lundi 12 mars 2012
Le lundi de la 3e semaine de Carême
St Louis Orione, prêtre ( 1940)
Commentaire du jour
Saint Jean Chrysostome : Accueillir le Christ
Les lectures du jour
Lc 4,24-30.
Dans la synagogue de Nazareth, Jésus déclarait : " Amen, je vous le dis, aucun prophète n'est bien accueilli dans son pays.
En toute vérité, je vous le déclare : Au temps du prophète Élie, lorsque la sécheresse et la famine ont sévi pendant trois ans et demi, il y avait beaucoup de veuves en Israël ;
pourtant Élie n'a été envoyé vers aucune d'entre elles, mais bien à une veuve étrangère, de la ville de Sarepta, dans le pays de Sidon.
Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; pourtant aucun d'eux n'a été purifié, mais bien Naaman, un Syrien. »
A ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux.
Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline où la ville est construite, pour le précipiter en bas.
Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Commentaire du jour
Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l'Église
Homélies sur la conversion, n°3, sur l'aumône (trad. coll. Pères dans la foi, n°8, DDB 1978, p. 54)
Accueillir le Christ
Les pauvres devant l'église demandent une aumône. Combien donner ?
C'est à vous de décider ; je ne fixerai pas de montant, afin de vous éviter
tout embarras. Achetez dans la mesure de vos moyens. Vous avez une pièce ?
Achetez le ciel ! Non pas que le ciel soit offert à bon marché, mais c'est
la bonté du Seigneur qui vous le permet. Vous n'avez pas de pièce ? Donnez
un verre d'eau fraîche (Mt 10,42)...
Nous pouvons acheter le ciel, et nous négligeons de le faire ! Pour
un pain que vous donnez, vous obtenez en retour le paradis. Offrez même des
objets de peu de valeur, et vous recevrez des trésors ; faites don de ce
qui passe, et vous obtiendrez l'immortalité ; donnez des biens périssables,
et recevez en échange des biens impérissables... Lorsqu'il s'agit de biens
périssables, vous savez faire preuve de beaucoup de perspicacité ; pourquoi
manifestez-vous une telle indifférence lorsqu'il s'agit de la vie éternelle
?... Nous pouvons d'ailleurs établir un parallèle entre ces vasques
remplies d'eau que l'on trouve aux portes des églises pour y purifier ses
mains, et les pauvres qui sont assis à l'extérieur de l'édifice pour que
vous purifiiez votre âme par eux. Vous avez lavé vos mains dans l'eau : de
la même manière, lavez votre âme par l'aumône...
Une veuve, réduite à une pauvreté extrême, a donné l'hospitalité à
Élie (1R 17,9s) : son indigence ne l'a pas empêché de l'accueillir avec une
grande joie. Et alors, en signe de reconnaissance, elle a reçu de nombreux
cadeaux qui symbolisaient le fruit de son geste. Cet exemple vous fait
souhaiter peut-être d'accueillir un Élie. Pourquoi demander Élie ? Je vous
propose le Maître d'Élie, et vous ne lui offrez pas l'hospitalité... Voici
ce que nous dit le Christ, le Seigneur de l'univers : « Chaque fois que
vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que
vous l'avez fait » (Mt 25,40).
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12 mars 2012
Evangile du jour
11 mars 2012
Evangile du jour
dimanche 11 mars 2012
Troisième dimanche de Carême
St Euloge de Cordoue, prêtre et martyr ( 859), Ste Rosine, vierge et martyre
Commentaire du jour
Origène : « En trois jours je le relèverai »
Les lectures du jour
Jn 2,13-25.
Comme la Pâque des Juifs approchait, Jésus monta à Jérusalem.
Il trouva installés dans le Temple les marchands de bufs, de brebis et de colombes, et les changeurs.
Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple ainsi que leurs brebis et leurs bufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs,
et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d'ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. »
Ses disciples se rappelèrent cette parole de l'Écriture : L'amour de ta maison fera mon tourment.
Les Juifs l'interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour justifier ce que tu fais là ? »
Jésus leur répondit : « Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai. »
Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce Temple, et toi, en trois jours tu le relèverais ! »
Mais le Temple dont il parlait, c'était son corps.
Aussi, quand il ressuscita d'entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu'il avait dit cela ; ils crurent aux prophéties de l'Écriture et à la parole que Jésus avait dite.
Pendant qu'il était à Jérusalem pour la fête de la Pâque, beaucoup crurent en lui, à la vue des signes qu'il accomplissait.
Mais Jésus n'avait pas confiance en eux, parce qu'il les connaissait tous
et n'avait besoin d'aucun témoignage sur l'homme : il connaissait par lui-même ce qu'il y a dans l'homme.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Commentaire du jour
Origène (v. 185-253), prêtre et théologien
Commentaire de l'évangile de Jean, 10 (trad. coll. Pères dans la foi, n°28-29, DDB 1984, p. 133 rev. ; cf SC 222)
« En trois jours je le relèverai »
Il est grand, le mystère de notre résurrection, et extrêmement
difficile à sonder. Il est annoncé dans beaucoup de textes de l'Écriture,
mais surtout dans Ézéchiel... : « L'Esprit du Seigneur me déposa dans une
vallée pleine d'ossements humains...; ils étaient complètement desséchés.
Le Seigneur me dit : Fils d'homme, ces ossements vivront-ils ? Je répondis
: Seigneur, c'est toi qui le sais. Il me dit : Prophétise sur ces
ossements. Tu leur diras : Ossements desséchés, écoutez la parole du
Seigneur » (Ez 37,1-4)...
Quels sont donc ces ossements à qui il est dit : « Écoutez la parole
du Seigneur »...sinon le Corps du Christ, dont le Seigneur disait : « Tous
mes os sont disloqués » (Ps 21,15)... Comme a eu lieu la résurrection du
corps véritable et parfait du Christ, un jour les membres du
Christ...seront réunis, l'os à son os, la jointure à la jointure. Personne
privé de cette jointure n'atteindra « l'homme parfait, à la stature du
corps du Christ dans sa plénitude » (Ep 4,13). Alors...« tous les membres
du corps, à plusieurs, formeront un seul corps » (1Co 12,12)...
Je dis cela à propos du Temple dont le Seigneur a dit : « Le zèle
pour ta maison me dévore » (Ps 68,10), et à propos des juifs qui lui
demandaient de leur montrer un signe, et enfin à propos de sa réponse... :
« Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai ». Car il faut que
soit chassé de ce temple, qui est le Corps du Christ, tout ce qui refuse la
raison et ce qui relève du commerce, pour qu'à l'avenir ce temple ne soit
plus une maison de marchands. Il faut en outre...qu'après sa destruction
par ceux qui refusent la parole de Dieu, il soit relevé le troisième
jour... Grâce à la purification de Jésus, ses disciples, ayant abandonné
tout ce qui est déraisonnable et toute forme de commerce et à cause du zèle
du Verbe, la Parole de Dieu, qui est présent en eux, ses disciples seront «
détruits » pour être « relevés » par Jésus en trois jours... Car il faut
trois jours entiers pour que cette reconstruction soit achevée. C'est
pourquoi l'on peut dire d'une part que la résurrection a eu lieu et d'autre
part qu'elle est à venir : vraiment « nous avons été ensevelis avec le
Christ » et « avec lui nous nous lèverons » (cf Rm 6,4)... « Tous revivront
dans le Christ, mais chacun à son rang : comme prémices, le Christ, puis
ceux qui seront au Christ sors de son avènement » (1Co 15,22s).
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10 mars 2012
Evangile du jour
samedi 10 mars 2012
Le samedi de la 2e semaine de Carême
St Macaire de Jérusalem, évêque ( 334)
Commentaire du jour
Bienheureux Jean-Paul II : « Un homme avait deux fils »
Les lectures du jour
Lc 15,1-3.11-32.
Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l'écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole :
Jésus dit encore : « Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père : 'Père, donne-moi la part d'héritage qui me revient. ' Et le père fit le partage de ses biens.
Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu'il avait, et partit pour un pays lointain où il gaspilla sa fortune en menant une vie de désordre.
Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans cette région, et il commença à se trouver dans la misère.
Il alla s'embaucher chez un homme du pays qui l'envoya dans ses champs garder les porcs.
Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien.
Alors il réfléchit : 'Tant d'ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim !
Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai : Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi.
Je ne mérite plus d'être appelé ton fils. Prends-moi comme l'un de tes ouvriers. '
Il partit donc pour aller chez son père. Comme il était encore loin, son père l'aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit : 'Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils... '
Mais le père dit à ses domestiques : 'Vite, apportez le plus beau vêtement pour l'habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds.
Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons.
Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé. ' Et ils commencèrent la fête.
Le fils aîné était aux champs. A son retour, quand il fut près de la maison, il entendit la musique et les danses.
Appelant un des domestiques, il demanda ce qui se passait.
Celui-ci répondit : 'C'est ton frère qui est de retour. Et ton père a tué le veau gras, parce qu'il a vu revenir son fils en bonne santé. '
Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d'entrer. Son père, qui était sorti, le suppliait.
Mais il répliqua : 'Il y a tant d'années que je suis à ton service sans avoir jamais désobéi à tes ordres, et jamais tu ne m'as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis.
Mais, quand ton fils que voilà est arrivé après avoir dépensé ton bien avec des filles, tu as fait tuer pour lui le veau gras ! '
Le père répondit : 'Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.
Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Commentaire du jour
Bienheureux Jean-Paul II
Exhortation apostolique « Reconciliatio et paenitentia », § 5-6 (trad. © Libreria Editrice Vaticana)
« Un homme avait deux fils »
L'homme -- tout homme -- est ce fils prodigue : séduit par la
tentation de se séparer de son Père pour vivre dans l'indépendance...,
tombé dans la tentation, déçu par le vide qui, comme un mirage, l'avait
fasciné ; seul, déshonoré, exploité alors qu'il cherche à se bâtir un monde
entièrement à soi ; travaillé, même au fond de sa misère, par le désir de
revenir à la communion avec son Père. Comme le père de la parabole, Dieu
guette le retour du fils, l'embrasse à son arrivée et prépare la table pour
le banquet des retrouvailles où le Père et les frères célèbrent la
réconciliation...
Mais la parabole met aussi en scène le frère aîné qui refuse de
prendre sa place au banquet. Il reproche à son jeune frère ses égarements
et à son père l'accueil qu'il lui a réservé alors qu'à lui-même, sobre et
travailleur, fidèle à son père et à sa maison, jamais il n'a été accordé --
dit-il -- de festoyer avec ses amis. C'est là un signe qu'il ne comprend
pas la bonté de son père. Tant que ce frère, trop sûr de lui-même et de ses
mérites, jaloux et méprisant, rempli d'amertume et de colère, ne s'est pas
converti et réconcilié avec son père et son frère, le banquet n'est pas
encore pleinement la fête de la rencontre et des retrouvailles. L'homme --
tout homme -- est aussi ce frère aîné. L'égoïsme le rend jaloux, endurcit
son cur, l'aveugle et le ferme aux autres et à Dieu...
La parabole du fils prodigue est avant tout l'histoire ineffable du
grand amour d'un père... Mais en évoquant, sous la figure du frère aîné,
l'égoïsme qui divise les frères entre eux, elle devient aussi l'histoire de
la famille humaine... Elle dépeint la situation de la famille humaine
divisée par les égoïsmes, elle met en lumière la difficulté de satisfaire
le désir et la nostalgie d'être d'une même famille réconciliée et unie, et
elle rappelle donc la nécessité d'une profonde transformation des curs
pour redécouvrir la miséricorde du Père et pour vaincre l'incompréhension
et l'hostilité entre frères.
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09 mars 2012
Evangile du jour
vendredi 09 mars 2012
Le vendredi de la 2e semaine de Carême
Ste Françoise Romaine, veuve ( 1440), St Dominique Savio ( 1857)
Commentaire du jour
Saint Maxime de Turin : Produire du fruit
Les lectures du jour
Mt 21,33-43.45-46.
Jésus disait aux chefs des prêtres et aux pharisiens : « Écoutez cette parabole : Un homme était propriétaire d'un domaine ; il planta une vigne, l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde. Puis il la donna en fermage à des vignerons, et partit en voyage
Quand arriva le moment de la vendange, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de la vigne.
Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l'un, tuèrent l'autre, lapidèrent le troisième.
De nouveau, le propriétaire envoya d'autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais ils furent traités de la même façon.
Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : 'Ils respecteront mon fils. '
Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : 'Voici l'héritier : allons-y ! tuons-le, nous aurons l'héritage ! '
Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent.
Eh bien, quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? »
On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il donnera la vigne en fermage à d'autres vignerons, qui en remettront le produit en temps voulu. »
Jésus leur dit : « N'avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire. C'est là l'uvre du Seigneur, une merveille sous nos yeux !
Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à un peuple qui lui fera produire son fruit.
Les chefs des prêtres et les pharisiens, en entendant ces paraboles, avaient bien compris que Jésus parlait d'eux.
Tout en cherchant à l'arrêter, ils eurent peur de la foule, parce qu'elle le tenait pour un prophète.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Commentaire du jour
Saint Maxime de Turin (?-v. 420), évêque
Sermon pour la fête de saint Cyprien ; CC Sermon 11, p.38 ; PL 57, 687 (trad. coll. Pères dans la foi, vol 65, Migne 1996, p.184 rev)
Produire du fruit
« La vigne du Seigneur Sabaot, dit le prophète, c'est la maison
d'Israël » (Is 5,7). Or cette maison, c'est nous..., et puisque nous sommes
Israël, nous sommes la vigne. Prenons donc bien garde que ne naisse pas de
nos sarments, au lieu du raisin de la douceur, celui de la colère (Ap
14,19), pour qu'on ne nous dise pas... : « J'attendais de beaux raisins ;
elle donna des raisins sauvages » (Is 5,4). Quelle terre ingrate ! Celle
qui aurait dû offrir à son maître les fruits de la douceur l'a transpercé
de ses épines aiguës. Ainsi ses ennemis, qui auraient dû accueillir le
Sauveur avec toute la dévotion de leur foi, l'ont couronné des épines de la
Passion. Pour eux cette couronne signifiait bien outrage et injure, mais
aux yeux du Seigneur, c'était la couronne des vertus...
Prenez garde, frères, que l'on ne dise pas à votre sujet : « Il
attendait de beaux raisins, elle n'a donné que des épines sauvages » (Is
5,2)... Prenons garde que nos mauvaises actions n'écorchent la tête du
Seigneur comme des ronces. Il y a des épines du cur qui ont blessé même la
parole de Dieu, comme le dit le Seigneur dans l'évangile quand il raconte
que le grain du semeur est tombé parmi les épines, qui ont poussé et
étouffé ce qui avait été semé (Mt 13,7)... Veillez donc à ce que votre
vigne ne porte pas d'épines au lieu de raisins ; que votre vendange ne
produise pas du vinaigre au lieu de vin. Quiconque fait la vendange sans en
distribuer aux pauvres recueille du vinaigre au lieu de vin ; et celui qui
engrange ses moissons sans en distribuer aux indigents ne met pas de côté
le fruit de l'aumône, mais les chardons de l'avarice.
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08 mars 2012
Evangile du jour
jeudi 08 mars 2012
Le jeudi de la 2e semaine de Carême
St Jean de Dieu, religieux (1495-1550)
Commentaire du jour
Saint Nersès Snorhali : « Il leva les yeux »
Les lectures du jour
Lc 16,19-31.
Un pauvre, nommé Lazare, était couché devant le portail, couvert de plaies.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Commentaire du jour
Saint Nersès Snorhali (1102-1173), patriarche arménien
Jésus, Fils unique du Père, 624s ; SC 203 (trad. SC p. 162 rev.)
« Il leva les yeux »
Comme le riche qui aimait la vie des plaisirs,
J'ai aimé les plaisirs éphémères,
Avec ce corps animal qui est le mien,
Dans les plaisirs de cet insensé...
Et de tant de si grands bienfaits
Que tu m'as donnés gratuitement,
Je ne t'ai pas rendu la dîme
Prise sur tes propres dons.
Mais tout ce qui était sous mon toit
Amassé de la terre, des airs et de la mer,
Tes bienfaits innombrables,
Je croyais que c'était ma propriété.
De tout cela je n'ai rien donné au pauvre
Et pour ses besoins je n'ai rien mis de côté :
Ni nourriture pour la personne affamée,
Ni couverture pour le corps nu,
Ni hospice pour l'indigent,
Ni demeure pour l'hôte étranger,
Ni visite au malade,
Ni non plus de soin pour les prisonniers (cf Mt 25,31s).
Je ne me suis pas attristé pour le chagrin
De l'homme triste à cause de ce qui l'accable ;
Et je n'ai pas partagé non plus la joie de l'homme joyeux,
Mais j'ai brûlé de jalousie contre lui.
Tous ceux-là sont d'autres Lazare...
Ils gisent dehors à ma porte...
Quant à moi, sourd à leur appel,
Je ne leur ai pas donné les miettes de ma table...
Les chiens de ta Loi au-dehors
Les consolaient au moins avec leur langue ;
Et moi qui entendais ton commandement
Avec ma langue j'ai blessé celui qui te ressemble (Mt 25,45)...
Mais donne-moi dès ici-bas le repentir,
Pour que je fasse pénitence pour mes péchés...
Afin que ces larmes éteignent
La fournaise ardente avec ses flammes brûlantes...
Et au lieu de la conduite d'un homme sans miséricorde,
Établis au plus profond de moi la pitié miséricordieuse,
Pour que, en faisant miséricorde au pauvre,
Je puisse obtenir ta miséricorde.
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07 mars 2012
Evangile du jour
mercredi 07 mars 2012
Le mercredi de la 2e semaine de Carême
Stes Perpétue et Félicité martyres ( 203) - Mémoire
Commentaire du jour
Bienheureux Titus Brandsma : « Voici que nous montons à Jérusalem »
Les lectures du jour
Mt 20,17-28.
« Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l'homme sera livré aux chefs des prêtres et aux scribes, ils le condamneront à mort
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Commentaire du jour
Bienheureux Titus Brandsma, martyr, carme néerlandais (1881-1942)
La Mystique de la souffrance (trad. Itinéraire spirituel, Parole et Silence 2003, p. 159)
« Voici que nous montons à Jérusalem »
Jésus s'est déclaré lui-même la tête du Corps mystique dont nous
sommes les membres. La vigne, c'est lui ; les sarments, c'est nous (Jn
15,5). Il s'est étendu sur le pressoir et s'est mis à le fouler ; il nous a
donné ainsi le vin pour qu'en le buvant, nous puissions vivre de sa vie et
partager ses souffrances. « Celui qui veut faire ma volonté, qu'il prenne
chaque jour sa croix. Celui qui me suit a la lumière de la vie. Je suis le
chemin. Je vous ai donné l'exemple afin que vous fassiez, vous aussi, comme
j'ai fait pour vous » (Lc 9,23; Jn 8,12; 14,6; 13,15). Et comme ses
disciples eux-mêmes ne comprenaient pas que son chemin devait être un
chemin de souffrance, il le leur expliquait en disant : « Ne fallait-il pas
que le Christ souffre tout cela pour entrer dans sa gloire ? » (Lc 24,26)
Alors le cur des disciples brûlait en eux-mêmes (v. 32). La Parole de
Dieu les enflammait. Et quand l'Esprit Saint est descendu sur eux comme une
flamme divine pour les embraser (Ac 2), ils étaient alors heureux de
souffrir mépris et persécution (Ac 5,41), car ainsi ils ressemblaient à
celui qui les avait précédés sur le chemin de la souffrance. Les prophètes
avaient déjà annoncé ce chemin de souffrance du Christ, et les disciples
comprenaient enfin qu'il ne l'avait pas évité. De la mangeoire au supplice
de la croix, pauvreté et manque de compréhension avaient été son lot. Il
avait passé sa vie à enseigner aux hommes que le regard de Dieu sur la
souffrance, la pauvreté, l'absence de compréhension humaine, est différent
de la folle sagesse du monde (1Co 1,20)... Dans la croix est le salut. Dans
la croix est la victoire. Dieu l'a voulu ainsi.
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06 mars 2012
Evangile du jour
mardi 06 mars 2012
Le mardi de la 2e semaine de Carême
Ste Colette de Corbie, clarisse ( 1447), Bse. Rose de Viterbe, vierge (1240-1258)
Commentaire du jour
Saint [Padre] Pio de Pietrelcina : « Qui s'abaissera sera élevé »
Les lectures du jour
Mt 23,1-12.
Jésus déclarait à la foule et à ses disciples :
« Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse.
Pratiquez donc et observez tout ce qu'ils peuvent vous dire. Mais n'agissez pas d'après leurs actes, car ils disent et ne font pas.
Ils lient de pesants fardeaux et en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt.
Ils agissent toujours pour être remarqués des hommes : ils portent sur eux des phylactères très larges et des franges très longues ;
ils aiment les places d'honneur dans les repas, les premiers rangs dans les synagogues,
les salutations sur les places publiques, ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi.
Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n'avez qu'un seul enseignant, et vous êtes tous frères.
Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n'avez qu'un seul Père, celui qui est aux cieux.
Ne vous faites pas non plus appeler maîtres, car vous n'avez qu'un seul maître, le Christ.
Le plus grand parmi vous sera votre serviteur.
Qui s'élèvera sera abaissé, qui s'abaissera sera élevé.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Commentaire du jour
Saint [Padre] Pio de Pietrelcina (1887-1968), capucin
T, 54 (trad. Une Pensée, Mediaspaul 1991, p. 84)
« Qui s'abaissera sera élevé »
Ne cesse pas de faire des actes d'humilité et d'amour à l'égard
de Dieu et des hommes ; car Dieu parle à celui qui tient son cur humble
devant lui, et il l'enrichit de ses dons. Si Dieu te réserve les
souffrances de son Fils et veut te faire toucher du doigt ta propre
faiblesse, mieux vaut faire acte d'humilité que perdre courage. Fais monter
vers Dieu une prière d'abandon et d'espérance quand ta fragilité cause ta
chute, et remercie le Seigneur de toutes les grâces dont il t'enrichit.
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05 mars 2012
Evangile du jour
lundi 05 mars 2012
Le lundi de la 2e semaine de Carême
St Jean-Joseph de la Croix, o.f.m. ( 1734)
Commentaire du jour
Jean Tauler : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux »
Les lectures du jour
Lc 6,36-38.
Jésus disait à la foule : " Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.
Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés.
Donnez, et vous recevrez : une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans votre tablier ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Commentaire du jour
Jean Tauler (v. 1300-1361), dominicain à Strasbourg
Premier Sermon pour le quatrième dimanche après la Trinité, 1 (trad. Cerf 1991, p. 297 rev.)
« Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux »
C'est une chose périlleuse et dangereuse qu'un homme en juge un autre
; chacun doit être attentif à se garder de ce péché. Car celui qui est la
Vérité a dit : « C'est de la mesure avec laquelle vous avez mesuré que l'on
se servira pour vous ». Si tu es grandement miséricordieux, tu trouveras
grande miséricorde ; si tu l'es peu, tu n'en trouveras que peu ; si tu es
sans miséricorde, tu n'en trouveras pas pour toi-même. On doit éprouver et
exercer cette miséricorde intérieurement, dans sa volonté profonde, de
telle sorte que l'on ressente une compassion profonde et sincère pour son
prochain partout où on le voit souffrir, et que l'on demande à Dieu de tout
notre cur de le consoler. Si tu peux le secourir extérieurement, par
quelque conseil ou quelque don, par des paroles ou par des actes, tu le
feras dans la mesure du possible. Si tu ne peux pas faire beaucoup, fais
cependant quelque chose, que ce soit une uvre de miséricorde intérieure ou
extérieure : dis-lui au moins une bonne parole. De cette façon, tu
t'acquittes de ce que tu lui dois, et tu trouveras un Dieu miséricordieux.
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04 mars 2012
Evangile du jour
dimanche 04 mars 2012
Deuxième dimanche de Carême
St Casimir ( 1484)
Commentaire du jour
Anastase du Sinaï : « Ils se demandaient entre eux ce que voulait dire : ' ressusciter d'entre les morts ' »
Les lectures du jour
Mc 9,2-10.
Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène, eux seuls, à l'écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux.
Ses vêtements devinrent resplendissants, d'une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille.
Élie leur apparut avec Moïse, et ils s'entretenaient avec Jésus.
Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : « Rabbi, il est heureux que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. »
De fait, il ne savait que dire, tant était grande leur frayeur.
Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-le. »
Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux.
En descendant de la montagne, Jésus leur défendit de raconter à personne ce qu'ils avaient vu, avant que le Fils de l'homme soit ressuscité d'entre les morts.
Et ils restèrent fermement attachés à cette consigne, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d'entre les morts ».
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Commentaire du jour
Anastase du Sinaï (?-après 700), moine
Homélie pour la fête de la Transfiguration (trad. cf bréviaire 06/08)
« Ils se demandaient entre eux ce que voulait dire : ' ressusciter d'entre les morts ' »
Sur le mont Thabor, Jésus a fait voir à ses disciples une
merveilleuse manifestation divine, comme une image préfigurative du Royaume
des cieux. C'est exactement comme s'il leur disait : « Pour que le retard
n'engendre pas en vous l'incrédulité, dès maintenant, immédiatement,
vraiment je vous le dis, il y en a parmi ceux qui sont ici qui ne
connaîtront pas la mort avant d'avoir vu le Fils de l'homme venir dans la
gloire de son père » (Mt 16,28)... Telles sont les merveilles divines de
cette fête... Car c'est en même temps la mort et la fête du Christ qui nous
rassemblent. Afin de pénétrer dans ces mystères avec ceux qui ont été
choisis parmi les disciples, écoutons la voix divine et sainte qui, comme
d'en haut..., nous convoque de façon pressante : « Venez, criez vers la
montagne du Seigneur, au jour du Seigneur, vers le lieu du Seigneur et dans
la maison de votre Dieu ». Écoutons, afin qu'illuminés par cette vision,
transformés, transportés..., nous invoquions cette lumière en disant : «
Qu'il est redoutable ce lieu ; il n'est moins de rien que la maison de Dieu
et la porte du ciel » (Gn 28,17). C'est donc vers la montagne qu'il
faut nous hâter, comme l'a fait Jésus qui, là comme dans le ciel, est notre
guide et notre avant-coureur. Avec lui nous brillerons pour les regards
spirituels, nous serons renouvelés et divinisés dans la constitution de
notre âme ; configurés à son image, comme lui, nous serons transfigurés --
divinisés pour toujours et transportés dans les hauteurs... Accourons
donc, dans la confiance et l'allégresse, et pénétrons dans la nuée, comme
Moïse et Élie, comme Jacques et Jean. Comme Pierre, sois emporté dans cette
contemplation et cette manifestation divines, sois magnifiquement
transformé, sois transporté hors du monde, enlevé de cette terre. Laisse-là
la chair, quitte la création et tourne-toi vers le Créateur à qui Pierre
disait, ravi hors de lui-même : « Seigneur, il nous est bon d'être ici ! »
Oui, Pierre, il est vraiment bon d'être ici avec Jésus, et d'y être pour
toujours.
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03 mars 2012
Evangile du jour
samedi 03 mars 2012
Le samedi de la 1re semaine de Carême
Ste Cunégonde, impératrice, veuve, o.s.b. ( c. 1033 ou c. 1039), Ste Teresa Eustochio Verzeri, vierge, fondatrice (1801-1852)
Commentaire du jour
Bienheureux Titus Brandsma : « Moi je vous dis : ... priez pour ceux qui vous persécutent »
Les lectures du jour
Mt 5,43-48.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : " Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.
Eh bien moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent,
afin d'être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.
Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n'en font-ils pas autant ?
Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n'en font-ils pas autant ?
Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Commentaire du jour
Bienheureux Titus Brandsma, martyr, carme néerlandais (1881-1942)
Invitation à l'héroïsme dans la foi et l'amour (trad. Itinéraire spirituel, Parole et Silence 2003, p. 161)
« Moi je vous dis : ... priez pour ceux qui vous persécutent »
Vous entendez souvent dire que nous vivons un temps merveilleux, un
temps de grands hommes... Il est facile de comprendre pourquoi on souhaite
que se lève un chef fort et capable... Cette espèce de néo-paganisme [le
nazisme] considère toute la nature comme une émanation du divin...; il
estime une race plus noble et plus pure qu'une autre... De là vient le
culte de la race et du sang, le culte des héros de son propre peuple.
En partant d'une idée aussi erronée, cette manière de voir peut conduire à
des erreurs capitales. Il est triste de voir combien d'enthousiasme,
combien d'efforts sont mis au service d'un tel idéal faux et sans fondement
! Cependant, nous pouvons apprendre de notre ennemi. De sa philosophie
mensongère, nous pouvons apprendre comment purifier notre propre idéal et
l'améliorer ; nous pouvons apprendre comment développer un grand amour pour
cet idéal ; comment susciter un immense enthousiasme, et même une
disponibilité à vivre et mourir pour lui ; comment affermir le courage pour
l'incarner en nous-mêmes et dans les autres... Quand nous parlons de
la venue du Règne et que nous prions pour qu'il vienne, nous ne pensons pas
à une discrimination par la race ou par le sang, mais à la fraternité de
tous les hommes, puisque tous les hommes sont nos frères - sans exclure
ceux-là même qui nous haïssent et nous attaquent - dans un lien étroit
avec celui qui fait se lever le soleil sur les bons comme sur les méchants
(Mt 5,45).
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02 mars 2012
Evangile du jour
vendredi 02 mars 2012
Le vendredi de la 1re semaine de Carême
Ste Angela de la Cruz, religieuse (1846-1932), St Nicolas Owen, martyr (+ 1606)
Commentaire du jour
Saint Cyrille de Jérusalem : Le carême : « temps favorable » de la confession et du pardon avant d'approcher de l'autel du Seigneur
Les lectures du jour
Mt 5,20-26.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Je vous le déclare : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux.
Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu'un commet un meurtre, il en répondra au tribunal.
Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère en répondra au tribunal. Si quelqu'un insulte son frère, il en répondra au grand conseil. Si quelqu'un maudit son frère, il sera passible de la géhenne de feu.
Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande sur l'autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
laisse ton offrande là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande.
Accorde-toi vite avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu'on ne te jette en prison.
Amen, je te le dis : tu n'en sortiras pas avant d'avoir payé jusqu'au dernier sou.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Commentaire du jour
Saint Cyrille de Jérusalem (313-350), évêque de Jérusalem et docteur de l'Église
Catéchèse en vue du baptême, n°1, §5 (trad. Soleil levant, p. 46 rev.)
Le carême : « temps favorable » de la confession et du pardon avant d'approcher de l'autel du Seigneur
C'est actuellement le temps de la confession. Confesse tes fautes de
parole et d'action, celles de la nuit et celles du jour. Confesse-les dans
ce « temps favorable », et au « jour du salut » (Is 49,8; 2Co 6,2) ; reçois
le trésor céleste... Quitte le présent et crois en l'avenir. Tu as parcouru
tant d'années sans arrêter tes vains travaux d'ici-bas, et tu ne peux pas
arrêter quarante jours pour t'occuper de ta propre fin ? « Arrêtez-vous et
sachez que moi je suis Dieu », dit l'Écriture (Ps 45,11). Renonce aux flots
de paroles inutiles, ne médis pas, n'écoute pas non plus le médisant, mais
sois plutôt prêt à prier. Montre dans l'ascèse la ferveur de ton cur ;
purifie ce réceptacle pour recevoir une grâce plus abondante. Car la
rémission des péchés est donnée également à tous, mais la participation à
l'Esprit Saint est accordée selon la mesure de la foi de chacun. Si tu te
donnes peu de mal, tu recueilles peu ; si tu travailles beaucoup, grande
sera ta récompense. C'est toi-même qui es en jeu ; veille à ton intérêt
Si tu as un grief contre quelqu'un, pardonne-lui. Tu viens recevoir
le pardon de tes fautes ; il s'impose que toi aussi tu pardonnes au
pécheur, car comment diras-tu au Seigneur : « Enlève-moi mes nombreux
péchés », si toi-même tu n'as même pas pardonné à ton compagnon de service
ses quelques torts à ton égard ? (cf Mt 18,23s)
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01 mars 2012
Evangile du jour
jeudi 01 mars 2012
Le jeudi de la 1re semaine de Carême
St Aubin d'Angers, évêque ( 550)
Commentaire du jour
Saint Jean Chrysostome : « Celui qui demande reçoit »
Les lectures du jour
Mt 7,7-12.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : " Demandez, vous obtiendrez; cherchez, vous trouverez; frappez, la porte vous sera ouverte.
Celui qui demande reçoit ; celui qui cherche trouve ; et pour celui qui frappe, la porte s'ouvrira.
Lequel d'entre vous donnerait une pierre à son fils qui lui demande du pain ?
ou un serpent, quand il lui demande un poisson ?
Si donc, vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent !
Donc, tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi, voilà ce que dit toute l'Écriture : la Loi et les Prophètes.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Commentaire du jour
Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l'Église
Homélies sur l'incompréhensibilité de Dieu, n°5 (trad. En Calcat)
« Celui qui demande reçoit »
C'est une arme puissante que la prière, un trésor indéfectible, une
richesse intarissable, un port à l'abri des tempêtes, un réservoir de calme
; la prière est la racine, la source et la mère de biens innombrables...
Mais la prière dont je parle n'est ni médiocre, ni négligente ; c'est une
prière ardente, jaillie de l'affliction de l'âme et de l'effort de
l'esprit. Voilà la prière qui monte jusqu'au ciel... Écoute ce que dit
l'écrivain sacré : « J'ai crié vers le Seigneur quand j'étais dans
l'angoisse, et il m'a exaucé » (Ps 119,1). Celui qui prie ainsi dans son
angoisse pourra, après la prière, goûter en son âme une grande joie....
Par « prière » j'entends non pas celle qui est seulement dans la
bouche, mais celle qui jaillit du fond du cur. Comme les arbres dont les
racines s'enfoncent profondément ne sont ni brisés ni arrachés, même si les
vents déchaînent mille assauts contre eux, parce que leurs racines sont
fortement enserrées dans les profondeurs de la terre, de même les prières
qui sortent du fond du cur, ainsi enracinées, montent vers le ciel en
toute sûreté et ne sont détournées par aucune pensée de manque d'assurance
ou de mérite. C'est pourquoi le psalmiste dit : « Des profondeurs j'ai crié
vers toi, Seigneur » (Ps 129,1)...
Si le fait de raconter à des hommes tes malheurs personnels et de
leur décrire les épreuves qui t'ont frappé apporte quelque soulagement à
tes peines, comme si à travers les paroles s'exhalait une brise
rafraîchissante, à combien plus forte raison si tu fais part à ton Seigneur
des souffrances de ton âme trouveras-tu en abondance consolation et
réconfort ! En effet, souvent les hommes supportent difficilement ceux qui
viennent se plaindre et pleurer auprès d'eux ; ils les écartent et les
repoussent. Mais Dieu n'agit pas ainsi ; au contraire il te fait approcher
et t'attire à lui ; et même si tu passes toute la journée à lui exposer tes
malheurs, il n'en sera que mieux disposé à t'aimer et à exaucer tes
supplications.
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29 février 2012
Evangile du jour
mercredi 29 février 2012
Le mercredi de la 1re semaine de Carême
Auguste Chapdelaine, prêtre, martyr (+ 1856)
Commentaire du jour
Saint Pierre Chrysologue : Le signe de Jonas
Les lectures du jour
Lc 11,29-32.
Comme la foule s'amassait, Jésus se mit à dire : « Cette génération est une génération mauvaise : elle demande un signe, mais en fait de signe, il ne lui sera donné que celui de Jonas.
Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ; il en sera de même avec le Fils de l'homme pour cette génération.
Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera en même temps que les hommes de cette génération, et elle les condamnera. En effet, elle est venue de l'extrémité du monde pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici bien plus que Salomon.
Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront en même temps que cette génération, et ils la condamneront ; en effet, ils se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Commentaire du jour
Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450), évêque de Ravenne, docteur de l'Église
Sermon 37 ; PL 52, 304-306 (trad. En Calcat rev.)
Le signe de Jonas
Toute l'histoire de Jonas nous le montre comme une préfiguration
parfaite du Sauveur... Jonas est descendu à Joppé pour monter sur un bateau
à destination de Tarsis... ; le Seigneur est descendu du ciel sur la terre,
la divinité vers l'humanité, la souveraine puissance est descendue jusqu'à
notre misère..., pour s'embarquer sur le navire de son Église...
C'est Jonas lui-même qui prend l'initiative de se faire précipiter
dans la mer : « Prenez-moi, dit-il, jetez-moi à la mer » ; il annonce ainsi
la Passion volontaire du Seigneur. Quand le salut d'une multitude dépend de
la mort d'un seul, cette mort est entre les mains de cet homme qui peut
librement la retarder, ou au contraire la hâter pour devancer le danger.
Tout le mystère du Seigneur est préfiguré ici. Pour lui la mort n'est pas
une nécessité ; elle relève de son choix libre. Écoutez-le : « J'ai le
pouvoir de déposer ma vie, et j'ai le pouvoir de la reprendre : on ne me
l'enlève pas » (Jn 10,18)...
Voyez l'énorme poisson, image horrible et cruelle de l'enfer. En
dévorant le prophète, il sent la force du Créateur...et offre avec crainte
le séjour de ses entrailles à ce voyageur venu d'en haut... Et après trois
jours...il le rend à la lumière, pour le donner aux païens... Tel est le
signe, l'unique signe, que le Christ a consenti à donner aux scribes et aux
Pharisiens (Mt 12,39), afin de leur faire comprendre que la gloire qu'eux
mêmes espéraient du Christ allait se tourner aussi vers les païens : les
Ninivites sont le symbole des nations qui ont cru en lui... Quel bonheur
pour nous, mes frères ! Ce qui a été annoncé et promis symboliquement,
c'est face à face, en toute vérité, que nous le vénérons, que nous le
voyons, que nous le possédons.
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28 février 2012
Evangile du jour
mardi 28 février 2012
Le mardi de la 1re semaine de Carême
Bx Daniel Brottier, prêtre (1876-1936), St Romain (+ 463)
Commentaire du jour
Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus : « Vous donc, priez ainsi : ' Notre Père ' »
Les lectures du jour
Mt 6,7-15.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : " Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s'imaginent qu'à force de paroles ils seront exaucés.
Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin avant même que vous l'ayez demandé.
Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié.
Que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Remets-nous nos dettes, comme nous les avons remises nous-mêmes à ceux qui nous devaient.
Et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du Mal.
Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi.
Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, à vous non plus votre Père ne pardonnera pas vos fautes.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Commentaire du jour
Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus (1873-1897), carmélite, docteur de l'Église
Manuscrit autobiographique C, 25 r°-v°
« Vous donc, priez ainsi : ' Notre Père ' »
En dehors de l'office divin que je suis bien indigne de réciter, je
n'ai pas le courage de m'astreindre à chercher dans les livres de belles
prières ; cela me fait mal à la tête, il y en a tant ! Et puis elles sont
toutes plus belles les unes que les autres...
Je ne voudrais pas cependant, ma Mère bien-aimée, que vous croyiez
que les prières faites en commun au chur, ou dans les ermitages, je les
récite sans dévotion. Au contraire j'aime beaucoup les prières communes car
Jésus a promis de se trouver au milieu de ceux qui s'assemblent en son nom
(Mt 18,19-20). Je sens alors que la ferveur de mes surs supplée à la
mienne, mais toute seule (j'ai honte de l'avouer) la récitation du chapelet
me coûte plus que de mettre un instrument de pénitence. Je sens que je le
dis si mal ! J'ai beau m'efforcer de méditer les mystères du rosaire, je
n'arrive pas à fixer mon esprit. Longtemps je me suis désolée de ce manque
de dévotion qui m'étonnait, car j'aime tant la Sainte Vierge qu'il devrait
m'être facile de faire en son honneur des prières qui lui sont agréables.
Maintenant je me désole moins ; je pense que la Reine des Cieux étant ma
mère, elle doit voir ma bonne volonté et qu'elle s'en contente.
Quelquefois, lorsque mon esprit est dans une si grande sécheresse
qu'il m'est impossible d'en tirer une pensée pour m'unir au Bon Dieu, je
récite très lentement un Notre Père et puis la salutation angélique [Je
vous salue, Marie ; Lc 1,28]. Alors ces prières me ravissent, elles
nourrissent mon âme bien plus que si je les avais récitées précipitamment
une centaine de fois.
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27 février 2012
Evangile du jour
lundi 27 février 2012
Le lundi de la 1re semaine de Carême
Ste Anne Line, martyre en Angleterre ( 1601), Ste Honorine (fin IIIe-début IVe siècle)
Commentaire du jour
Bienheureuse Teresa de Calcutta : « C'est à moi que vous l'avez fait »
Les lectures du jour
Mt 25,31-46.
Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire.
Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des chèvres :
il placera les brebis à sa droite, et les chèvres à sa gauche.
Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : 'Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde.
Car j'avais faim, et vous m'avez donné à manger ; j'avais soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli ;
j'étais nu, et vous m'avez habillé ; j'étais malade, et vous m'avez visité ; j'étais en prison, et vous êtes venus jusqu'à moi ! '
Alors les justes lui répondront : 'Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu... ? tu avais donc faim, et nous t'avons nourri ? tu avais soif, et nous t'avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t'avons accueilli ? tu étais nu, et nous t'avons habillé ?
tu étais malade ou en prison... Quand sommes-nous venus jusqu'à toi ? '
Et le Roi leur répondra : 'Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. '
Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : 'Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel préparé pour le démon et ses anges.
Car j'avais faim, et vous ne m'avez pas donné à manger ; j'avais soif, et vous ne m'avez pas donné à boire ;
j'étais un étranger, et vous ne m'avez pas accueilli ; j'étais nu, et vous ne m'avez pas habillé ; j'étais malade et en prison, et vous ne m'avez pas visité. '
Alors ils répondront, eux aussi : 'Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu avoir faim et soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ? '
Il leur répondra : 'Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l'avez pas fait à l'un de ces petits, à moi non plus vous ne l'avez pas fait. '
Et ils s'en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Commentaire du jour
Bienheureuse Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Surs Missionnaires de la Charité
Jesus, the Word to Be Spoken, ch. 8 (trad. Jésus, Celui qu'on invoque, Nouvelle Cité 1988, p. 110)
« C'est à moi que vous l'avez fait »
Jésus dit : « Quoi que vous fassiez au dernier de vos frères, c'est à
moi que vous le faites. Lorsque vous recevez un petit enfant, c'est moi que
vous recevez. Si en mon nom vous offrez un verre d'eau, c'est à moi que
vous le faites » (Mc 9,37 ; Mt 10,42). Afin d'être certain que nous avions
bien compris ce qu'il disait, il a affirmé que c'est ainsi que nous serons
jugés à l'heure de notre mort : « J'avais faim, vous m'avez donné à manger.
J'étais nu, vous m'avez vêtu. J'étais sans abri, vous m'avez logé ».
Ce n'est pas seulement une faim de pain dont il s'agit ; c'est d'une
faim d'amour. La nudité ne concerne pas seulement le vêtement ; la nudité
c'est aussi le manque de dignité humaine et de cette magnifique vertu
qu'est la pureté, ainsi que le manque de respect les uns envers les autres.
Être sans abri, ce n'est pas seulement ne pas avoir de maison en dur ; être
sans abri, c'est également être rejeté, exclu, pas aimé.
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26 février 2012
Evangile du jour
dimanche 26 février 2012
Premier dimanche de Carême
St Porphyre de Gaza, évêque de Gaza, en Palestine ( 420)
Commentaire du jour
Origène : « Les temps sont accomplis : le Règne de Dieu est tout proche »
Les lectures du jour
Mc 1,12-15.
Jésus venait d'être baptisé. Aussitôt l'Esprit le pousse au désert.
Et dans le désert il resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient.
Après l'arrestation de Jean Baptiste, Jésus partit pour la Galilée proclamer la Bonne Nouvelle de Dieu ; il disait :
« Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Commentaire du jour
Origène (v. 185-253), prêtre et théologien
Commentaire sur le Cantique des cantiques, III, 27-33 ; SC 376 (trad. cf SC, p. 671)
« Les temps sont accomplis : le Règne de Dieu est tout proche »
La vie des mortels est remplie de pièges qui font trébucher, remplie
des filets des tromperies... Et parce que l'ennemi avait tendu partout ces
filets, et qu'il y avait pris à peu près tous les hommes, il a été
nécessaire que paraisse quelqu'un qui soit plus fort pour les dominer, les
rompre, et frayer ainsi la voie à ceux qui le suivaient. C'est pourquoi,
avant de venir s'unir l'Église comme son épouse, le Sauveur aussi est tenté
par le diable... Il enseignait ainsi à l'Église que ce n'est pas par
l'oisiveté et les plaisirs, mais par bien des épreuves et tentations,
qu'elle devrait venir au Christ.
Il n'y avait en effet personne d'autre qui aurait pu triompher de ces
filets. « Car tous ont péché », comme il est écrit (Rm 3,23)... Notre
Seigneur et Sauveur Jésus est le seul qui « n'a jamais commis de péché »
(1P 2,22). Mais le Père « l'a identifié au péché pour nous » (2Co 5,21)
afin que « dans notre condition humaine de pécheurs, à cause du péché, il
détruise le péché » (Rm 8,3). Jésus est donc entré dans ces filets, mais
lui seul n'a pas pu être enlacé par eux. Bien plus, les ayant rompus et
déchirés, il a donné confiance à l'Église, si bien qu'elle ose désormais
fouler aux pieds les pièges, franchir les filets, et dire en toute
allégresse : « Notre âme comme un oiseau s'est échappée du filet des
chasseurs. Le filet a été rompu, et nous avons été libérés » (Ps 123,7).
Lui aussi cependant a succombé à la mort, mais volontairement, et
non, comme nous, sous la contrainte du péché. Car il est le seul à avoir
été « libre entre les morts » (Ps 87,6 LXX). Et parce qu'il était libre
entre les morts, il a vaincu « celui qui possédait le pouvoir de la mort »
(He 2,14) et lui a « arraché les captifs » (Ep 4,8) qui étaient détenus
dans la mort. Il ne s'est pas seulement ressuscité lui-même des morts, mais
il a en même temps « ressuscité ceux qui étaient prisonniers de la mort, et
il les a fait asseoir dans les cieux » (Ep 2,5s) ; « montant dans les
hauteurs, il a emmené captive la foule des captifs » (Ep 4,8).
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25 février 2012
Evangile du jour
samedi 25 février 2012
Le samedi après les Cendres
St Toribio Romo González, prêtre, martyr (1900-1928), St Nestor de Pamphylie, évêque de Magydos, martyr ( 251)
Commentaire du jour
Saint Cyrille de Jérusalem : « Abandonnant tout, il se leva et se mit à le suivre » : le carême conduit au baptême
Les lectures du jour
Lc 5,27-32.
Jésus remarqua un publicain (collecteur d'impôts) du nom de Lévi assis à son bureau de publicain. Il lui dit : " Suis-moi."
Abandonnant tout, l'homme se leva et se mit à le suivre.
Lévi lui offrit un grand festin dans sa maison ; il y avait une grande foule de publicains et d'autres gens attablés avec eux.
Les pharisiens et les scribes de leur parti récriminaient en disant à ses disciples : « Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les pécheurs ? »
Jésus leur répondit : « Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades.
Je suis venu appeler non pas les justes mais les pécheurs, pour qu'ils se convertissent. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Commentaire du jour
Saint Cyrille de Jérusalem (313-350), évêque de Jérusalem et docteur de l'Église
Catéchèses en vue du baptême, n°1 (trad. Migne 1993, p. 36 rev.)
« Abandonnant tout, il se leva et se mit à le suivre » : le carême conduit au baptême
Vous êtes catéchumènes, ceux qui sont en marche vers le baptême,
disciples de la Nouvelle Alliance et participants des mystères du Christ,
déjà par l'appel et bientôt aussi par la grâce. Vous vous êtes fait « un
cur nouveau et un esprit nouveau » (Ez 18,31), pour la joie des habitants
des cieux. Si en effet, selon l'Évangile, la conversion d'un seul pécheur
soulève cette joie (Lc 15,7), combien plus le salut de tant d'âmes
n'incitera-t-il pas à la joie les habitants des cieux ?
Vous avez entrepris un bon et très beau voyage : appliquez-vous à
courir la course de la ferveur. Le Fils unique de Dieu est là tout prêt à
vous racheter : « Venez, dit-il, vous tous qui peinez sous le fardeau, et
moi, je vous donnerai le repos » (Mt 11,28). Vous qui ployez sous le péché,
liés par les chaînes de vos fautes, écoutez ce que dit la voix d'un
prophète : « Lavez-vous, purifiez-vous ; enlevez de devant mes yeux vos
actions mauvaises » (Is 1,16), afin que le chur des anges vous crie : «
Heureux ceux dont la faute a été enlevée, et dont les péchés ont été remis
! » (Ps 31,1) Vous qui venez justement d'allumer les lampes de la foi, que
vos mains diligentes en gardent la flamme pour que celui qui, sur notre
très sainte colline du Golgotha, a ouvert par la foi le paradis au larron
(Lc 23,43), vous accorde de chanter le cantique des noces.
S'il y a ici quelqu'un qui soit esclave du péché, qu'il se prépare,
au moyen de la foi baptismale, à la nouvelle naissance qui fera de lui un
homme libre, un des fils d'adoption. Qu'il abandonne l'esclavage lamentable
de ses péchés pour acquérir l'esclavage bienheureux du Seigneur... Acquérez
par la foi « les premiers dons de l'Esprit Saint » (2Co 5,5) afin de
pouvoir être reçus dans les demeures éternelles ; venez vers le sacrement
qui vous marquera en vue de devenir les familiers du Maître.
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24 février 2012
Evangile du jour
vendredi 24 février 2012
Le vendredi après les Cendres
St Modeste, évêque de Trèves ( 480)
Commentaire du jour
Saint Romanos le Mélode : « Alors ils jeûneront »
Les lectures du jour
Mt 9,14-15.
Les disciples de Jean Baptiste s'approchent de Jésus en disant : « Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas, alors que nous et les pharisiens nous jeûnons ? »
Jésus leur répondit : « Les invités de la noce pourraient-ils donc faire pénitence pendant le temps où l'Époux est avec eux ? Mais un temps viendra où l'Époux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Commentaire du jour
Saint Romanos le Mélode (?-v. 560), compositeur d'hymnes
Hymne « Adam et Ève », 1-5 ; SC 99 (trad. SC p. 71 rev.)
« Alors ils jeûneront »
Livre-toi, mon âme, au repentir ; unis-toi au Christ par la pensée ;
crie en gémissant : « Accorde-moi le pardon de mes actions mauvaises, afin
que je reçoive de toi, qui seul es bon (Mc 10,18), l'absolution et la vie
éternelle »...
Moïse et Élie, ces tours de feu, étaient grands dans leurs uvres...
Ils sont les premiers parmi les prophètes, ils parlaient librement à Dieu,
ils se plaisaient à s'approcher de lui pour le prier et s'entretenir avec
lui face à face (Ex 34,5 1R 19,13) - chose étonnante et incroyable.
Néanmoins, ils avaient soin de recourir au jeûne, qui les menait à Dieu (Ex
34,28; 1R 19,8). Le jeûne, avec les uvres, procure donc la vie éternelle.
Par le jeûne, les démons sont repoussés comme par une épée, car ils
n'en supportent pas les joies ; ce qu'ils aiment, c'est le jouisseur et
l'ivrogne. Mais s'ils regardent le visage du jeûne, ils ne peuvent pas
tenir ; ils s'enfuient bien loin, comme nous l'enseigne le Christ notre
Dieu en disant : « C'est par le jeûne et la prière qu'on vient à bout de la
race des démons » (cf Mc 9,29). Voilà pourquoi on nous enseigne que le
jeûne donne aux hommes la vie éternelle...
Le jeûne rend à ceux qui le pratiquent la maison paternelle d'où Adam
fut expulsé... C'est Dieu lui-même, l'ami des hommes (Sg 1,6), qui avait
d'abord confié au jeûne l'homme qu'il avait créé, comme à une mère aimante,
comme à un maître. A un seul arbre il lui a interdit de goûter (Gn 2,17).
Et si l'homme avait observé ce jeûne, il aurait habité avec les anges. Mais
il l'a rejeté et a trouvé les peines et la mort, l'âpreté des épines et des
ronces, et l'angoisse d'une vie douloureuse (Gn 3,17s). Or, si dans le
Paradis le jeûne se révèle profitable, combien plus l'est-il ici-bas, pour
nous procurer la vie éternelle !
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23 février 2012
Evangile du jour
jeudi 23 février 2012
Le jeudi après les Cendres
St Polycarpe, évêque et martyr (+ 167)
Commentaire du jour
Bienheureux Jean XXIII : « Qu'il prenne sa croix chaque jour »
Les lectures du jour
Lc 9,22-25.
Jésus disait à ses disciples : " Il faut que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les anciens, les chefs de prêtres et les scribes, qu'il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. "
Il leur disait à tous : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix chaque jour, et qu'il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera.
Quel avantage un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c'est en se perdant lui-même et en le payant de sa propre existence ?
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Commentaire du jour
Bienheureux Jean XXIII (1881-1963), pape
Journal de l'âme, 1930, retraite à Rusciuk
« Qu'il prenne sa croix chaque jour »
L'amour de la croix de mon Seigneur m'attire de plus en plus ces
jours-ci. Jésus béni, que ce ne soit pas là un feu de paille qui s'éteindra
à la première pluie, mais un incendie qui brûle sans jamais se consumer !
J'ai trouvé ces jours-ci une autre belle prière qui correspond très bien à
mes conditions spirituelles... : « Ô Jésus, mon amour crucifié, je vous
adore dans toutes vos souffrances... J'embrasse de tout mon cur, pour
l'amour de vous, toutes les croix de corps et d'esprit qui m'arriveront. Et
je fais profession de mettre toute ma gloire, mon trésor et mon
contentement dans votre croix, c'est-à-dire dans les humiliations,
privations et souffrances, disant avec Saint Paul : ' Que jamais je ne me
glorifie, sinon dans la croix de notre Seigneur Jésus Christ ' (Ga 6,14).
Quant à moi, je ne veux d'autre paradis en ce monde que la croix de mon
Seigneur Jésus Christ »... Tout me persuade que le Seigneur me veut tout
pour lui, sur la « voie royale de la sainte croix ». Et c'est sur cette
voie, et non sur une autre, que je veux le suivre...
Une note caractéristique de cette retraite a été une grande paix et
une grande joie intérieures, qui me donnent le courage de m'offrir au
Seigneur pour tous les sacrifices qu'il voudra demander à ma sensibilité.
De ce calme et de cette joie, je veux que toute ma personne et toute ma vie
soient toujours plus pénétrées, au-dedans et au-dehors... Je veillerai à
garder cette joie intérieure et extérieure... La comparaison de Saint
François de Sales que je me plais à répéter parmi d'autres : « Je suis
comme un oiseau qui chante dans un buisson d'épines », doit être une
continuelle invitation pour moi. Donc, peu de confidences sur ce qui peut
faire souffrir ; beaucoup de discrétion et d'indulgence en jugeant les
hommes et les situations ; m'efforcer de prier spécialement pour ceux qui
me font souffrir ; et puis en toute chose une grande bonté, une patience
sans limites, en me souvenant que tout autre sentiment...n'est pas conforme
à l'esprit de l'Évangile et de la perfection évangélique. Du moment que je
fais triompher la charité à tout prix, je veux bien passer pour un homme de
rien. Je me laisserai écraser, mais je veux être patient et bon jusqu'à
l'héroïsme.
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22 février 2012
Evangile du jour
mercredi 22 février 2012
Le mercredi des Cendres
Bse Isabelle de France ( 1270)
Commentaire du jour
Saint Grégoire le Grand : Quarante jours pour grandir dans l'amour de Dieu et de notre prochain
Les lectures du jour
Mt 6,1-6.16-18.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Si vous voulez vivre comme des justes, évitez d'agir devant les hommes pour vous faire remarquer. Autrement, il n'y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux.
Ainsi, quand tu fais l'aumône, ne fais pas sonner de la trompette devant toi, comme ceux qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.
Mais toi, quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ignore ce que donne ta main droite,
afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.
Et quand vous priez, ne soyez pas comme ceux qui se donnent en spectacle : quand ils font leurs prières, ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et les carrefours pour bien se montrer aux hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.
Mais toi, quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.
Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme ceux qui se donnent en spectacle : ils se composent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu'ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.
Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ;
ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Commentaire du jour
Saint Grégoire le Grand (v. 540-604), pape et docteur de l'Église
Homélies sur les évangiles, n° 16, 5 (trad. Le Barroux rev.)
Quarante jours pour grandir dans l'amour de Dieu et de notre prochain
Nous entamons aujourd'hui les saints quarante jours du carême, et il
nous faut examiner attentivement pourquoi cette abstinence est observée
pendant quarante jours. Moïse, pour recevoir la Loi une seconde fois, a
jeûné quarante jours (Gn 34,28). Élie, dans le désert, s'est abstenu de
manger quarante jours (1R 19,8). Le Créateur des hommes lui-même, venant
parmi les hommes, n'a pas pris pas la moindre nourriture pendant quarante
jours (Mt 4,2). Efforçons-nous, nous aussi, autant que cela nous est
possible, de refréner notre corps par l'abstinence en ce temps annuel des
saints quarante jours..., afin de devenir, selon le mot de Paul, « une
hostie vivante » (Rm 12,1). L'homme est une offrande à la fois vivante et
immolée (cf Ap 5,6) lorsque, sans quitter cette vie, il fait cependant
mourir en lui les désirs de ce monde.
C'est la satisfaction de la chair qui nous a entraînés au péché (Gn
3,6) ; que la chair mortifiée nous ramène au pardon. L'auteur de notre
mort, Adam, a transgressé les préceptes de vie en mangeant le fruit défendu
de l'arbre. Il faut donc que nous qui sommes déchus des joies du Paradis
par le fait de la nourriture, nous nous efforcions de les reconquérir par
l'abstinence.
Mais que personne ne s'imagine que seule cette abstinence nous
suffise. Le Seigneur dit par la bouche du prophète : « Le jeûne que je
préfère ne consiste-t-il pas plutôt en ceci ? Partager ton pain avec
l'affamé, recevoir chez toi les pauvres et les vagabonds, habiller celui
que tu vois sans vêtement, et ne pas mépriser ton semblable » (Is 58,6-7).
Voilà le jeûne que Dieu approuve... : un jeûne réalisé dans l'amour du
prochain et imprégné de bonté. Prodigue donc aux autres ce que tu retires à
toi-même; ainsi, ta pénitence corporelle soulagera le bien-être corporel de
ton prochain qui est dans le besoin.
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21 février 2012
Evangile du jour
mardi 21 février 2012
Le mardi de la 7e semaine du Temps Ordinaire
St Pierre Damien, évêque d'Ostie, docteur de l'Église (1007-1072), Bx Noël Pinot, prêtre, martyr de la révolution française (1747-1794)
Commentaire du jour
Cardinal Joseph Ratzinger [Pape Benoît XVI] : « Celui qui accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c'est moi qu'il accueille »
Les lectures du jour
Mc 9,30-37.
Jésus traversait la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait pas qu'on le sache.
Car il les instruisait en disant : « Le Fils de l'homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. »
Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l'interroger.
Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demandait : « De quoi discutiez-vous en chemin ? »
Ils se taisaient, car, sur la route, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand.
S'étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu'un veut être le premier, qu'il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »
Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d'eux, l'embrassa, et leur dit :
« Celui qui accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c'est moi qu'il accueille. Et celui qui m'accueille ne m'accueille pas moi, mais Celui qui m'a envoyé. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Commentaire du jour
Cardinal Joseph Ratzinger [Pape Benoît XVI]
Der Gott Jesu Christi (trad. Le Dieu de Jésus Christ, Fayard 1977, p.72)
« Celui qui accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c'est moi qu'il accueille »
Il faut nous rappeler que le titre de noblesse théologique central de
Jésus est « le Fils ». Dans quelle mesure cette désignation était-elle déjà
linguistiquement préfigurée dans la manière dont Jésus s'est présenté
lui-même ?... Il est hors de doute qu'elle est la tentative de résumer par
un mot l'impression générale que donnait sa vie ; l'orientation de sa vie,
sa racine et son point d'aboutissement avaient pour nom « Abba » - papa.
Il savait qu'il n'était jamais seul ; jusqu'au dernier cri sur la croix il
est tout entier tendu vers l'Autre, vers celui qu'il nomme Père. C'est ce
qui a rendu possible que son véritable titre de noblesse ne soit finalement
ni « Roi » ni « Seigneur » ni d'autres attributs de puissance, mais un mot
que nous pourrions également traduire par « enfant ».
Nous pouvons donc dire que si l'enfance occupe une place si éminente
dans la prédication de Jésus, c'est parce qu'elle est en lien étroit avec
son mystère le plus personnel, sa filiation. Sa plus haute dignité, qui
renvoie à sa divinité, n'est finalement pas une puissance possédée pour
elle-même ; elle consiste dans le fait d'être tourné vers l'Autre - vers
Dieu le Père...
L'homme veut devenir Dieu (Gn 3,5) et il doit le devenir. Mais chaque
fois que, comme dans l'éternel dialogue avec le serpent du Paradis, il
essaie d'y parvenir en s'affranchissant de la tutelle de Dieu et de sa
création pour ne plus s'appuyer que sur soi-même et s'installer soi-même,
chaque fois que, en un mot, il devient tout à fait adulte, tout à fait
émancipé, et qu'il rejette totalement l'enfance comme état de vie, il
débouche sur le néant parce qu'il s'oppose à sa propre vérité qui est
dépendance. Ce n'est qu'en conservant ce qu'il y a de plus essentiel à
l'enfance et à l'existence de fils, vécue d'abord par Jésus, qu'il entre
avec le Fils dans la divinité.
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20 février 2012
Evangile du jour
lundi 20 février 2012
Le lundi de la 7e semaine du Temps Ordinaire
St Éleuthère, évêque ( c. 531), Bx Francisco et Jacinta Marto auxquels la Vierge apparut à Fátima
Commentaire du jour
Catéchisme de l'Église catholique : « Je crois ! Viens au secours de mon incroyance »
Les lectures du jour
Mc 9,14-29.
Jésus, Pierre, Jacques et Jean, en rejoignant les autres disciples, virent une grande foule qui les entourait, et des scribes qui discutaient avec eux.
Aussitôt qu'elle vit Jésus, toute la foule fut stupéfaite, et les gens accouraient pour le saluer.
Il leur demanda : « De quoi discutez-vous avec eux ? »
Un homme dans la foule lui répondit : « Maître, je t'ai amené mon fils, il est possédé par un esprit qui le rend muet ;
cet esprit s'empare de lui n'importe où, il le jette par terre, l'enfant écume, grince des dents et devient tout raide. J'ai demandé à tes disciples d'expulser cet esprit, mais ils n'ont pas réussi. »
Jésus leur dit : « Génération incroyante, combien de temps devrai-je rester auprès de vous ? Combien de temps devrai-je vous supporter ? Amenez-le auprès de moi. »
On l'amena auprès de lui. Dès qu'il vit Jésus, l'esprit secoua violemment l'enfant ; celui-ci tomba, il se roulait par terre en écumant.
Jésus interrogea le père : « Combien y a-t-il de temps que cela lui arrive ? » Il répondit : « Depuis sa petite enfance.
Et souvent il l'a même jeté dans le feu ou dans l'eau pour le faire périr. Mais si tu y peux quelque chose, viens à notre secours, par pitié pour nous ! »
Jésus reprit : « Pourquoi dire : 'Si tu peux'... ? Tout est possible en faveur de celui qui croit. »
Aussitôt le père de l'enfant s'écria : « Je crois ! Viens au secours de mon incroyance ! »
Jésus, voyant que la foule s'attroupait, interpella vivement l'esprit mauvais : « Esprit qui rends muet et sourd, je te l'ordonne, sors de cet enfant et n'y rentre plus jamais ! »
L'esprit poussa des cris, secoua violemment l'enfant et sortit. L'enfant devint comme un cadavre, de sorte que tout le monde disait : « Il est mort. »
Mais Jésus, lui saisissant la main, le releva, et il se mit debout.
Quand Jésus fut rentré à la maison, seul avec ses disciples, ils l'interrogeaient en particulier : « Pourquoi est-ce que nous, nous n'avons pas pu l'expulser ? »
Jésus leur répondit : « Rien ne peut faire sortir cette espèce-là, sauf la prière.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Commentaire du jour
Catéchisme de l'Église catholique
§ 160-163
« Je crois ! Viens au secours de mon incroyance »
Les caractéristiques de la foi. La liberté de la foi : Pour être
humaine, « la réponse de la foi donnée par l'homme à Dieu doit être
volontaire ; en conséquence, personne ne doit être contraint à embrasser la
foi malgré soi. Par sa nature même, en effet, l'acte de foi a un caractère
volontaire... Cela est apparu au plus haut point dans le Christ Jésus »
(Vatican II DH). En effet, le Christ a invité à la foi et à la conversion,
il n'y a nullement contraint... La nécessité de la foi : Croire en Jésus
Christ et en celui qui l'a envoyé pour notre salut est nécessaire pour
obtenir ce salut...
La persévérance dans la foi : La foi est un don gratuit que Dieu fait
à l'homme. Nous pouvons perdre ce don inestimable... Pour vivre, croître et
persévérer jusqu'à la fin dans la foi nous devons la nourrir par la Parole
de Dieu ; nous devons implorer le Seigneur de l'augmenter (Lc 17,5; Mc
9,24) ; elle doit « agir par la charité » (Ga 5,6), être portée par
l'espérance et être enracinée dans la foi de l'Église.
La foi, commencement de la vie éternelle : La foi nous fait goûter
comme à l'avance, la joie et la lumière de la vision béatifique, but de
notre cheminement ici-bas. Nous verrons alors Dieu « face à face » (1Co
13,12), « tel qu'il est » (1Jn 3,2). La foi est donc déjà le commencement
de la vie éternelle... Maintenant, cependant, « nous cheminons dans la foi,
non dans la claire vision » (2Co 5,7)... Lumineuse par celui en qui elle
croit, la foi est vécue souvent dans l'obscurité. La foi peut être mise à
l'épreuve. Le monde en lequel nous vivons semble souvent bien loin de ce
que la foi nous assure ; les expériences du mal et de la souffrance, des
injustices et de la mort paraissent contredire la Bonne Nouvelle... C'est
alors que nous devons nous tourner vers les témoins de la foi : Abraham,
qui a cru, « espérant contre toute espérance » (Rm 4,18) ; la Vierge Marie,
dans « le pèlerinage de la foi » (Vatican II LG)..., et tant d'autres
témoins de la foi : « Enveloppés d'une si grande nuée de témoins, nous
devons rejeter tout fardeau et le péché qui nous assiège et courir avec
constance l'épreuve qui nous est proposée, fixant nos yeux sur le chef de
notre foi, qui la mène à la perfection, Jésus » (He 12,1-2).
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19 février 2012
Evangile du jour
dimanche 19 février 2012
Septième dimanche du temps ordinaire
St Gabin ( 296)
Commentaire du jour
Saint Pierre Chrysologue : « Qui peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? »
Les lectures du jour
Mc 2,1-12.
Jésus était de retour à Capharnaüm, et la nouvelle se répandit qu'il était à la maison.
Tant de monde s'y rassembla qu'il n'y avait plus de place, même devant la porte. Il leur annonçait la Parole.
Arrivent des gens qui lui amènent un paralysé, porté par quatre hommes.
Comme ils ne peuvent l'approcher à cause de la foule, ils découvrent le toit au-dessus de lui, font une ouverture, et descendent le brancard sur lequel était couché le paralysé.
Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Mon fils, tes péchés sont pardonnés. »
Or, il y avait dans l'assistance quelques scribes qui raisonnaient en eux-mêmes :
« Pourquoi cet homme parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? »
Saisissant aussitôt dans son esprit les raisonnements qu'ils faisaient, Jésus leur dit : « Pourquoi tenir de tels raisonnements ?
Qu'est-ce qui est le plus facile ? de dire au paralysé : 'Tes péchés sont pardonnés', ou bien de dire : 'Lève-toi, prends ton brancard et marche' ?
Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l'homme a le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre,
je te l'ordonne, dit-il au paralysé : Lève-toi, prends ton brancard et rentre chez toi. »
L'homme se leva, prit aussitôt son brancard, et sortit devant tout le monde. Tous étaient stupéfaits et rendaient gloire à Dieu, en disant : « Nous n'avons jamais rien vu de pareil. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Commentaire du jour
Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450), évêque de Ravenne, docteur de l'Église
Sermon 50 ; PL 52, 339 (trad. cf Matthieu commenté, DDB 1985, p. 73)
« Qui peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? »
« Mon enfant, tes péchés sont remis. » Par ces mots le Christ voulait
être reconnu comme Dieu alors qu'il se cachait encore aux yeux humains sous
l'aspect d'un homme. A cause des manifestations de sa puissance et ses
miracles, on le comparait aux prophètes ; et pourtant c'était grâce à lui
et grâce à sa puissance à lui qu'ils avaient opéré eux aussi des miracles.
Accorder le pardon des péchés n'est pas au pouvoir de l'homme ; c'est la
marque propre de Dieu. C'est ainsi que Jésus commençait à dévoiler sa
divinité dans le cur des hommes - et cela rend les Pharisiens fous de
rage. Ils répliquent : « Il blasphème ! Qui peut remettre les péchés, si ce
n'est Dieu seul ? »
Toi, Pharisien, tu crois savoir et tu n'es qu'un ignorant ! Tu crois
célébrer ton Dieu et tu ne le reconnais pas ! Tu crois porter témoignage,
et tu portes des coups ! Si c'est bien Dieu qui remet les péchés, pourquoi
n'admets-tu pas la divinité du Christ ? Puisqu'il a pu accorder le pardon
d'un seul péché, c'est donc lui qui efface les péchés du monde entier : «
Voici l'agneau de Dieu, voici celui qui enlève le péché du monde » (Jn
1,29). Pour que tu puisses comprendre sa divinité, écoute-le -- car il a
pénétré le fond de ton être. Regarde-le : il est parvenu jusqu'aux
profondeurs de tes pensées. Comprends celui qui met à nu les intentions
secrètes de ton cur.
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18 février 2012
Evangile du jour
samedi 18 février 2012
Le samedi de la 6e semaine du temps ordinaire
Ste Bernadette Soubirous, vierge (1844-1879), St François-Régis Clet, lazariste, martyr en Chine ( 1820)
Commentaire du jour
Pierre le Vénérable : « Il est heureux que nous soyons ici »
Les lectures du jour
Mc 9,2-13.
Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène, eux seuls, à l'écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux.
Ses vêtements devinrent resplendissants, d'une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille.
Élie leur apparut avec Moïse, et ils s'entretenaient avec Jésus.
Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : « Rabbi, il est heureux que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. »
De fait, il ne savait que dire, tant était grande leur frayeur.
Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-le. »
Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux.
En descendant de la montagne, Jésus leur défendit de raconter à personne ce qu'ils avaient vu, avant que le Fils de l'homme soit ressuscité d'entre les morts.
Et ils restèrent fermement attachés à cette consigne, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d'entre les morts ».
Ils l'interrogeaient : « Pourquoi les scribes disent-ils que le prophète Élie doit venir d'abord ? »
Jésus leur dit : « Certes, Élie viendra d'abord pour remettre tout en place. Mais alors, pourquoi l'Écriture dit-elle, au sujet du Fils de l'homme, qu'il souffrira beaucoup et sera méprisé ?
Eh bien ! je vous le déclare : Élie est déjà venu, et ils lui ont fait tout ce qu'ils ont voulu, comme l'Écriture le dit à son sujet. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Commentaire du jour
Pierre le Vénérable (1092-1156), abbé de Cluny
Sermon 1 pour la Transfiguration ; PL 189, 959 (trad. cf Orval et Brésard, 2000 ans B, p. 292)
« Il est heureux que nous soyons ici »
« Son visage resplendit comme le soleil » (Mt 17,2)... Revêtue de la
nuée de la chair, aujourd'hui la lumière qui éclaire tout homme (Jn 1,9) a
resplendi. Aujourd'hui elle glorifie cette même chair, elle la montre
déifiée aux apôtres pour que les apôtres la révèlent au monde. Et toi, cité
bienheureuse, tu jouiras éternellement de la contemplation de ce Soleil,
quand tu « descendras du ciel, parée par Dieu comme l'épouse pour son époux
» (Ap 21,2). Jamais plus ce Soleil ne se couchera pour toi ; éternellement
lui-même, il fera rayonner un matin éternel. Ce Soleil ne sera plus jamais
voilé d'aucun nuage, mais brillant sans cesse, il te réjouira d'une lumière
sans déclin. Ce Soleil n'éblouira plus tes yeux mais te donnera la force de
le regarder et t'enchantera de sa splendeur divine... « Il n'y aura plus ni
mort ni deuil, ni cri ni peine » (Ap 21,4) qui puisse assombrir l'éclat que
Dieu t'a donné car, comme il a été dit à Jean : « L'ancien monde s'en est
allé ».
Voilà le Soleil dont parle le prophète : « Tu n'auras plus besoin du
soleil pour t'éclairer ni de la lune pour t'illuminer, mais le Seigneur ton
Dieu sera ta lumière pour toujours » (Is 60,19). Voilà cette lumière
éternelle qui resplendit pour toi sur le visage du Seigneur. Tu entends la
voix du Seigneur, tu contemples son visage resplendissant, et tu deviens
comme le soleil. Car c'est à son visage qu'on reconnaît quelqu'un, et le
reconnaître, c'est comme en être illuminé. Ici-bas tu crois dans la foi ;
là tu reconnaîtras. Ici tu saisis par l'intelligence ; là tu seras saisie.
Ici tu vois « comme dans un miroir » ; là tu verras « face à face » (1Co
13,12)... Alors s'accomplira ce désir du prophète : « Qu'il fasse
resplendir sur nous son visage » (Ps 66,2)... Dans cette lumière tu te
réjouiras sans fin ; dans cette lumière, tu marcheras sans fatigue. Dans
cette lumière, tu verras la lumière éternelle.
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