurons l'héritage ! '
Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent.
Eh bien, quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? »
On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il donnera la vigne en fermage à d'autres vignerons, qui en remettront le produit en temps voulu. »
Jésus leur dit : « N'avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire. C'est là l'œuvre du Seigneur, une merveille sous nos yeux !
Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à un peuple qui lui fera produire son fruit.
Les chefs des prêtres et les pharisiens, en entendant ces paraboles, avaient bien compris que Jésus parlait d'eux.
Tout en cherchant à l'arrêter, ils eurent peur de la foule, parce qu'elle le tenait pour un prophète.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour

Saint Maxime de Turin (?-v. 420), évêque
Sermon pour la fête de saint Cyprien ; CC Sermon 11, p.38 ; PL 57, 687 (trad. coll. Pères dans la foi, vol 65, Migne 1996, p.184 rev)

Produire du fruit

      « La vigne du Seigneur Sabaot, dit le prophète, c'est la maison
d'Israël » (Is 5,7). Or cette maison, c'est nous..., et puisque nous sommes
Israël, nous sommes la vigne. Prenons donc bien garde que ne naisse pas de
nos sarments, au lieu du raisin de la douceur, celui de la colère (Ap
14,19), pour qu'on ne nous dise pas... : « J'attendais de beaux raisins ;
elle donna des raisins sauvages » (Is 5,4). Quelle terre ingrate ! Celle
qui aurait dû offrir à son maître les fruits de la douceur l'a transpercé
de ses épines aiguës. Ainsi ses ennemis, qui auraient dû accueillir le
Sauveur avec toute la dévotion de leur foi, l'ont couronné des épines de la
Passion. Pour eux cette couronne signifiait bien outrage et injure, mais
aux yeux du Seigneur, c'était la couronne des vertus...

      Prenez garde, frères, que l'on ne dise pas à votre sujet : « Il
attendait de beaux raisins, elle n'a donné que des épines sauvages » (Is
5,2)... Prenons garde que nos mauvaises actions n'écorchent la tête du
Seigneur comme des ronces. Il y a des épines du cœur qui ont blessé même la
parole de Dieu, comme le dit le Seigneur dans l'évangile quand il raconte
que le grain du semeur est tombé parmi les épines, qui ont poussé et
étouffé ce qui avait été semé (Mt 13,7)... Veillez donc à ce que votre
vigne ne porte pas d'épines au lieu de raisins ; que votre vendange ne
produise pas du vinaigre au lieu de vin. Quiconque fait la vendange sans en
distribuer aux pauvres recueille du vinaigre au lieu de vin ; et celui qui
engrange ses moissons sans en distribuer aux indigents ne met pas de côté
le fruit de l'aumône, mais les chardons de l'avarice.




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08 mars 2012

Evangile du jour

jeudi 08 mars 2012
Le jeudi de la 2e semaine de Carême

St Jean de Dieu, religieux (1495-1550)



Commentaire du jour
Saint Nersès Snorhali : « Il leva les yeux »

Les lectures du jour

Lc 16,19-31.


Un pauvre, nommé Lazare, était couché devant le portail, couvert de plaies.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour

Saint Nersès Snorhali (1102-1173), patriarche arménien
Jésus, Fils unique du Père, 624s ; SC 203 (trad. SC p. 162 rev.)

« Il leva les yeux »

Comme le riche qui aimait la vie des plaisirs,
J'ai aimé les plaisirs éphémères,
Avec ce corps animal qui est le mien,
Dans les plaisirs de cet insensé...

Et de tant de si grands bienfaits
Que tu m'as donnés gratuitement,
Je ne t'ai pas rendu la dîme
Prise sur tes propres dons.

Mais tout ce qui était sous mon toit
Amassé de la terre, des airs et de la mer,
Tes bienfaits innombrables,
Je croyais que c'était ma propriété.

De tout cela je n'ai rien donné au pauvre
Et pour ses besoins je n'ai rien mis de côté :
Ni nourriture pour la personne affamée,
Ni couverture pour le corps nu,

Ni hospice pour l'indigent,
Ni demeure pour l'hôte étranger,
Ni visite au malade,
Ni non plus de soin pour les prisonniers (cf Mt 25,31s).

Je ne me suis pas attristé pour le chagrin
De l'homme triste à cause de ce qui l'accable ;
Et je n'ai pas partagé non plus la joie de l'homme joyeux,
Mais j'ai brûlé de jalousie contre lui.

Tous ceux-là sont d'autres Lazare...
Ils gisent dehors à ma porte...
Quant à moi, sourd à leur appel,
Je ne leur ai pas donné les miettes de ma table...

Les chiens de ta Loi au-dehors
Les consolaient au moins avec leur langue ;
Et moi qui entendais ton commandement
Avec ma langue j'ai blessé celui qui te ressemble (Mt 25,45)...

Mais donne-moi dès ici-bas le repentir,
Pour que je fasse pénitence pour mes péchés...
Afin que ces larmes éteignent
La fournaise ardente avec ses flammes brûlantes...

Et au lieu de la conduite d'un homme sans miséricorde,
Établis au plus profond de moi la pitié miséricordieuse,
Pour que, en faisant miséricorde au pauvre,
Je puisse obtenir ta miséricorde.




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07 mars 2012

Evangile du jour

mercredi 07 mars 2012
Le mercredi de la 2e semaine de Carême

Stes Perpétue et Félicité  martyres († 203) - Mémoire



Commentaire du jour
Bienheureux Titus Brandsma : « Voici que nous montons à Jérusalem »

Les lectures du jour

Mt 20,17-28.


« Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l'homme sera livré aux chefs des prêtres et aux scribes, ils le condamneront à mort


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour

Bienheureux Titus Brandsma, martyr, carme néerlandais (1881-1942)
La Mystique de la souffrance (trad. Itinéraire spirituel, Parole et Silence 2003, p. 159)

« Voici que nous montons à Jérusalem »

Jésus s'est déclaré lui-même la tête du Corps mystique dont nous
sommes les membres. La vigne, c'est lui ; les sarments, c'est nous (Jn
15,5). Il s'est étendu sur le pressoir et s'est mis à le fouler ; il nous a
donné ainsi le vin pour qu'en le buvant, nous puissions vivre de sa vie et
partager ses souffrances. « Celui qui veut faire ma volonté, qu'il prenne
chaque jour sa croix. Celui qui me suit a la lumière de la vie. Je suis le
chemin. Je vous ai donné l'exemple afin que vous fassiez, vous aussi, comme
j'ai fait pour vous » (Lc 9,23; Jn 8,12; 14,6; 13,15). Et comme ses
disciples eux-mêmes ne comprenaient pas que son chemin devait être un
chemin de souffrance, il le leur expliquait en disant : « Ne fallait-il pas
que le Christ souffre tout cela pour entrer dans sa gloire ? » (Lc 24,26)
Alors le cœur des disciples brûlait en eux-mêmes (v. 32). La Parole de
Dieu les enflammait. Et quand l'Esprit Saint est descendu sur eux comme une
flamme divine pour les embraser (Ac 2), ils étaient alors heureux de
souffrir mépris et persécution (Ac 5,41), car ainsi ils ressemblaient à
celui qui les avait précédés sur le chemin de la souffrance. Les prophètes
avaient déjà annoncé ce chemin de souffrance du Christ, et les disciples
comprenaient enfin qu'il ne l'avait pas évité. De la mangeoire au supplice
de la croix, pauvreté et manque de compréhension avaient été son lot. Il
avait passé sa vie à enseigner aux hommes que le regard de Dieu sur la
souffrance, la pauvreté, l'absence de compréhension humaine, est différent
de la folle sagesse du monde (1Co 1,20)... Dans la croix est le salut. Dans
la croix est la victoire. Dieu l'a voulu ainsi.




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06 mars 2012

Evangile du jour

mardi 06 mars 2012
Le mardi de la 2e semaine de Carême

Ste Colette de Corbie, clarisse († 1447),  Bse. Rose de Viterbe, vierge (1240-1258)



Commentaire du jour
Saint [Padre] Pio de Pietrelcina : « Qui s'abaissera sera élevé »

Les lectures du jour

Mt 23,1-12.


Jésus déclarait à la foule et à ses disciples :
« Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse.
Pratiquez donc et observez tout ce qu'ils peuvent vous dire. Mais n'agissez pas d'après leurs actes, car ils disent et ne font pas.
Ils lient de pesants fardeaux et en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt.
Ils agissent toujours pour être remarqués des hommes : ils portent sur eux des phylactères très larges et des franges très longues ;
ils aiment les places d'honneur dans les repas, les premiers rangs dans les synagogues,
les salutations sur les places publiques, ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi.
Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n'avez qu'un seul enseignant, et vous êtes tous frères.
Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n'avez qu'un seul Père, celui qui est aux cieux.
Ne vous faites pas non plus appeler maîtres, car vous n'avez qu'un seul maître, le Christ.
Le plus grand parmi vous sera votre serviteur.
Qui s'élèvera sera abaissé, qui s'abaissera sera élevé.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour

Saint [Padre] Pio de Pietrelcina (1887-1968), capucin
T, 54 (trad. Une Pensée, Mediaspaul 1991, p. 84)

« Qui s'abaissera sera élevé »

Ne cesse pas de faire des actes d'humilité et d'amour à l'égard
de Dieu et des hommes ; car Dieu parle à celui qui tient son cœur humble
devant lui, et il l'enrichit de ses dons. Si Dieu te réserve les
souffrances de son Fils et veut te faire toucher du doigt ta propre
faiblesse, mieux vaut faire acte d'humilité que perdre courage. Fais monter
vers Dieu une prière d'abandon et d'espérance quand ta fragilité cause ta
chute, et remercie le Seigneur de toutes les grâces dont il t'enrichit.




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05 mars 2012

Evangile du jour

lundi 05 mars 2012
Le lundi de la 2e semaine de Carême

St Jean-Joseph de la Croix, o.f.m. († 1734)



Commentaire du jour
Jean Tauler : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux »

Les lectures du jour

Lc 6,36-38.


Jésus disait à la foule : " Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.
Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés.
Donnez, et vous recevrez : une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans votre tablier ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour

Jean Tauler (v. 1300-1361), dominicain à Strasbourg
Premier Sermon pour le quatrième dimanche après la Trinité, 1 (trad. Cerf 1991, p. 297 rev.)

« Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux »

C'est une chose périlleuse et dangereuse qu'un homme en juge un autre
; chacun doit être attentif à se garder de ce péché. Car celui qui est la
Vérité a dit : « C'est de la mesure avec laquelle vous avez mesuré que l'on
se servira pour vous ». Si tu es grandement miséricordieux, tu trouveras
grande miséricorde ; si tu l'es peu, tu n'en trouveras que peu ; si tu es
sans miséricorde, tu n'en trouveras pas pour toi-même. On doit éprouver et
exercer cette miséricorde intérieurement, dans sa volonté profonde, de
telle sorte que l'on ressente une compassion profonde et sincère pour son
prochain partout où on le voit souffrir, et que l'on demande à Dieu de tout
notre cœur de le consoler. Si tu peux le secourir extérieurement, par
quelque conseil ou quelque don, par des paroles ou par des actes, tu le
feras dans la mesure du possible. Si tu ne peux pas faire beaucoup, fais
cependant quelque chose, que ce soit une œuvre de miséricorde intérieure ou
extérieure : dis-lui au moins une bonne parole. De cette façon, tu
t'acquittes de ce que tu lui dois, et tu trouveras un Dieu miséricordieux.




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04 mars 2012

Evangile du jour

dimanche 04 mars 2012
Deuxième dimanche de Carême

St Casimir († 1484)



Commentaire du jour
Anastase du Sinaï : « Ils se demandaient entre eux ce que voulait dire : ' ressusciter d'entre les morts ' »

Les lectures du jour

Mc 9,2-10.


Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène, eux seuls, à l'écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux.
Ses vêtements devinrent resplendissants, d'une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille.
Élie leur apparut avec Moïse, et ils s'entretenaient avec Jésus.
Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : « Rabbi, il est heureux que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. »
De fait, il ne savait que dire, tant était grande leur frayeur.
Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-le. »
Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux.
En descendant de la montagne, Jésus leur défendit de raconter à personne ce qu'ils avaient vu, avant que le Fils de l'homme soit ressuscité d'entre les morts.
Et ils restèrent fermement attachés à cette consigne, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d'entre les morts ».


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour

Anastase du Sinaï (?-après 700), moine
Homélie pour la fête de la Transfiguration (trad. cf bréviaire 06/08)

« Ils se demandaient entre eux ce que voulait dire : ' ressusciter d'entre les morts ' »

Sur le mont Thabor, Jésus a fait voir à ses disciples une
merveilleuse manifestation divine, comme une image préfigurative du Royaume
des cieux. C'est exactement comme s'il leur disait : « Pour que le retard
n'engendre pas en vous l'incrédulité, dès maintenant, immédiatement,
vraiment je vous le dis, il y en a parmi ceux qui sont ici qui ne
connaîtront pas la mort avant d'avoir vu le Fils de l'homme venir dans la
gloire de son père » (Mt 16,28)... Telles sont les merveilles divines de
cette fête... Car c'est en même temps la mort et la fête du Christ qui nous
rassemblent. Afin de pénétrer dans ces mystères avec ceux qui ont été
choisis parmi les disciples, écoutons la voix divine et sainte qui, comme
d'en haut..., nous convoque de façon pressante : « Venez, criez vers la
montagne du Seigneur, au jour du Seigneur, vers le lieu du Seigneur et dans
la maison de votre Dieu ». Écoutons, afin qu'illuminés par cette vision,
transformés, transportés..., nous invoquions cette lumière en disant : «
Qu'il est redoutable ce lieu ; il n'est moins de rien que la maison de Dieu
et la porte du ciel » (Gn 28,17). C'est donc vers la montagne qu'il
faut nous hâter, comme l'a fait Jésus qui, là comme dans le ciel, est notre
guide et notre avant-coureur. Avec lui nous brillerons pour les regards
spirituels, nous serons renouvelés et divinisés dans la constitution de
notre âme ; configurés à son image, comme lui, nous serons transfigurés --
divinisés pour toujours et transportés dans les hauteurs... Accourons
donc, dans la confiance et l'allégresse, et pénétrons dans la nuée, comme
Moïse et Élie, comme Jacques et Jean. Comme Pierre, sois emporté dans cette
contemplation et cette manifestation divines, sois magnifiquement
transformé, sois transporté hors du monde, enlevé de cette terre. Laisse-là
la chair, quitte la création et tourne-toi vers le Créateur à qui Pierre
disait, ravi hors de lui-même : « Seigneur, il nous est bon d'être ici ! »
Oui, Pierre, il est vraiment bon d'être ici avec Jésus, et d'y être pour
toujours.




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03 mars 2012

Evangile du jour

samedi 03 mars 2012
Le samedi de la 1re semaine de Carême

Ste Cunégonde, impératrice, veuve, o.s.b. († c. 1033 ou c. 1039),  Ste Teresa Eustochio Verzeri, vierge, fondatrice (1801-1852)



Commentaire du jour
Bienheureux Titus Brandsma : « Moi je vous dis : ... priez pour ceux qui vous persécutent »

Les lectures du jour

Mt 5,43-48.


Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : " Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.
Eh bien moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent,
afin d'être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.
Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n'en font-ils pas autant ?
Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n'en font-ils pas autant ?
Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour

Bienheureux Titus Brandsma, martyr, carme néerlandais (1881-1942)
Invitation à l'héroïsme dans la foi et l'amour (trad. Itinéraire spirituel, Parole et Silence 2003, p. 161)

« Moi je vous dis : ... priez pour ceux qui vous persécutent »

Vous entendez souvent dire que nous vivons un temps merveilleux, un
temps de grands hommes... Il est facile de comprendre pourquoi on souhaite
que se lève un chef fort et capable... Cette espèce de néo-paganisme [le
nazisme] considère toute la nature comme une émanation du divin...; il
estime une race plus noble et plus pure qu'une autre... De là vient le
culte de la race et du sang, le culte des héros de son propre peuple.
En partant d'une idée aussi erronée, cette manière de voir peut conduire à
des erreurs capitales. Il est triste de voir combien d'enthousiasme,
combien d'efforts sont mis au service d'un tel idéal faux et sans fondement
! Cependant, nous pouvons apprendre de notre ennemi. De sa philosophie
mensongère, nous pouvons apprendre comment purifier notre propre idéal et
l'améliorer ; nous pouvons apprendre comment développer un grand amour pour
cet idéal ; comment susciter un immense enthousiasme, et même une
disponibilité à vivre et mourir pour lui ; comment affermir le courage pour
l'incarner en nous-mêmes et dans les autres... Quand nous parlons de
la venue du Règne et que nous prions pour qu'il vienne, nous ne pensons pas
à une discrimination par la race ou par le sang, mais à la fraternité de
tous les hommes, puisque tous les hommes sont nos frères –- sans exclure
ceux-là même qui nous haïssent et nous attaquent –- dans un lien étroit
avec celui qui fait se lever le soleil sur les bons comme sur les méchants
(Mt 5,45).




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02 mars 2012

Evangile du jour

vendredi 02 mars 2012
Le vendredi de la 1re semaine de Carême

Ste Angela de la Cruz, religieuse (1846-1932),  St Nicolas Owen, martyr (+ 1606)



Commentaire du jour
Saint Cyrille de Jérusalem : Le carême : « temps favorable » de la confession et du pardon avant d'approcher de l'autel du Seigneur

Les lectures du jour

Mt 5,20-26.


Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Je vous le déclare : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux.
Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu'un commet un meurtre, il en répondra au tribunal.
Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère en répondra au tribunal. Si quelqu'un insulte son frère, il en répondra au grand conseil. Si quelqu'un maudit son frère, il sera passible de la géhenne de feu.
Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande sur l'autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
laisse ton offrande là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande.
Accorde-toi vite avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu'on ne te jette en prison.
Amen, je te le dis : tu n'en sortiras pas avant d'avoir payé jusqu'au dernier sou.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour

Saint Cyrille de Jérusalem (313-350), évêque de Jérusalem et docteur de l'Église
Catéchèse en vue du baptême, n°1, §5 (trad. Soleil levant, p. 46 rev.)

Le carême : « temps favorable » de la confession et du pardon avant d'approcher de l'autel du Seigneur

      C'est actuellement le temps de la confession. Confesse tes fautes de
parole et d'action, celles de la nuit et celles du jour. Confesse-les dans
ce « temps favorable », et au « jour du salut » (Is 49,8; 2Co 6,2) ; reçois
le trésor céleste... Quitte le présent et crois en l'avenir. Tu as parcouru
tant d'années sans arrêter tes vains travaux d'ici-bas, et tu ne peux pas
arrêter quarante jours pour t'occuper de ta propre fin ? « Arrêtez-vous et
sachez que moi je suis Dieu », dit l'Écriture (Ps 45,11). Renonce aux flots
de paroles inutiles, ne médis pas, n'écoute pas non plus le médisant, mais
sois plutôt prêt à prier. Montre dans l'ascèse la ferveur de ton cœur ;
purifie ce réceptacle pour recevoir une grâce plus abondante. Car la
rémission des péchés est donnée également à tous, mais la participation à
l'Esprit Saint est accordée selon la mesure de la foi de chacun. Si tu te
donnes peu de mal, tu recueilles peu ; si tu travailles beaucoup, grande
sera ta récompense. C'est toi-même qui es en jeu ; veille à ton intérêt

      Si tu as un grief contre quelqu'un, pardonne-lui. Tu viens recevoir
le pardon de tes fautes ; il s'impose que toi aussi tu pardonnes au
pécheur, car comment diras-tu au Seigneur : « Enlève-moi mes nombreux
péchés », si toi-même tu n'as même pas pardonné à ton compagnon de service
ses quelques torts à ton égard ? (cf Mt 18,23s)




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01 mars 2012

Evangile du jour

jeudi 01 mars 2012
Le jeudi de la 1re semaine de Carême

St Aubin d'Angers, évêque († 550)



Commentaire du jour
Saint Jean Chrysostome : « Celui qui demande reçoit »

Les lectures du jour

Mt 7,7-12.


Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : " Demandez, vous obtiendrez; cherchez, vous trouverez; frappez, la porte vous sera ouverte.
Celui qui demande reçoit ; celui qui cherche trouve ; et pour celui qui frappe, la porte s'ouvrira.
Lequel d'entre vous donnerait une pierre à son fils qui lui demande du pain ?
ou un serpent, quand il lui demande un poisson ?
Si donc, vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent !
Donc, tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi, voilà ce que dit toute l'Écriture : la Loi et les Prophètes.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour

Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l'Église
Homélies sur l'incompréhensibilité de Dieu, n°5 (trad. En Calcat)

« Celui qui demande reçoit »

      C'est une arme puissante que la prière, un trésor indéfectible, une
richesse intarissable, un port à l'abri des tempêtes, un réservoir de calme
; la prière est la racine, la source et la mère de biens innombrables...
Mais la prière dont je parle n'est ni médiocre, ni négligente ; c'est une
prière ardente, jaillie de l'affliction de l'âme et de l'effort de
l'esprit. Voilà la prière qui monte jusqu'au ciel... Écoute ce que dit
l'écrivain sacré : « J'ai crié vers le Seigneur quand j'étais dans
l'angoisse, et il m'a exaucé » (Ps 119,1). Celui qui prie ainsi dans son
angoisse pourra, après la prière, goûter en son âme une grande joie....

      Par « prière » j'entends non pas celle qui est seulement dans la
bouche, mais celle qui jaillit du fond du cœur. Comme les arbres dont les
racines s'enfoncent profondément ne sont ni brisés ni arrachés, même si les
vents déchaînent mille assauts contre eux, parce que leurs racines sont
fortement enserrées dans les profondeurs de la terre, de même les prières
qui sortent du fond du cœur, ainsi enracinées, montent vers le ciel en
toute sûreté et ne sont détournées par aucune pensée de manque d'assurance
ou de mérite. C'est pourquoi le psalmiste dit : « Des profondeurs j'ai crié
vers toi, Seigneur » (Ps 129,1)...

      Si le fait de raconter à des hommes tes malheurs personnels et de
leur décrire les épreuves qui t'ont frappé apporte quelque soulagement à
tes peines, comme si à travers les paroles s'exhalait une brise
rafraîchissante, à combien plus forte raison si tu fais part à ton Seigneur
des souffrances de ton âme trouveras-tu en abondance consolation et
réconfort ! En effet, souvent les hommes supportent difficilement ceux qui
viennent se plaindre et pleurer auprès d'eux ; ils les écartent et les
repoussent. Mais Dieu n'agit pas ainsi ; au contraire il te fait approcher
et t'attire à lui ; et même si tu passes toute la journée à lui exposer tes
malheurs, il n'en sera que mieux disposé à t'aimer et à exaucer tes
supplications.




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